‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 153 sur 188 · A M. TABAREAf · texte numérisé non relu

A M. TABAREAf

SSjuillcl 1770.

Vous failes Irop d’bonneur, monsieur, aYersoix : le receveur de la poste de celte superbe ville esl fori loin d'avoir deux cents louis d’or en caisse ; el c’est, je crois, deux cents louis d’or que madame Denis a fait remet- Ire a la caisse des postes de Paris pour les pouvoir faire venir de Lyon a Ferney.

Nous avions lu dansle memoire de MM. lesfermiers des postes que cet usage etait etabli; ainsi e’est a la fele de saint Dillard et de saint Grizel que vous devez attribuer cetle importunity. Nous nous servions autrefois de la voie de Geneve; mais vous savez que

' II s’agit dec cccroquerics du f ire Grizel. * Le Depositaire.

1 Le cotnile de la Gotnediu fiaueaise.

1’intention du ministerc est que dorenavant nous fassions tout par la France.

Vraiment oui, je n’ai pas manque d’ecrire a M. le due de Choiseul que j’envoyais une petite caissc de montres & Marseille par la poste; il le trouve tres-bon, et vous savez que lui-mdme a eu la bonte d’en faire parvenir une caisse 4 Cadix. II est tres-importanl de donner h noire manufacture naissante toute la faveur possible; e’est par la seul qu’elle peut se soutenir.

Versoix deviendra un lieu tres-considerable; mais il ne 1’est pas encore. Femey est un petit entrep6t qui s’augmeule de jour en jour. Nous faisons lout ce que nouspouvons pour reconnaltre les bontesdeM. le due de Choiseul pour noire zele

Je me flalte bien que les nouveaux etablissements vous 1‘eront faire encore un voyage dans nos quartiers. Je n’ai point assez joui du bonheur de vous voir, vous et M. Vasselier. Adieu, monsieur; personne ne vous est plus tendrement attache que l’ermite de Ferney.

30 augu&te 1770.

Mille tendres compliments & M. Tabareau et & M. Vasselier. J’ai lu le tres-plat inernoire fait pour (irizel par l'avocat de I’archev&que. C’est un grand

1 V. precedemmenl page* S3, 33, 33, 34, 36, 47.

l.ETTHES INfiOlTES

malheur que ce Grizel ne soit pas aussi ridicule que je le croyais ; a peine y a-t-il le mot pour rire dans son aventure et dans son factum. Cel animal a trompe le public, qui s’attendait & une scene tres-rejouissante.

m. — AU MEME.

5 uovembre 1770.

Void, mon cher correspondant, un memoire queles esclaves des chanoines de Saint-Claude, en Franche- Comt6, envoient k leur avocat au conseil pour tftcher de jouir des droits de l’humanite et comme vous etes l’homme du monde le plus humain, je me flatte que vous voudrez bien faire parvenir le paquet A sa destination.

Vous me feriez un tres-grand plaisir de m’apprendre quel est le protecleur de 1’liomme en question dont vous m'envoyez la feuille ; on pourrait tres-ais6ment ouvrir les yeux au protecleur et obtenir sa faveur, en lui faisant connaltre la vdritd. Mille remerciments.

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