‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 155 sur 188 · A M. MARIN · texte numérisé non relu

A M. MARIN

21 augustc 1772.

Mon secretaire ct moi, nous vous demandons pardon du qvipro quo. Ces pelites meprises arrivent quelquefois, et mfime dans les bureaux des ministres.

Je vous demande en grike denvoyer cct Essai sur les probability a M. de Morangies '.

Nous voici a la veille de Saint-Barthelemy; j’espere vousenvoyer inressamment un petit bouquet 1 * 3 pour celte fete. — Salamaleken 3. V.

Je ne sais ce que c’est que Lise. Vous savcz qu’on met plus d’une sottise sur mon comple selon l’usage. Si Lise vaut la peine qu’on l’envoie, je vous supplie de vouloir bien me la fairc voir.

ns — AU MtiMfc).

22 augustc 1772

Voici le bouquet pour labile de la Saint-Barthelemy . II arrivera peut-elre trop tard; il faut prendre les Fran?ais sur le temps. Que ceux qui se plaignent du present songent au passe ; ils se consoleront. Le vieux malade, tres-malade, recommnndeles incluses a vos bontes.

1 t'ssai sur les probabililes en tail de justice. — l.c conile Je Morangies elult accuse d'escroqueric par les sicurs llujonquay el V'cron. OEuv. compl., 1. XI.VII.

1 V Anniversatrc de la Saml-Barthelcmy. OEuv. compl., t. XIII.

3 Salut ur.ental, a fadretse dc I'auteur de la I’ie de Saladm.

l)E VOLTAIRE (17*2).

A Keraey, 31 augu&le 177i.

Grand merci de la nouvclle quc vous me mandez, mon chcr ami, quo deux faux temoins quideposaienl conlre M. de Morangiesont pris la fuite.

Est-ce & vous quc j'ai envoye, il y a environ quin/.e jours, unpaquetde pres de soixante pages pour M. d'Argental? 11 ne l’a point re?u, j'en suis tres en peine. 11 arrive souvent de ces malheurs-la aux gens qui sont a cent lieues de Paris.

Je crois enfin le partage de la Pologne en bon train, quoiqu'il y ait quelques difficultes entre les copartageants.

J'ignore quand on plaidera le proces de Minos, et je vous prie de ne m’en pas aimer moins si je perds ma cause avec depens, comme cela pourra tres-bien arriver.

A Fcrney, 13 novembre 1771.

Void encore des Probability. Avec tout cela il n’est que trop probable que M. de Morangies perdra son proces. Je voudrais dre un peu instruil de ce qui se passe, et je ne le suis point.

1 La suscription portc : A M. Marin, censcur royal, dirccleur de la Gazette de France cl dti Bureau d'adre&set, & Paris.

LETTRES INED1TES

Le roide Prusse m'a envoye un service de porcclaine de Berlin1. Cette porcelaine est plus belle que celle de Saxe. C’est ce que j‘ai jamais vu de plus parfait. Cela console dessifflets que vous avcz predits aux Lois de Minos.

Je vousembrasse de tout mon cceur, mon cher correspondant.

Voulez-vous bien avoir labontede faire parvenir la lettre ci-jointe a M. d’Alembert?

A Feruey, 18 novembre 1772.

Voila encore de nouvelles Probability , mon cher ami. Plus je m'interesse a cette affaire, plus je tremble. Je ne laisse pas aussi de craindre beaucoup pour la Crete; mais je suis plus tranquille sur cet article que sur celui de M. de Morangies. Je serai pourtant juge avant lui;mais je ne perdrai pas cent milleecus. Tout ce qui peut m’arriver, c’est d’etre siffle; c’est le plus petit malheur du monde.

Je vous supplie de vouloir bien faire passer ce petit paquet a M. de La llarpe.

Votre, etc. V.

Jesuis bien malade, mais j'espere aller encore quelques mois, malgre l’avocat Marchand.

1 V. precedemmcnt, page 28.

!>F. VOI.TAIRE (m2).

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