‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 164 sur 188 · AU PRINCE DE LICNE · texte numérisé non relu

AU PRINCE DE LICNE

5 auguste 1774, a Ferney.

Vous feriez rire un mort, monsieur le prince, avec vos preiats et vos lavements '. Moi, qui suis plus pres des lavements que des sacrements, j’ai 4te enchante d’etre encore dans votre souvenir. Je m’imagine bien

1 II t’agit de la edremonic fundbre de Louis XV, dout le prince de l.ignc lui rendait comptc dans un Mytc d'aescz mauvaia gout. a. r.

LETTRES INfiDITES

que tout ce que vous avez vu vous a amus£ sans vous Conner. C’est un drarae d’une nouvelle espece, el vous etes bon juge. J’ai renonce a tous les spectacles ; mais je suis charme quand un connaisseur comme vous daigne m’en parler.

Tout enterre que je suis dans ma solitude, j’ai enlendu parler, il y a quelques mois, d’une belle Kle que vous aviez donnee. Je me doutebien qu’il y avail autanl de gout que de magnificence. Mes jours de fete seraienl ceux ou je serais a portee de vous faire ma cour; mais ma destinee m’a tapi trop loin de vous.

J’ai eu la consolation de dire fort au long & M. de Constant' combien je vous suis attache. J’ai joint mes voeux aux siens, pour que votre maniere de penser s'elablisse a Bruxelles. J en dirai autant k M. d’Hermenches, quand je le reverrai. II est un peu m^content, il boude ; mais j'espere qu’il prendra le parti de nous demeurer. Il ne trouvera guere de pays ou 1’on seute mieux son merite.

Agreez, monsieur le prince, mes kernels regrets d’etre si 61oigne de vous, et mon profond respect.

< Le pire de Benjamin Constant de Rebecquc. — M. de Constant d’Hermenchcs, son parent, rimait el jouait agrdablement la comedie.

Hi

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