‹ Voltaire à Ferney. Sa correspondance avec la duchesse de Saxe-Gotha, suivie de lettres et de notes histriques entièrement inédites recueillies et publiéesChapitre 53 sur 188 · I.ETTRES l)F. VOLTAIRE · texte numérisé non relu

I.ETTRES l)F. VOLTAIRE

a coeur, madame, les choses auxquelles ellc s’interesse? Je ne lcs entends point; mais je presse comine si je les cntendais. Peut-elre le syndic de Geneve ne les eutcud-i! guere mieux que inoi; car on dit que e’est un chaos, et qu’il faudrait un dieu pour le dehrouiller; mais les dieux ne se melent pas des affaires des banquiers : puisscnt-ils linir bientdt, madame, les deplorables affaires de 1’Europe! C’est 1& qu’est le vrai chaos. Les quatre elements se combattent et sont confondus ensemble; quel Jupiter les remettra chacun a sa place?

Je crois qu’Arminius est le noin de bapldme du prince hereditaire de Brunswick. Ilomere dit quelque part : It (it trois pas , et au troisieme it fut au bout du vionde. C’est bien’aller. M. le prince de Brunswick voyage a peu pres dans ce godt.

llelas 1 quand pourrai-je; moi cbetif, faire cent mille pas pour me faire iutroduire a vos pieds, madame, par la grande mattressc des coeurs, pour renouveler a Voire Altesse Screnissipie le respect le plus profond et le plus tendre, ainsi qu’a votre auguste maisou? V.

93 — A LA ME.Mli.

Aux Deliccs , 15 jantieMTOO, cn repouse a la lettre donl Votre Altosse Sereuis&itue ru'hooore du 1 3 janvier.

Madame ,

Pourquoi n’y suis-je pas? Pourquoi ne suis-je pas le temoin des plaisirs et des talents de votre illustre

i^.- Bigil

A I .A DUCI1ESSE DE SAXE-GOTHA (l7Cf>i. 227 famille? Votre Altesse Sereuissime fait eu tout temps mes regrets.

Madame la princesse, votre lille, se fait done Americaine? Le prince aine est Zainore ! II faut, en verite, aller dans un nouveau monde pour avoir du plaisir par le temps qui court. Je vois la grande maltresse des occurs qui leur donne des lecons; car il me semble que je l’ai entendue tres-bien reciter, et mieux sans doute que le maiirc de langue, quel qu’il soit. Nous n’avonsici, madame, dans la ville de Jean Calvin, aucundessinateur capable de dessinerun habit de theatre, pas mSme un surplis; mais je vais y suppleer. Une espece d’babit a la romaine pour Zamore et ses suivants, le corselet orne d’un soleil, et des plumes pendantes aux lambrequins; un petit casque garni de plumes, qui ne soit pas un casque ordinaire. Votre gout, madame, arrangera tout cel ajustement en peu d’heures.

Si on peut avoir pour Alzire une jupe garnie de plumes par devant, une mante qui descende des epaules et qui tralne, la coiffure en cheveux, des poincons de diamant dans les boucles, voila la toilette finie. Pour Alvares et son bis, le mieux serail l’ancien habit a l’espagnole, la veste courte et serree, la golile, le manteau noir double de satin couleur de feu, les bas couleur de feu , le plumet de mSrne. Monteze , vetucomme les Americains. Voila, madame, tout ce que votre tailleur peut dire; mais en qualite d’auteur, Yotre Altesse Serenissime est bien convaincue que je voudrais etre le maltre de langue.

J'ignore quel est le bel homme qui s’ est donne pour

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