AM. THIERIOT
15 flecembrc 1737, a Cirey.
J'.ii recu, mon clicr ami, la lettrc du prince. Cela fait un peu de detour, mais cela est plus sdr. Vous pouvez m’ecrire par la voie ordinaire, a Cirey, quand vous n’aurez rien de particulier a me fairc savoir. Madame du ChAtelet vous a ecrit. Je vous dis a peu pres Ies memes choses qu’elle, mon cher ami, je n'ai pas un moment a moi. Une tragedie nouvelle est acluellement le demon qui tourmente mon imagination. J’obeis au dieu on au (liable qui m'agile. Physique, geometric, adieu jusqua Paques. Sciences et arts, vous servez par quartier chez moi; mais Thieriot est dans mon coeur toute l’annee.
Votre frere m’a envoye des habits qui sont si beaux que j’en suis honteux. Je vous recommaude ma niece. M’est-il permis de dire a Pollion et a Polymnie 1 combien je les revere?
Portez-vous bien, aimez-moi, ecrivez-moi. A propos, j'ai corrige les premiers actes d 'OEdipe, Zaire , et lous mes petils ouvrages. Toujours enfaulaut, toujours lechant; mais le monde est trop mechant.
Cirtjr, cc 24 jauvier 1739.
Je re^ois, mon cher ami, un paquet de vous cl du 1 M rl madamc dc la PupeliniiTr.
prince royal \ Je vous cuverrai une enorme reponse incessamment. Je ne peux toujours m'empecher de vous feliciter ici, en courant, de la manierc pleine de desinteressement el de sagesse avec laquelle vous vous tHes conduit aupres du prince. Je vous en parlerai plus au long dans nion premier paquct.
Yoici une lettre quo je vous prie de faire teuir surle-champ a M. Duclos.
Vous devez recevoir un paquel de moi, ecrit avant la reception de la lettre du prince royal.
Cc to 1738.
Je n’ai que le temps, mon ami, de vous adresser ce petit mot en vous envoyant la tragedie de M. Linant, que je vous prie de lui rendre, sans souifrir qu’il en suit tire de copie. II me paralt qu’il y a de tres-beaux vers, et qu’il merite toutes sortes d’encouragemeuts.
Comment est-ce done qu'on a imprime ma lettre a l’abbe Dubos? J’en suis tres-mortifie ; il est dur d'etre toujours un bomme public. — Je vous embrasse.