‹ VoltaireChapitre 3 sur 113 · X LETTRE-PREFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

X LETTRE-PREFACE DU TRADUCTEUR

croyances sont épuisées, et que l'expérience a remplacé les primitives hypothèses.

Strauss, lui aussi, poursuivait son œuvre, et ses années s'écoulaient dans le travail. La pensée de ce puissant critique se dégageait de tout ce qui était encore entrave à sa liberté; il écoutait ce que disait autour do lui la science; il aspirait ces notions positives aujourd'hui partout répandues. La vieillesse approchait. Il ne voulut pas finir sans laisser après lui comme une sorte de testament, résumé de ce qu'il avait appris dans sa laborieuse existence, esquisse de la cosmogonie nouvelle, profession de foi où rien ne subsistait de la croyance antique, où non-seulement Jésus n'était plus Dieu, mais où Dieu lui-même n'avait plus de place.

Je traduisis ce livre. En avais-je donc accepté toutes les conclusions? Disciple de la philosophie positive, je ne pouvais applaudir qu"ù ce qui était la science nouvelle, et je désirais que des réserves fussent faites sur ce qui n'était que foi nouvelle. Strauss pénétrait encore dans des domaines à tout jamais fermés à l'observation de l'homme ; il disait infini où nous disons incognoscible ; il faisait de la métaphysique, du dogme par conséquent, quand nous ne l)Ouvons acce])ter que des hypothèses.

Nul mieux que vous ne pouvait marquer le point précis où le savoir finit, où l'imagination commence. A ma prière vous avez bien voulu vous souvenir que vous étiez dans la lutte contre l'ignorance le compagnon de Strauss, et vous avez mis au service de V Ancienne et la nouvelle Foi votre critique profonde et sûre.

Les deux noms : Strauss et Littré se trouvaient ainsi

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