FREDERIC SE MELE A LA QUERELLE
pertuis, s'ils ne craignaient de déplaire an roi, qni en était le protecteur. L'article ne portait pas le nom de Voltaire; mais personne ne ponvait méconnaître l'auteur, et tout au moins le roi le reconnut immédiatement et fut trèsmécontent. L'affiiire en litige l'intéressait tout aussi peu que Voltaire , mais il avait donné à l'académie son président, et nul membre de sa société intime ne devait se soulever ouvertement contre ce qu'elle avait décidé, d'accord avec ce président. Son dépit fut si violent qu'il l'entraina à une fâcheuse démarche, la première que nous puissions découvrir dans sa conduite envers Voltaire, depuis que celui-ci était près de lui. Il prit lui-même la plume, et écrivit également comme académicien de Berlin à un collègue de Paris, une lettre où il désignait le prétendu momlire de celle-là comme un miséra])le, et son écrit comme un infâme libelle. Voltaire ne pouvait pas non plus se tromper sur l'auteur de cette réplique , d'autant moins que, dans la seconde édition, elle parut avec l'aigle, la couronne et le sceptre royaux ; mais on observait réciproquement l'incognito; on se rencontrait comme toujours les soirs et on traitait même dans des billets les plus amicaux d'une oîuvre, sorte de dictionnaire libre penseur, qui devait être le produit des conversations de la table royale. Voltaire néanmoins ne perdait pas de vue sa querelle avec Maupertuis. « Je me trouve, écrit-il à sa nièce, à propos de l'écrit polémique du roi, malheureusement auteur aussi . et dans un parti contraire. Je n'ai point de sceptre, mais j'ai une plume; et j'avais, je ne sais comment , taillé cette plume de façon qu'elle a tourné un peu Platon en ridicule. » Ces mots avaient trait à un examen