ORBASSAN
Qu'à l'instant même on ouvre la barrière ; Qu'Aménaïde ici ne soit plus prisonnière Jusqu'à l'événement de ce léger combat.
Vous savez, compagnons, qu'en quittant la carrière, Je marche à votre tête et je défends l'Elat. D'un combat singulier la gloire est périssable ; Mais servir la patrie est l'honneur véritable.
TANCRÈDE
Viens ! Et vous, chevaliers, j'espère qu'aujourd'hui L'Etat sera sauvé par d'autres que par lui.
Alzire ou les Américains est une tragédie ronaanesque encore, dont le point de départ est pris dans Polijeucte' Il y a^ là aussi, une femme qui demande à celui qui l'aime la grâce de celui qu'elle aime. Mais la pièce est
{{) Cf. Je le garde, secret et fatal, pour un autre
Qui doit sentir un jour sous mon genou vainqueur Mon nom à son oreille et ma dagiic à son cœur.
{JJernani.)
beaucoup plus compliquée que Polyeucte et même quelquefois un peu obscure, malgré la très grande habileté d'exposition et de débrouillement de l'auteur.
Mais, ce à quoi Voltaire tenait le plus, il y a surtout une opposition entre les mœurs barbares et fanatiques et les vertus d'un chrétien tolérant et éclairé. « La religion d'un barbare, dit Voltaire dans son Discours préliminaire, consiste à offrir à ses dieux le sang de ses ennemis. Un chrétien mal instruit n'est souvent guère plus juste... Celle du chrétien véritable est de regarder tous les hommes comme ses frères, de leur faire du bien et de leur pardonner le mal... Tel j'ai peint Henri. IV, même au milieu deses faiblesses. On trouvera dans tous mes écrits cette humanité qui doit être le premier caractère d'un être pensant. »
L'esprit d'humanité et de tolérance est représenté dans Alzlre par x\lvarez, ancien gouverneur du Pérou, qui recommande sans cesse à son fils Gusman, gouverneur actuel, la douceur, la pitié et la charité envers les aveugles et même envers les coupables. Voici comment, dès le commencementde la pièce, il parle à son fils :