février 1703, Rousseau à Rey. Amsterdam 1878, Bossclia
2. Rappelant ses premiers démêlés avec Grimm, il écrit en effet : « J'allai chez Grimm comme un antre Georges Dandin, lui faire des excuses des offenses qu'il m'avait faites, toujours dans cette fausse persuasion, qui m'a fait faire en ma vie mille bassesses auprès de mes feints amis, qu'il n'y a point de haine qu'on ne désarme à force de douceur et de bons procédés. » [Confessions, partie II, livre IX.;
VOLTAIRE I;ï ,I.-.I. HttUSSEAlI TiSÔ
toujours de sou uaturel ainiaul et teudiv' et il écrit avec conviction' : « Les basses vengeances sont indignes de mon cœur et la haine n'y prend jamais pied"'. »
Oui donc a attaqué avec une inconcevable violence les philosophes, le gouvernement et les pasteurs de Genève, le clergé de Neufchàtcl, Vernes, iïume, Montmollin, etc.? Qui donc a diffamé tous ses bienfaiteurs, toute sa génération? N'est-ce pas cet homme au cœur aimant et tendre, inaccessible à la haine comme à la vengeance et qui jamais n'attaqua personne?
Et il s'étonne d'avoir des ennemis! De quel droit, quand il porte les premiers coups, vient-il se plaindre de la riposte, et quelle pitié peuvent exciter ses douloureux gémissements quand on le voit toujours et sans cesse l'agresseur?
Toutes ses victimes, il est vrai, n'ont pas supporté patiemment les inj ures et les diffamations. Quelques-unes se sont défendues, et aux libelles ont opposé les libelles. Ne devait-il pas s'y attendre? Se croyait-il tellement audessus de ses semblables qu'on ne pût lui répondre?