‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 300 sur 431 · LE PRÉSIDENT HORS DE CAUSE · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT HORS DE CAUSE

avancéde telles choses). Ce trou exigerait qu’on excavât au moins trois ou quatre cents lieues de pays, ce qui pourrait déranger le système de la balance de l'Europe. On ne le suivra pas dans son trou, non plus que sous le pôle...

Nous parlions de libelle, mais c’est de la critique très-sensée et très-autorisée, en dépit de la forme et du but. Est-ce que prévoyance et prévision sont synonymes? Est-ce que le docteur n’a pas bien le droit de relever ce qui est dit sur la mémoire, sans laquelle tout serait stérile en nous? Quant au reproche d'ingratitude et d’incivilité envers la nation allemande, dont on est l’hôte, il est sans doute aussi judicieux que le reste. Mais nous n’assurerions pas que l'auteur de ce rappel à la politesse fût aussi en droit de le formuler avec cette indignation, qui pourrait être plus sincère; car nous n’avons pas oublié son sentiment sur la langue allemande et les Allemands, et le peu de ménagement avec lequel il les traite dans sa correspondance. Toutes ces plaisanteries s’attaquent à un texte dont parfois on force un peu le sens, mais elles ont leur part de vérité etd’à-propos. Sans doute aussi seraient-elles plus qu’incongrues, si elles s’adressaient à un illustre président d’ Académie; qu’on n’oublie point qu’elles n’ont en vue qu’un jeune présomptueux qui a fort à apprendre, depuis la propriété des termes jusqu’aux notions les plus complexes de la physique, de la dynamique, do la métaphysique, etc., et que c’est un acte louable, de donner sur les doigts d’une jeunesse ignorante qui, avant de se mettre à disserter, devrait aller à l’école. Mais poursuivons. Après l’examen de cette succession de théorèmes erronés, de propositions témé-

Page 1