‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 331 sur 431 · VOLTAIRE AU BELVÉDÈRE · texte numérisé non relu

VOLTAIRE AU BELVÉDÈRE

ne fit de ce jeune homme un surveillant et un espion apposé près de lui pour rendre compte de ses faits et gestes. En résulta-t-il quelque aigreur entre Voltaire et l’éditeur du Siècle de Louis XIV, et fut-ce là ce qui décida le premier à chercher un autre gîte ? Ce qu'il y a de certain, c’est qu’il quittait aussitôt (5 mars) la demeure de l’académicien pour aller s’étabir dans la maison d’un gros marchand appelé Schweigger, située au faubourg de Stralow et qu’il désigne sous le nom du Belvédère

1 . Celto maison a été morcelée depuis , et forme à présent tes n°* 56, 57, 56 et 59 de la Hohmarklstratte. OEuvret de Frédéric le Grand ( Berlin, Preuss.), t. XXII, p. 306. — Voltaire, OEuvret complètes (tieuchol), t. LVI, p. 228. Lettre de Voltaire h Frédéric; h Berlin, au Belvédère, le 12 mars 1753.

FROIDS ADIEUX. — VOLTAIRE A LEIPZIG. — GOTHA ET CASSEL. — ARRIVÉE A FRANCFORT.

Le nouveau ménage (car jusque-là Voltaire avait été défrayé parle roi), se composait de quatre personnes, du maître, d'une cuisinière, d’un domestique, et de Colliui, tout à la fois secrétaire, économe et ministre dirigeant. Mais, quelque éloigné qu'il fût du centre de Berlin, le poète ne laissait pas d’être relancé par nombreuse compagnie. La comtesse de Bentinck, entre autres, reconnaissante des services passés, venait souvent le voir. Son médecin, le docteur Coste, lui était resté fidèle et se montrait fort assidu. Il avait héroïquement conseillé les eaux de Plombières, tout en sachant que ce n’était pas faire sa cour au roi de Prusse, dont la réponse n’arrivait point1. Voltaire, très-disposé d’ailleurs à se créer des fantômes, augurait mal de ce silence prolongé ; il s’indignait, se révoltait de* cette tyrannie qui ne tenait nul compte des exigences de sa santé perdue et qui voulait le garder quand même.

I. Il «'était déjà fait délivrer une consultation par Itajieu, chirurgien-major des gendarmes de la garde du roi de France, qui prescrivait les eaux de Plombières. Voir la lettre de Voltaire à celui-ci, datée de Berlin, le 19 décembre 1*52, t. LVI, p. 261, 262.

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