ACTIVITÉ DE MADAME DENIS
de la lettre que le roi de Prusse ordonna à mon oncle de m’envoyer en 1750, pour nous rassurer dans nos alarmes quand il le fit rester à son service... Mon oncle a travaillé assiduement pendant deux ans à perfectionner les talents du roi ; il l’a servi avec un zèle dont il n’y a pas d’exemples. La récompense qu’il reçoit est cruelle. J’ai pris la liberté d’écrire à ce prince une lettre trempée de nos larmes. Je dicte ce mémoire à un homme sûr (Collini), ne pouvant écrire, ayant été saignée deux fois, et mon oncle étant dans son lit, sans secours'. » Cette double saignée n’eût donc été pratiquée qu’après les lettres écrites à milord Maréchal et au roi de Prusse. Peut-être madame Denis exagèret-elle ses souffrances pour attirer l’intérêt du ministre. U n’eSt pas probable, toutefois, que le poêle eût eu recours, en pareil cas, à son secrétaire, si sa nièce n’eût pas été tout à fait empêchée de tenir la plume.
Voltaire était prisonuier, avant tout, il lui fallait se ' débarrasser de ses liens. Une fois libre, il n’était pas homme à garder le silence sur l’outrage et l’arbitraire d’une claustration qui criait vengeance ; mais, jusquelà, il saurait se contenir, dissimuler, flatter même ses
1 Marquis d’Argcnson, Mimnirr, (Jannet), 1. V, p. 51 , 52. Lettre de madame «enl, au comte d’Argenson -, Francfort- sur- le -Me, n. U Ï n53. Sauf quelques modification., la même lettre se trouve ■* , . , i,.e ju ;jo juin et à l’adresse de madame de l oinpa-
X d o<’ VüîïîiSi (Didier , .8.10), p. ... «0. 00. Au n. la . tate est-elle fautive. Sans doute Voltaire sentit l’importance ": ÏÏXnt la favorite sur .'étrange abus de pouvoir don, I.
X. la victime. Comme le ministre el la marquise notaient pas enfldences peut-être jugea-l-il qu U n y ava^ Pas ^ êonvénlent à leur adres«r 5 tous deux la même lettre. Sa situation présente rendait d’ ailleurs plus qu’excusable cette petite licence.