‹ Voltaire et la société au 18. siècleChapitre 393 sur 431 · S IMPATIENCE DE VOLTAIRE · texte numérisé non relu

S IMPATIENCE DE VOLTAIRE

à son gouvernement des instructions qu’il attendait le jour môme, et il lui fallut entasser prétextes sur prétextes pour faire patienter le prisonnier jusqu’à onze heures, l’heure du courrier. « Je ne croyais pas alors que ce ballot viendrait de Hambourg plus tôt que la décision suprême du roi. Ce ballot arriva contre toute prévision chez moi, le lundi 18. Voltaire l’apprit au moment même et envoya, dans l’espace d’une heure, à différentes reprises avec « importunité » pour le faire ouvrir. Je lui conseillai la patience, vu que c’est le lundi qu’arrivent les lettres de Berlin... » La poste apportait effectivement une lettre de Frédersdorff, qui mandait à Freytag que, le roi devaut être de retour sous peu de jours1, il ne prît point de détermination avant les ordres qu’il recevrait sûrement par l’ordinaire prochain. «Vous n’avez à tenir aucun compte de ce que l’impatience de M. de Voltaire peut lui faire dire, vous avez à continuer comme vous avez commencé, en conséquence des ordres suprêmes que vous avez reçus. » Cela n’a pas besoin de commentaires. Freytag connaissait assez Voltaire pour savoir que le compliment serait mal accueilli, et que cet ajournement de trois jours, quand tous les préparatifs étaient faits pour s’éloigner à l’heure même, ne pouvait qu’exalter jusqu’à la fureur un homme qu’un rien suffisait à mettre hors de lui. Que faire ? Schmid fut d’avis d’ouvrir la caisse. Mais le résident prussien,

1. Quand celle lettre parvenait à Francfort, Frédéric était de retour depuis quatre jours. « De Berlin, le 16 juin. Le roi arriva de Prusse avaul-hicr , sur les 6 heures du matin, a Gazette de Hollande , du vendredi 22 juin 1763 (n° L).

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