LA BEAUMELLE CHERCHE A SE DISCULPER
Voilà donc le dire de Voltaire confirmé de la façon la plus nette et la plus accablante. Il n'en impose pas davantage, quand il ajoute, dans sa lettre à La Condamine, qu'Angliviel, pour couper court aux propos qui circulaient, avait demandé un certificat à la duchesse de Gotha, Il y eut toute une correspondance à ce sujet entre La Beaumelle et M. Rousseau, conseiller de cette cour, d'une part, et d'autre part entre Voltaire et la duchesse, A en croire Voltaire, La Beaumelle, dan3 Timpossibilité de nier l'aventure, eût cherché à la faire endosser au voisin. « 11 a eu en dernier lieu la hardiesse d'imputer cette dernière action à un autre Français qui s'est adressé à moi pour se plaindre de cette calomnie et pour demander mon témoignage ^ » Le poëte eût bien fait de nommer ce Français, qu'il disait même en instance auprès delà connétablie. Mais quel espoir pouvait avoir La Beaumelle, s'il n'avait pas été calomnié, d'obtenir un mot à décharge de la princesse? Il recevait d'elle en effet une réponse qui, pour s'être fait attendre un grand mois, n'en élait pas plus satisfaisante. « Elle m'a ordonné, écrivait le conseiller de cour à l'auteur de JHçs Peméçs^ de vous assurer de sa part et en son nom qu'elle se rappelait très-bien d'avoir dit à M. de Voltaire que vous étiez parti de Gotha avec une gouvernante d'enfants, qui s'était éclipsée furtivement de la maison de sa maîtresse après s'être rendue coupable de plusieurs vols, mais qu'elle ne lui a jamais dit, ni qu'elle n'avait jamais cru que vous eussiez la
1. Voltaire à Ferney (Didier, 1860), p. 28?. Lettre de Voltaire à la duchesse de Saxe-Çot^a ; à Ferney, 9 jujIIqI 1767f