SALUTAIRES CONSEILS. H
raires, malsonnarites, quand elles ne sentent pas l'hérésie, viennent naturellement les conclusions de messieurs du collège de la Sapience; et elles ne sont pas moins précieuses que les prémisses.
Pour conclusion, disent-ils, nous prions M. le docteur Akakia de lui prescrire des tisanes rafraîchissantes; nous l'exortons à étudier dans quelque université, et à y être modeste.
Si jamais on envoie quelque physiciens vers la Finlande pour vérifier, s'il se peut, par quelques mesures, ce que Newton a dérouvert par la sublime théorie de la gravitation et des forces centrifuges, s'il est nommé de ce voyage, qu'il ne cherche point continuellement à s'élever au-dessus de ses compagnons; qu'il ne se fasse point peindre seul aplatissant la terre, ainsi qu'on peint Atlas portant le ciel, comme si l'on avait changé la face de Punivers, pour avoir été se réjouir dans une ville où il y a garnison suédoise; qu'il ne cite pas à tout propos le cercle polaire.
Si quelque compagnon d'étude vient lui proposer avec amitié un avis différent du sien; s'il lui fait confidence qu'il s'appuie sur l'autorité de Leibnitz et de plusieurs philosophes; s'il lui montre en particulier une lettre de f.eibnitz qui contridise formellement notre candidat, que ledit candidat, n'aille pas s'imaginer sans réflexion, et crier partout qu'on a forgé une lettre de Leibnitz pour lui ravir la gloire d'être un original.
Qu'il ne prenne pas l'erreur où il est tombé sur un point de dynamique, absolument inutile dans l'usage, pour une découverte admirable.
Si ce camarade, après lui avoir communiqué plusieurs fois son ouvrage, dans lequel il le combat avec la discrétion la plus polie et avec éloge, Timprime de son consentement, qu'il «e garde bien de vouloir faire passer cet ouvrage de son adversaire pour un crime de lèse-majesté académique.
Si ce camarade lui a avoué plusieurs fois qu'il tient la lettre de Leibnitz, ainsi que plusieurs autres, d'un homme mort il y a quelques années, que le candidat n'en tire pas avantage avec malignité, qu'il ne se serve pas à peu prùs des mêmes artifices dont quelqu'un s'est servi contre les Mairan, les Cassini, et d'autres vrais philosophes ; qu'il n'exige jamais^ dans vuaj^
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pule frivole, qu'un mort ressuscite pour rapporter la minute inutile d'une lettre de Leibnitz, et qu'il réserve ce miracle pour le temps où il prophélisera; qu'il ne compromette personne dans une ({uerelle de néant que la vanilé veut rendre importante, et qu'il ne fasse point intervenir les dieux dans la guerre des rats et des i^renouilles. Qu'il n'écrive point lettres sur lettres ù une grande princesse, pour forcer au silence son adversaire, et pour lui lier les mains, aûn de l'assassiner à loisir.
Que, dans une misérable dispute sur la dynamique il ne fasse point sommer, par un exploit académique, un professeur de comparaître dans un mois; qu'il ne le fasse point condamner par contumace, comme ayant attenté à sa gloire, comme forgeur de lettres et faussaire, surtout quand il est évident que les lettres de Lcibnitz sont de Leibnitz, et qu'il est prouvé que les lettres sous le nom d'un président n'ont pas été plus reçues de ses correspondants que lues du publiée.
Qu'il ne cherche point à interdire à personne la liberté d'une juste défense; qu'il pense qu'un homme qui a tort, et qui veut deshonorer celui qui a raison, se déshonore soi-même.
Qu'il croie que tous les gens de lettres sont égaux, et il gagnera à cette égalité.
Qu'il ne s'avise jamais de demander qu'on n'imprime rien sans son ordre.
Nous finissons par l'exhorter à être docile, à faire des études sérieuseS; et non des cabales vaines ; car ce qu'un savant gagne en intrigues, il le perd en génie, de même que dans la mécanique ce qu'on gagne en temps on le perd en forces. On n'a vu que trop souvent des jeunes gens qui ont commencé pardonner de grandes espérances et de bons ouvrages, finir enfin par n'écrire que des sottises, parce qu'ils ont voulu être des courtisans habiles, au lieu d'être d'habiles écrivains; parce qu'ils ont substitué la vanité à l'étude, et la dissipation qui affaiblit l'esprit au recueillement qui le fortifie. On les a loués, et ils ont cessé d'être louables ; on les a récompensés, et ils ont cessé de mériter des récompenses; ils ont voulu paraître, et ils ont cessé d'être : car lorsque, dans un auteur, une somme d'erreurs est égale à une somme de ridicules, le néant vaiU son eœiS" tence •.
t . L'auteur en question avait écrit que, supposé qu'un homme ait éprouvé autant de mal que de bien, le néant vaut son être»