‹ Voltaire et la société au xviii siècleChapitre 264 sur 342 · ENVOI DES CENDRES A MAUPERTUIS · texte numérisé non relu

ENVOI DES CENDRES A MAUPERTUIS

se croit pas en droit d*y mettre du sien et d'apporter son contingent propre ^ ? c'est toutau moins douteux. Après l'exécution, le roi de Prusse se hâtait d'instruire le président de son Académie de ce qu'il venait de faire; dans rimpossibilité de supprimer cette diabolique satire qui courait déjà le monde et allait empoisonner l'Europe, il avait voulu donner au pauvre homme le seul soulagement qui lïiL en sa puissance. Maupertuis mandaità Moncrif : <( Dimanche passé son libelle fut brûlé par la main du bourreau sous la potence et dans toutes les places publiques. Cette exécution beaucoup plus infamante encore qu'elle n'est en France, a été faite par ordre exprès du roi, au grand applaudissement de tous les honnêtes gens, et môme de la place on vit arriver de toutes parts des gens en fiacre pour se chauffer à ce feu... Le roi m'écrivit le soir une lettre charmante et m'envoyoit pour poudre rafraîchissante les cendres de cette diatribe^... » La feuille officielle de Berlin dans son plus prochain numéro faisait mention de cet acte de rigueur, et disait en toutes lettres que cet infâme libelle était attribué à l'auteur de la Henriade ^. Que demander de plus?

1. Dieudonné Thic'bault, Souvenirs de vingt ans de séjour ù Berlin (Didot. 18G0), t. U, p. 344.

2. Laverdet, Catalogue d' autographes ^ du 24 avril 1862, p. 101, 102, n° 811. Lettre de Maupertuis y Moncrif; Berlin, 30 décembre

3. Berlinische privilegirte Staats und gelehrte Zeitung {spatere vossische Zeitung) loi Jahr 1752. 155 Sluck Dienstag den 26 Dec. « dimanche, à midi, un pamphlet horrible, intitulé /a Dfafrifte, etc., a été brûlé publiquement dans différents lieux par la main du bourreau. On dit que Mr. de Voltaire en est l'auteur... » — Gazette d'Utrechty du mardi 2 janvier 1753 (n* 1). Supplément, De Berlin,

Page 1