FRÉDÉRIC ESSAYE DE LE CALMER
pourrois pour me bien porter et ce seroit le tour le plus saDglantque vous pourriez lui jouera.. » Plus tard il lui faudra apaiser de nouvelles craintes et lui prêcher sans grand succès la résignation sur ce qu'on ne saurait ni prévenir ni empêcher. « J'ai fait des perquisitions pour savoir s'il y avoit quelques nouvelles satires vendues à Berlin mais je n'en ai rien apris. Ainsi je crois que vous pouvez être tranquile sur ce sujet. Quant à ce qui se vend à Paris ^, vous comprenez bien que je ne suis pas chargé de la police de cete vile et que je n'en suis pas le maître. Yoltere vous traite plus doucement que ne me traitent les gazetiers de Cologne et de Lubec, et cependant je ne m'en embarrasse aucunement*... » Au moins, pour le présent, Maupertuis tenait sa vengeance, et l'amitié du souverain eût dû le dédommager amplement des blessures et des morsures de la haine. Cette exécution de VAkakia impressionna Voltaire plus qu'il ne voulait le laisser croire. Mais la première panique passée (car il eut peur), il fut tout au ressentiment de l'outrage. Bien qu'en somme, cet auto-da-fé ne l'eût pas plus déshonoré que semblables exécution s ne déshonoraient en France, c'était au moins une marque éclatante de mécontentement et de disgrâce ; et l'auteur de la Diatribe
1. Cabinet de M. Feuillet de Conches, Lettres originales de Frédéric le Grand à Maupertuis, t. 11, n« 2 ; 11 février 1753.
2. Maupertuis élaitbien renseigné, a Voulez- vous une autre anecdote, écrivait Voltaire à Formey, à la date du 17 janvier 1753, on a vendu à Paris six mille Akakia en un jour, et le plus orgueilleux de tous les hommes est le plus bafoué... » Voltaire, OEuvres complètes (Beuchot), t. LVI, p. 271.
3. Cabinet de M. Feuillet de Conches, Lettres originales de Frédéric le Grand ù Maupertuis, t. II, n" 5; le 8 mars 1753.