UNE ÉCONOMIE INOPPORTUNE
Tout était au mieux ; Ton avait su tempérer la sévérité des ordres par une politesse, un peu lourde sans doute, mais qu'il faut bien reconnaître. Ou avait offert sa voiture pour la promenade, on étaitallé jusqu'à mettresa cave et toute sa maison à la disposition du prisonnier; ces procédés n'étaient pas trop d'un homme qui avait tiré la brouette. Il est vrai que Freytag devait se faire une haute idée d'un personnage dont les démarches préoccupaient à ce point sa cour; et il voulut prouver son savoir-vivre à ce courtisan en disgrâce, tout en exécutant sa consigne. Il voulut encore prouver à son maître qu'il n'était pas d'humeur à gaspiller les fonds de l'État. Malgré sa courtoisie, il n'avait pas cru devoir se rendre aux vœux du poêle : la poste irait un peu moins vite qu'une estafette, mais elle ne laisserait pas d'arriver, et tout vient à point à qui sait attendre. Le mal, c'est qu*il avait affaire à une nature de salpêtre, à laquelle manquaient parfaitement la longanimité, le flegme germaniques, et qu'allait irriter, exalter jusqu'au transport cette halte forcée, qu'au moins on eût dû s'employer par tous les moyens à rendre la plus brève possible. Mais le résident prussien s'était déjà découvert de trois louis en faux frais, et il était bien temps de s'arrêter.
Quanta Voltaire, il faut admirer sa modération, sinon son calme , et lui tenir compte de sa bonne tenue,de sa réserve et de sa patience dans une situation violente, imprévue autant qu'odieuse, pour appeler les choses par leur nom. Que les écrivains allemands trouvent ce qui se passe très-naturel et fort licite, nous n'y pouvons rien ; cependant, les actes sautent aux yeux. Où donc
à Berlin, dmK !■£ i^ qnarftfiMfc|« da mrvMuaoi^t X^m». ce D^est ni i Bo&b, ai cm Rnss^e, oûyk dâa> im Ê^ indépendiiit {fem ÎBpi»te sûq êiiUidiK «et si &«w; ;s'^ est faiUe, h. râlace^ k truiESgivâskMi da drv>it nVn seroiit que phs lêfulUntes] , dias une i(iiW lib«^^ (ïiÀ le roi de Pnisse o'a d'autre pri^iiégi^ que de sV Jbm représenter, cooune tout sonvuriin^ (Mur un di^urgi^ d'afiâires, un lêâdenl, dont b liehe unique e^l d^ ireiller anx intéfiHs, à k sùrelé de ses nationaux. Vol<-' taire était sans défiance, et se croyait à Tabri de toute atteinte dans cette cité de Francfort qui, si elle eût cessé d*âre à eUe, ^partenait bien plus à TeiupeftHir qu'au marquis de Brandebourg ; c'était un tort, et il manquait de mémoire, lui qui jadis avait corri^ le brouillon du manifeste de Frédéric, lors de sou iuva^ sion dans les microscopiques États de Tévèque de Liége% En se soumettaot aux dures couditious qu'où lui dictait, Voltaire supposait que son interaemeiU à rhùlol du Lion tfOr ne serait que de courte durée, et no se prolongerait pas au delà du temps nécessaire à Tarri^ \ce du ballot qui contenait Tœuvre de poésie. Mieux valait donc en passer par ces fourches Caudincs. Mais aussi pourquoi emportait-il les lettres^ et les insignes de rOrdre, et l'œuvre de poésie? Puisqu'il tenait à tout cela au point de ne reculer devant un tel éclat pour les recouvrer, pourquoi, de son côté, Frédéric avait-il laissé partir l'auteur de la Henriade sans lui rafraîchir de nouveau la mémoire, sans exiger qu'il lui rendit ces dépouilles avant de sortir de Potsdam? N'y avait-il d'ailleurs que le moyen violent auquel le p^^tfMI^^