‹ VoltaireChapitre 18 sur 18 · TAIRE · texte numérisé non relu

TAIRE

de la Bastille, durèrent à travers la foule, jusqu'au Panthe s int de mieux accueillie

que celle qui se lisait en deux médaillons sur le char même :

9 /homme est créé libre , il doit se gouverner. Si l'homme a des I Mi les détrôner.

le le lecteur »ng pdques

jours après le retour de Yareni.

»:i lisait sur les bannièr* -

Je sais fis de Brotos , et je porte en mon cœur La Liberté gravée et les rois en horreur.

Brutus, acte II, scène n.

Le droit de rwmuMirr n'est plus un avantage Transmis par la nature ainsi qu'un héritage.

rope, acte I", scène m.)

Qui sert bien son pays n'a pas besoin d'aï

ropt, acte l", scène :

D est temps de sauver d'un naufrage funeste

Le plus grand de nos biens, le plus cher qui nous reste,

Le droit le plus sacré des mortels généreux ,

La liberté.

Tancrede, acte Ier, scène 1™.)

On a perdu bien peu quand on garde l'honneur.

[Adélaïde du Gue$clin, acte III, scène r.)

L'injustice à la fin produit l'indépende

ène ti.)

VOLTAIRE. â6l

Quoi ! les maîtres du monde en sont l'ignominie !

(Le Triumvirat, acte Ier, scène ire.)

Vengeons les humains trop longtemps abusés.

(Les Guèbres, acte V, scène iu\)

Les États sont égaux et les hommes sont frères.

(Épîtres. )

Que chacun dans sa loi cherche en paix la lumière. {Les Guèbres, acte V, scène vr.)

Dieu de tous les humains , daignez veiller sur eux. (Les Guèbres, acte V, scène ire.)

Contemple la brillante aurore

Qui t'annonce enfin les beaux jours ,

Un nouveau monde est près d'éclore.

{Oies.)

(Tétait le Credo révolutionnaire que le peuple saluait et sanctionnait au passage.

Le cortège, au milieu d'une multitude innombrable , parti du boulevard Saint-Antoine, suivit les boulevards jusqu'à la place Louis XV, le quai des Tuileries, le Pont-Royal, le quai Voltaire, où il y eut une station 5 puis on continua par les rues Dauphine, de la Comédie et du Théâtre-Français, la rue des Fossés-Monsieur-le-Prince, la place Saint-Michel, la rue Saint-Hyacinthe, la porte Saint-Jacques et celle du Panthéon.

On s'était arrêté sur les boulevards, en face de

l'Opéra-Comique (Porte-Saint-Martin). Le buste de Voltaire, au milieu de festons et de guirlandes de fleurs, ornait le frontispice ; et dans les médaillons entourés de feuillages, on lisait : pandore, — le temple de la gloire, — samson. — Les acteurs couronnèrent la statue, chantèrent un hymne à sa gloire, et Ton se remit en marche.

Le plus beau moment de la fête fut celui de la station devant la maison de Villette, dans laquelle était déposé le cœur de Voltaire, et où sa famille devait se joindre au cortège. On avait planté devant Thôtel quatre grands peupliers réunis par des guirlandes de feuilles de chêne , qui formaient une voûte de verdure, du milieu de laquelle une couronne de roses devait descendre sur le cercueil. Un amphithéâtre dressé devant la maison était rempli de jeunes filles tenant toutes à la main une couronne civique. On avait inscrit au-dessus des fenêtres de la maison Villette :

Son esprit est partout et son cœur est ici.

Au son d'une musique exécutée par un orchestre composé en partie d'instruments antiques, on chanta devant cette maison une ode de MM. Chénier et Gossec. C'est alors que madame Villette (Belle-et- Bonne), chancelante d'émotion, vint poser une couronne sur la statue d'or de son père adoptif. Des larmes, à ce moment, tombaient de tous les yeux;

mais où les cœurs éclatèrent d'un mouvement sublime, ce fut lorsqu'on vit derrière madame Villette s'avancer, en grand deuil, la veuve, les fils et les filles de Calas. Chacun sentit que là était le plus digne ornement de la fête , et qu'en cette famille on voyait le monument le plus saint de la gloire de Voltaire, l'humanité vengée. L'attendrissement, l'admiration, le respect de la foule étaient à leur comble-, l'affluencesur le parcours du cortège était immense : il y avait du monde, dit le Moniteur, jusque sur les toits des maisons. Tout cela sans accident, sans désordre, et dans un de ces élans de fraternité entre toutes les classes comme on n'en a qu'en France.

Au théâtre de la Nation (Odéon), nouvelle halte, nouveaux chants, nouveaux hommages ! Trente-deux médaillons entourant le théâtre rappelaient le titre de ses ouvrages dramatiques. Ils commençaient par cette inscription : A dix-sept ans il fit OEdipe; et finissaient par cette autre : II fit Irène à quatrevingt-trois ans.

Tels furent les hommages rendus au grand homme. Jamais une aussi admirable fête n'avait eu lieu chez les nations modernes. Elle ne fut pas seulement un honneur rendu à la mémoire du glorieux initiateur révolutionnaire, elle fut encore une instruction pour le peuple. Elle lui apprenait à connaître et à aimer ses vrais bienfaiteurs.

Le temps, qui le matin avait été mêlé de soleil et

de pluie, était resté assez beau pendant la marche d: cortège ; mais il se couvrit, et la pluie recommença a : moment même de l'arrivée au Panthéon.

Ajoutons que le 11 octobre 1794 (20 vendémiaire, an ni), mêmes honneurs sont rendus à Jean- Jacques Les cendres de Fauteur du Contrat social sont déposées dans le même caveau que celles de l'auteur dv Y Essai sur les mœurs.

Mais la cérémonie en l'honneur de Jean-Jacques., célébrée dans une année plus sombre, au milieu de-: esprits divisés, excita dans le public un enthousiasme moins unanime. Son triomphe ne semblait être qu? celui des vengeurs du peuple.

Tandis que l'admirable fête que nous venons devoir en l'honneur de Voltaire avait été vraiment, au::; yeux de tous, la fête de l'esprit humain.

FJX.

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