Dict. phil., Femmes, XXIX
favorise chez les filles un désir immodéré de plaire, quitte à* les punir si elles mettent en pratique le seul art dont elles aient reçu des leçons ^
Dans le dialogue entre Mélinde et Sophronie, il nous expose avec quelque suite ses vues sur la manière de les élever. Sophronie n'a pas été envoyée au couvent, car ce n'est pas au couvent qu'elle devait passer son existence. On lui a fait connaître le monde et les spectacles, on lui a appris à penser par elle-même, on l'a traitée comme un être intelligent dont il faut cultiver Fâme, et non comme une poupée qu'on attife. Ainsi préparée à la vie, cette jeune fille, qu'on laisse libre de se marier suivant ses inclinations, refuse Eraste, malgré son goût pour lui, dans la crainte « d'être tyrannisée » ; Sophronie épousera Ariste, qu'elle estime, qu'elle espère aimer, et qui ne la tyrannisera pas -. Le mariage se rend sacré par l'union des époux plutôt que par l'assujettissement de la femme 3.
Voltaire préconise le mariage au point de vue moral et social : d'ordinaire, les hommes mariés ont une meilleure conduite, et les vols ou les meurtres sont, parmi eux, beaucoup plus rares. « Voyez, ditil, les registres affreux de vos greffes criminels; vous y trouverez cent garçons de pendus ou de roués contre un père de famille » {Dict. phil.^ Mariage, XXXI, 127). Il loue les Juifs d'avoir le célibat en