Partie II, livre IX
3. Cf. Lettre à i»/""^ du Deffand, 5 mai lloô : « Pourquoi Jupiter a-t-il fait ce tonneau [le tonneau du mal] aussi énorme que
dide^ certains ont voulu y voir une œuvre diabolique de mépris et de dérision. Mais ceux qui insultent aux misères terrestres, ce sont les philosophes assez impudents pour prétendre que tout est bien ^ Du reste, n'en croyons pas sur Candide les ennemis de Voltaire ; « manuel d'indulgence et de pitié, bible de bienveillance- », une humanité passionnée et douloureuse y vibre dans l'ironie elle-même.
Quoi qu'il en soit, Voltaire, durant la seconde moitié de sa vie, s'est très souvent complu à décrire les misères de notre existence en protestant qu'il ne « faut pas y ajouter encore la fureur absurde de les 1 / |A nier. L'optimisme prétend faire, avec tous les maux \ ^> particuliers, je ne sais quel bien général : n'est-ce \ pas vraiment se moquer? « Voilà un singulier bien général, composé de la pierre, de la goutte, de tous les crimes, de toutes les souffrances, de la mort, et de la damnation î » {Dict. phil., Bien, Tout est bien, XXVII, 359). En réalité la théorie du Tout est bien est, chez quelques-uns, le paradoxe de beaux esprits, chez les autres un fanatisme haïssable ^ Et certes le mal provient de la constitution même du monde. Tout est bien signifie-t-il que tout arrive selon les lois physiques? Rien de plus vrai. Mais disons alors que tout est nécessaire. Tout n'est pas bien pour tant d'êtres qui souffrent.
celui de Cîteaux? Ou comment ce tonneau s'est-il fait tout seul? Cela vaut la peine d'être examiné. J'ai eu cette charité pour le genre humain; car pour moi, si j'osais, je serais assez content de mon partage. »