ZA!BE
Tous, oruel! Apprenez que ce cœnr qu'on outrage, Et que par tant d'horreurs le ciel veut éprouver, S'il ne vous aimait pas, est né pour vous braver°. ' ' Je ne crains rien ici que ma funeste flamme;
1860 N'imputez qu'à ce feu qui brûle encor mon âme, N'imputez qu'à l'amour, que je dois oublier, La honte où je descends de me justifier.
J'ignore si le ciel, qui m'a toujours trahie, A destiné pour vous ma malheureuse vie.
1866 Quoi qu'il puisse arriver, je jure par l'honneur,
Qui, non moins que l'amour, est gravé dans mon cœur. Je jure que Zaïre, à soi-même rendue.
Des rois les plus puissants détesterait la vue; Que tout autre, après vous, me serait odieux.
1860 Voulez-vous plus savoir, et me connaître mieux ? Voulez-vous que ce cœur, à l'amertume en proie, Ce cœur désespéré devant vous se déploie?
Sachez donc qu'en secret il pensait malgré lui Tout ce que devant vous il déclare aujourd'hui ;
1866 Qu'il soupirait pour vous avant que vos tendresses ^^rVinssent justifier mes naissantes faiblesses; \^u'il prévint° vos bienfaits, qu'il brûlait à vos pieds, [u'il vous aimait enfin lorsque vous mMgnoriez;
3^ Qu'il n'eût jamais que vous, n'aura que vous pour ^ maître;
1870 J'en atteste le ciel, que j 'offense peut-être; Et, si j'ai mérité son étemel courroux.
Si mon cœur fut coupable, ingrat, c'était pour vous.
OBOSHAKE.
Quoi! des plus tendres feux sa bouche encor m'assure! Quel excès de noirceur! Zaïre! ... ah! la parjure!
\ il il
Quand de sa trahison j'ai la preuve en ma main°l ists
Que dites-vous? Quel trouble agite votre 8ein=?
OBOSMAKE.
Je ne suis point troublé. Vous m'aimez?
ZAÏRE. Votre bouche
Peut-elle me parler avec ce ton farouche > v/, \ ^C D'un feu si tendrement déclaré chaque joSir?
Vous me glacez de crainte en me parlant d'amour. 1880
OROSMAKB.
Vous m'aimez?
ZAÏRE. Vous pouvez douter de ma tendresse !
Mais, encore une fois, quelle fureur vous presse? Quels regards effrayants vous me lancez! hélas°! Vous doutez de mon cœur? ^' Ù
OROSMANE. Non, je n'en doute pas. "^
Allez, rentrez, madame.