‹ Voltaire: six conférencesChapitre 191 sur 257 · JUGEMENT DE VOLTAIRE SUR JESUS · texte numérisé non relu

JUGEMENT DE VOLTAIRE SUR JESUS

les évangiles est digne de V Ancien Testament (qu'il nous avait représenté auparavant comme un tissu d'absurdités) et de Bedlam; dans le Sermon des cmqiiante, conférence soi-disant prononcée dans une assemblée de théistes, il dit, à propos des passages intercalés dans Josèphe, que ce dernier est un historien trop grave pour avoir fait mention d'un tel homme; dans le Dictionnaire philosophiquey à l'article Religion^ une vision dans le goût de ses romans, nous trouvons Jésus dans la société honorable de Numa, de Pythagore,- de Zoroastre, de Zaleucus et de Socrate, représenté comme un homme d'environ trente-cinq ans, d'une figure douce et simple, dont il nous dit le sort et les idées. Dans un dialogue de l'année 1767, le Dîner du comte de Boulainv illier s , résumé charmant des opinions religieuses de Voltaire, et pour cela même il ne voulait pas s'avouer l'auteur, à côté de plaisanteries de toute sorte sur le judaïsme et le christianisme, il parle de Jésus sur un ton assez convenable. Ce sujet se trouve bien à sa place dans le traité : Dieu et les hommes, par le docteur Obern, œuvre théologiqiie, mais raisonnable. Voltaire pose en principe qu'il n'y a qu'un fanatique ou un sot fripon qui puisse dire qu'on ne doit jamais examiner l'histoire de Jésus par les lumières de la raison. Avec quoi jugera-t-on un livre quel qu'il soit? est-ce par la folie? Si nous remontons d'abord aux sources pour nous procurer des documents sur la vie de Jésus, nous trouvons qu'aucun auteur grec ou romain de son temps ne parle de lui ; parmi les Juifs, ni Philon, son contemporain, ni Josèphe, l'historien de son peuple, venu un peu plus tard, n'en font mention; seuls les évangiles d'une part et certains écrits hébreux

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