‹ VolutpéChapitre 14 sur 33 · I .' .,C(X)>^li · texte numérisé non relu

I .' .,C(X)>^li

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des d^rts ou des cloîtres, oracles, devenus trop rares, de la chrétieiité éclipsée, le monde d'aujourd'hui est tenté de vous Croire étranges et sauvages; mais, si vous sortez de la grotte, de la cellule où vous dormez, da votre poussière et de votre silence, vous lui dites encore ses secrets et ses ressorts de conduite, à le faire pâlir de surprise I Et je ne veux pas seulement parler des grands pénitents d'entre vous, deS convertis que le monde de leur temps avait d'abord entraînés, mais dé ceux qui restaient dès leur jeunesse invariables et sim'pies. Ceux-ci même ont su et scruté sur 1^ passions et leurs mobiles ce qu'après des siècles d'oubli on aperçoit à grand'peine, et ce qu'on imagine récemment découvrir. vous qui n'avez navigué qu'au port, dites, par où saviez- vous l'orage? C'est que l'orage est par^ tout; c'est que le désert est un monde aussi d'humaines pensées; c'est que lerocberdela foi, si haut et si ferme qu'on l'obtienne, reçoit, par de certains vents, l'écume éparse de tous les flots. Les mêmes mouvements éclosent plus ou moins, et s'essayent en tous les temps dans tous les cœurs. Les mêmes circonstances morales essentielles se reproduisent à peu près en chacun, ou Ôtt moins elles se peuvent conclure à l'aide de cellra auxquelles nul n'échappe entièrement. Bourdaloue, Jean Gerson, ou Jean Climaque, nos maîtres spirituels, vous avez tous lu, en vos époques bien diverses, à cette commune nature d'Adam, avec cette même lampe du Christ et des Vierges Sages. Quiconque y pénètre après vous, retrouve à chaque pas vos lueurs. Le plus oor'- TOmpu et le plus tortueux des mondains n'en sait pià tant bien souvent sur les moindres replis de i'âmé, que vous, droits et humbles. Car, chaque soir, chaque matin, à toute heure du jour et de la nuit, durant dès années sans nombre, vous avez visité coins et recoins de vous-même, comme, avant de se coucher, fait dans les détours du logis la servante prudente. Oh! qu'on I .,Goo<^lc

arrive, ô mon Dieu, k Bavoir tout le fond d'ici-bas, sans jamais presque sortir dB son cœurl ,

Cette frappante. lecture, s'ajostant à plusieurs de? préoédenles, et comme ménage avec adresse par une Providence maternella, bmiJeveieait beaucoiip mes idées, qui, eu i;'anaélM>r&at depuis quelque temps par rapport au salut, se loaroaieBi toutefois et se reposaient dieiuia faîa^ sur la douceur ^'une Amitié prétextée innoeente. U ressortait tM-ustpement & mes ;eux que «ette amitié de trop près cultivée et les statiops avancées du salut n'étaieat pas sur la même penlfi, le loag d'une seule et même .voie; que cette prairie si molle â si tiède à la Urne, et d'une pelouse si assoupie, et d'une .vaporeuse Uaucheur d'élysëe, ne menait pas sûrement «u Calvaire. De iKHivellee perplexités naissaient de là: j'étais en train de lesdéhaUse avec application et souci^ ^and le lendemain dimanche j'appris que, trois derniers conjurés ayaat été arrêtés, les barrières venaieut -de se rouvrir et que les empêchements extraordinaire? «easaient. Le voyage à l'instant devenait possible; àme -mobile «t peu ancrée, je ue sentis plus auû% chose. Perjàesités, balance, tout fut secoué et suspendu ; je T(da^ je pourvus au départ en peu d'heures, et le lundi, de bon matin, j'étais sur la route de Blois.

a lift voot être bien surpris de me voir descendre en personne après ma lettre d'avant-hier, peasais-je.lout Je temps avec sourire; cette lettre exprimait tant de regretsl c'est }a plus vive, la plus ouvertement tendre -que j'aie écrite assurément. J'étais si désespéré duretard; je me :fai8aia si hardi à pcoduire juon senl'unent à eeite dislanee et ne croyant pas si Idt les visiterj Le marquis en aura-t'il piisqueliiae ombrage ? Elle-même s'en sera-t-elle effrayée? Oh! non, elle en aura été -touchée seulement, C'est d'aujourd'hui que cette lettre a dû lui arriver; elle est peut-êlre en ce moment h la Klire ou déjà i y répondre. Elle rougira plus ^gue de

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coutume en me voyant, et j'es serai, moî aussi, du peu embarrassé d'abord. Que de questions le marquis Va mefafret que de r^onses navrantes et funèbres i Hais, Bile, ce sera toujours rancienne conTersation contrunée, le rèf^e infime, l'oubli de taai, la tristeaee tarôibte et tranquille, quf ft'eihale des choses, et qui retombe, aui instants plus sereins, en rosée plus abon* ({antet •

On royagèalï lenlement al(H«. Ayant att^nt Orléans assez ianl dans la smrée, eomme on allait y dormir la nuit, 5e n'y pus tenir, et, demandant cheval et guide^ je poussai incontinent après souper sur Blois. A trois lieues seulement'de la ville, tout au matin, je changieai de monture et en pris une plus fraldie pour arriver. Dan? une des rues hautes, non loin du château, vers sept heures. Je frappais & la porte d'une maison de vieille apparence, qu'il me semblait déjà reconnaître, tant les lieui me sont vite prés^itset familiers! La domestique qui m'ouvrit, anciennement attachée à Gouaën, me nomma aussitôt avec joie, et, montant l'eseaKffl*. avant toute question de me part, m'introduisit précipitamment dans la chambre de sa maltresee. Elle était levée en effet, debout près du lit d'un de ses enf&nfs qui me parut malade. Elle fit nu ai de surprise if ioa vue, mais, m'interirogeant à peine, elle me conta cfue cette nuit même son fils avsit été fH-is d'un étouffument violent et de toux; on était allé dès le jour prévenir lemédeein, qu'elle attendait impatiemment. 0ne' première et inévitable pensée me blessa, c'est qu'eu ce moment peut-âtre elle eût mieux iûmé voir entrer le médecin que m(H-ménte. Elle me pria d'examiner son fils et de donner on avis selon la science qu'elle me supposait. Ses yeux brillants consultaient les miens; elle avait la joue msùgrie et plus en feu que celle du petit malade. Je la rassurai en toute sincérité, n'apercevant chez Venant aucun symptôme qui jus-

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tifiât lant d'alarmes. Le marquis, qu'on avait été avertir, entra quelques instants aprës, et je lui précisai les événements des derniers mois, surtout l'assassinat du duc d'Enghien, avec les détails qui ne lui étaient point parvenus. Ainsi se passèrent cette journée et les suivantes, madame de Couaën ne me faisant aucune mention des lettres reçues, pas plus de la dernière que des autres, et moi, froissé, et m'interdisant de la rappeler à ce qui m'eût d'abord été si cher. Le mal de son enfant l'occupait, et, quand elle fut un peu rassurée le secQnd jour, ses questions fixes, si nous nous trouvions seuls, portaient uniquement sur les dangers que le marquis et nous tous nous courions par suite de cette conspiration découverte et des rigueurs menaçantes. Au lieu des tristesses sans cause, ou dont on se croit la cause prochaine, au lieu des flottantes rêveries où l'on dessine ses visions comme dans les nuages, elle m'offrait une douleur, une inquiétude bien réelle et positive; et elle l'étalait naïvement. Hais l'amour humain, qui se dit dévoué, est si injuste et à son tour si préoccupé de luimême, que je lui en voulais, à elle, de sa préoccupation et de son effroi.

Qu'avais-je k lui reprocher pourtant, à ce cœur de femme et de mère? Les lettres que j'avais trouvé hardi de lui écrire, elle ne s'en était pas étonnée et ne les avait pas jugées étranges. Elle avait accepté de moi sans défiance ce qui n'était pas exempt de quelque ruse. Elle s'en était nourrie comme d'un aliment délicat, mais simple, ordinaire à une semblable amitié, et voili pourquoi elle n'en parlait pas. Elle ignora toujours ces manèges d' amour-propre et d'art plutôt que de tendresse, ces attentions que l'esprit seul rappelle, ces susceptibilités qui s'effrayent et reprochent agréablement pour mieux exciter. Elle croyait, elle acceptait tout de l'amr, et ne se répandait pas en petits ^ins gracieux, le jugeant plein de foi lui-même. Quand elle

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m'avait vu sntrer au plus fort de son inquiétude, le premier cri de surprise jeté, elle m'avait pris aussitôt comme uue autre part de son âme, et s'était montrée à mot dans toute sa peine, sans songer li se modérer ni à affecter rien de moindre.

Et je lui en voulais d'une si admirable sensibilité de mère, non-seulement comme d'un tort fait i ce que je prétendais être pour elle, mais comme d'une fatigue qui brûlait sa joue de veilles et qui altérait sa beauté I Il y a des moments d'éclipsé et de brutalité dans l'amour chez l'homme, où il irait jusqu'à en vouloir à la femme qu'il aime, de cette sensibilité dévorante qui la ferait sécher et pâlir, et dépérir en beauté loin de lui, à cause de luit Les femmes ne sont jamais ainsi, elles; et c'est ce qui maintient leur grandeur dans l'amour, leur vertu souvent dans l'abîme, leur titre à l'immortel pardon.

Quant au marquis, après bien des conversations ébauchées, nous sortîmes une après-midi ensemble, et à deux pas de la ville, le long d'une hauteur qui dominait la route et le paysage, il me faisait redire pour la dixième fois tous les détails que j'avais pu saisir de l'assassinat ténébreux. J'avais peine à m'expliquer cette insistance par le seul intérêt donné k la victime. A U fin son âme s'échappa en ces mots : « Eh bien 1 oui, il triomphe, ses rivaux disparaissent, le sort les lui livre un à un; il use et mésuse déjà; il fusille des princes. Moreau, Pichegru, Georges, que fera-t-il de vous? Compagnons, à chacun son rôle I A vous illustres, le plus sanglant peut-être; à moi le plus douloureux et le plus lourdi mais je l'accepte et le veux tout entier désormais. Limoèlan, j'aurai aussi mon martyre! c'est de survivre et d'attendre, et d'épier du regard chaque mouvement du victorieux, jusqu'à ce qu'il tombe, car il tombera. Le voilà hors de page. Empereur demain, maître absolu sur nos télés. Eh bien I dès avant de-

main il a commencé de tomber. L'îmbécilTîlé populaire le suivra, le portera longtemps encore ; je ne m'y trom^ perai guère; je noterai d'ici ses pas, chaque degré, chaque symptôme de chute, lès sijfnes déjà naissants du vertige. 11 pourra avoir l'air de monter toujours, mais en réalité, non. J'aurai patience en vue de la fin; j'essuierai cette longue tyrannie comme l'officier sans épée d'une garnison prisonnière, devant qui Ilnsolent vainqueur fait défiler jusqu'au dernier goujat de son armée. Mais je compterai assez sur lui, livréàlut-méme, sur ses fautes, ses opiniâtretés et ses colères : l'assassin d'un Condé m'en répond. 0ht comme rien iie m'échappera de dessous sa pourpre de parade, on à travers la filmée de ses camps) Jamais mère ne suivra sur la carie les marches d'un Sis avec plus d'anxiété que moi les siennes. J'inscrirai avec joie coup sur coup ses victoires, victoires de Pyrrhus, par oii il périra. Les générations neuves, chaque année, crèveront sous lui comme des chevaux de rechange ; mais il aura son tour. Inconnu, immobile, annulé, je marquerai sans relâche tous les points de ce grand jeu ; s'il se trouble an moment, je croirai que c'est moi, caché, qui le fascine : Amaury, je tiens ma vengeance! i

I Et en parlant de la sorte avec une eïal'iation concentrée et une Splendeur pâle an visage, M. de Gouaên semblait en effet on martyr- sublime des terrestres passions orgtieilleuses, de la pure racb des Ptomé&iées enchainés. Mài^,^^elque irritation que m'efttlaissée ie récent attentat pdiitiqae, il m'était impossible de m'ulcérer H ce point et d'entrer dans des ressentiments tï implacables, autrement que pour les jilaind're. La Vue même dé ce ,calme pays, l'idée du jour" saint, du Vendredi misâ-icoriîifiux où lions étions, ajoutaient â l'effet étrange et presque offensant que me causaient ces paroles. Je me settis incapable dé séjourner ù demeure auptès d'une toHùrè si révoltée et si éternelle.

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de même que je ra'étafe senti rebuié tout à l'heore de la sensibilité ti'op fixe et trop instinctive de madame de GoiKiën. Entre )a haine cuisante et lesTautourâdelan, les onbtis fréquents et tes lentea eonsoraptiona nalef' Belles de Tantre, q^'avars-je à faire? (fnel don inutile de mon être, et ît quoi leur serais-je bMi avec mes délicatesses comprifoëes, mes suBceptibités jatonsesT «t ces ressources TariaMeS d'intelligence et de eœur qui ne sauraient en tont point qu'orna et adoucir ? Étant r»t» tré à la vilïe dans ces pensées^ j'allai, dès le soir, sans prëv«ilr pereonne, retenir ma place à la voiture pow te lundi de Pâques.

Ce ne fut que le jourde Pâques même, qu'après avoir annoncé à déjeuner mon départ, fentendis madame de Conaén m'atïresser en f«e le mot jusque-là contenu : « Ah çà! dites, quand nous veneï-voua décidément?» Ef\e semblait s'èire f^it un pew violence pour lâcber cette parole, et la bTusqirariè de ton dont elle l'avait prononcée caeliaHmall'Intéréf'qa'elle y poovaitmettre, et n'était pas d'accord avec la rongeur «mdaine qui couvrit son front en ce mênia moment. Mais mon impression était trop prise déjà pour que ce mot tardif me U nt cliângec. in loi répondis, et au marquis, d'ua air dt'empreseemeiit, que js ne manquerais pas d'accourir, aussitôt après le procès fatal et ces débats auxquels ja voulais,, pour nous tous, assister. Et je quittai Blois le lendeuqain aveo une joie, un soulagement, une colère intérieure, qui se coinbaltaieni, se mêlaient en moi, et élisaient voler daus mon del^ con^me à un cliquetis ftucilaat, des milliers d'abeille^ dé^irp^seg : « Aiiaons, auDOBS, répétais-^; la stùsou récréante s^ficotite, les giermes poussant de toutes pactf^ itt mon essor de jeunesse n'est paji fini. Aimons d'amourj mais aimons qui nous !c puisse rendre, qui s'en aperçoive et en sotiffre et en meure, et préfère à toutes choses l'abime avec nous ! Les pures amitiés durables avec les jeunes femmes

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ne sont possibles, je le vois, qu'à condition d'insensibilité fréquente, d'oubli de leur part et de détournement perpétuel de leur tendresse sur d'autres êtres qui ne sont pas nous. Puiaqu'en restant attentives et vives, ces amitiés, au dire des conseillers rigides, ne sont jamais que prétendues innocentes, osons plus, osons mieux, ayons-les donc tout à fait coupables! » Ainsi la bonne lecture elle-même, dans ce cœur trop remué, tournait en aide aux conclusions délirantes; — et l'image de madame B. reparaissait h l'instant plus fratche, comme après UQ sommeil d'hiver, tantôt en pleurs silencieux, telle que je l'avais surprise dans cette soirée de la loge, et se mourant de langueur de n'être pas aimée, tantôt dans la féerie du bal, se laissant deviner aussi enivrée et légère que la rendrait le bonheur; tour à tour roseau frêle et pâle qu'il serait aisé de relever, lutin moqueur et fugitif, difficile et précieux à saisir, ou bien sphinx discret, prudent et assez cruel, avec un secret que sa fine lèvre aurait peine à dire, et que je lui voudrais arracher.

On était aux premières haleines du printemps. Ausmtôt arrivé, je visitai madame R. Elle me reçut bien amicalement, avec cette teinte de tristesse amollie, qui lui était familière, et d'humides nuages sur le front. J'y retournai le lendemain et les jours suivants, dans l'aprèsmidi; encore la même tristesse et les mêmes nuages, avec un éclair aussi doux. Nous renouâmes le passé peu à peu, et sans qu'il en iht question. Elle ne vivait plus seule, et une tante qui l'avait élevée était venue demeurer k Paris près d'elle. Mais c'était seule d'ordinaire que je la voyais à ces heures, dans son étroit salon bleuâtre, aux jalousies souvent à demi fermées. Notre conversation dès les premières fois, et à travers les

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sujets du moment, s'établit au fond et s'accoutuma volontiers à retomber sur son découragefuent, à elle, son ennui profond d'une existence sans but, et sur l'espoir aimant que je voulais lui persuader de ressaisir. Derrière les cîtflonstaoces insignifiantes et dans nos moindres manières de juger les choses, nous savions, sans nous y méprendre, répondre à nos pensées. Je lui oiTrls des livres à tire; je lui apportai pour commencer, s'il m'en souvient, quelques productions touchantes d'une madame de Charrière, et nous nous animions en causant des personnages et d'une certaine Caliste particulièrement. Un jour qu'elle s'était livrée avec une sorte de sérénité au courant de l'entretien, comme je me levais pour sortir après quelques niots moins indirects de mes smtîments, je m'approchai par hasard d'une des fenêtres witr'ouTertes sur laquelle était un lilas, je crdis, un Ijlas blanc et déjà passé, quoiqu'à peine en Qeurs; elle me le fit remarquer avec intention et retour sur ellemême : u Mais ouvrez cette jalousie, lui dis-je, et le soleil entrera. »

Elle alla bientôt à Âuteuil, et ces voyages de chaque jour que j'y avais faits l'an dernier pour une autre, je les refis, hélas t pour elle : tout m'y parlait de mon infidélité. J'en souffrais, mais j'amortissais le plus possible ce contraste injurieux des souvenirs. Elle aimait peu k sortir et à marcher dans le bois; et quand nous y étions, j'évitais constamment certaines allées trop pleines de témoignages inviolables et de murmures. Il y avait dans la maison qu'elle habitait un pare à l'anglaise assez étendu, et qui suffisait à une promenade paresseuse. Un jour, dans les commencements, nous nous étions entretenus, selon notre thème favori, du désabusement précoce des passions, de cette langueur d'&me et de cette fuite du soleil que je lui reprochais. Mais elle prétendait que, quand on a passé, à regretter et à pleurer, ceriîUnes années de la vie les plus décisives et les plus

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belles, peu imparte que l'on costinne les regrets ef lès. pleurs plus on moins ds temps encore, oar te'cbcnae* . biillant est â jamais rompu, et fl y a d'avance une ombre' froide sortent ce qni ponrràit venir; naleus •ntxiiKmf que ce i}Uelque chose qui demande éclat et fîvldMur' nevieimepas; C'était .ïa,fyà à peu près, la pansiéeqà'eUe iti'exprimart. — « Oui, vous Tonles dire, reprenais-jev qu'il est dans la Tié une fc*e de grftce *V d'illù^woBcbarmantfis qu'on ne revêt qu'une foi»; que le» senttments, qui ont manqué des rayoïls du dcëfirs dam )■ saison propice, méffle qnatid ils mùt^aient plus tani, mûrissent mollement et ne se dorent pas ; que les Ames ttop longuement baignées dans leurs propres larme» sont comme ces terres hnbibéeS de plaie, et qui restent tOiqours bnmides et un pea froides, mftae après IftBO* leïl reparu.' Tous croyez qu'il n'est pas en elles ds baissons altéré? rii de gerbes toutes prête»'; que la fondre, en tombant, n'y aillurae rien, et qu'elles ne deviendpoiit jamais un aulèf. Aht vous dîtes vrai en partie; vo«« dites ce que j'ai senti souvent et ce que j'ai craint de moil Mais je me suis dît «ossï qu'on n'arrive pas de sitôt à ce degré désespéré; qu'une ou deux o« tnais. années de larmes ne sont qu'nne rosée dans la jeunesse; une matinée meilleure essuie tout, nue fraîche biiae nous répare. On oublie, on s'exhale, on se renouveUe. On a véritablement: en soi, songez-y, piosifflirs jeunesses. Bien souvent on croit quec'enest fait des bêllaa années et de leurs dons; on se déponille, on se coar^ au cercueil, on se pîenfle.' Puis le rayon venu, on renaît, le cœur fleuritets^étomie lui-même de ces fleurs feoiteai et de ces gazons qui recouvrent le sépulcre des donl owa d'hier. Chaque prmtemps qui reparaît est une jeunesse que nous oSte la nature, et par laquelle elle reviert tenter notre puissance de jouir et notre capacité pour le bonheur. Y trop résister n'est pas sage. Sur le coteau mystérieux où voltigent des danses inconnues, oîi liûl

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an astre ai eharm&Bt, cm est fQ(Hité:iine ùm ou deux peat-4tI«^ sans nioc y TOÀr deœ qu'an se figurait d'm bas; DO. s'est lassé* et l'on est m(îesc.e«du, le c<8ur«t le» pieds sBignanlB, daitf les moces^ Et. l'astre désormaÎB a beau luire, Je bouquet d'wi hauts beau s'éelairer, de^ toix plus émues, idet blaïK^eun pliis l£g;èi'«s OQt beau «1 sortir et inviter; on regarde-d'en bas d'un air iaeréi dule, on «ne veut risfuer aucun e^aor,-0t l'on s'interdii W' 'qa& tout inspire I : v — Ce dt^ier vmL la Eiapiui, ei„ laveprenant avoo tu scutrim lU^Xas triste encora qUa.nialiaieUs et: tflotdnit elle »'e» appliqua la v^fité^

oiSSi-bien, Boi*lioBMeveut'pluajrisQuerdeoioiitar,ii dit-elle.

Ceci 'seipaualt dans smsaloa, et je dus La quHter pbur éa teilotte st tfiwlqne -visite tpt'elle avait àlaiEfi. tbie demî'heure ^ràaeaviron» de i«t<turdu village et au bOJis ob j'avais eue, je reotrai «faez elle, et, ne l'^r croyant pas mioore:revâBue,>j/aIlai dans la jurç coatj.. Buer à -pas IcntA Mon -atteiirte. ilais Je:rapercus ellenëme aa Iwut d'une ilMe da fond, pensive, arrêtée, et semblant, contempler avec attention un effet singulier de ImBière, qui, aa milieti d'un pf^i&Qge assez obsuinci, illiuain^ jaste le somniet d'une petUe butte Terde^aat» et le bonqiwti d'atAcia» qui la couroiniatt. Oq était «ur la fin d'awil, et il faisait un dous ciel de«ett^ saison, à denoivoilé ea tons «ens- d'os rideau de nuages fioconwùx et peu ^taia, an «i«l trèsibas, légè'emâni oemé de toute» parts à rbori20B«anime un dais anver toppâ; mais dimicuant d'opacité «t de voile & mesure Tia\)n Bpproebaitdu eantiKveti U Beulemeni, toui à iaif lÙgagé au milies, à réadmit ob lea rayons verticaux -de l'astre avaicni la forae de peroer; un vrai ciel de -deml-fêle et d'e^éranœs naisaaotea; un de ces cielt, eomnae on accuserait un peintre, qui le ferait, de le laire peu naturel et biurre, et ^ui peut-être serait tel «D peinture immob-le, tsudia que «'«st un cbaiiae et

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