II. — Suivre le troupeau, puis abandonner la voie
« Qui suit le troupeau dans son enfance s'égarera dans sa jeunesse. » Le sens de cette citation n'est pas difficile à comprendre. Un troupeau ou une bande
(\) Math., u, 11.
d'enfants sont gardés au collège dans la pratique de la religion; mais, aussitôt qu'ils ont quitté l'école et sont laissés à leur propre direction, un certain nombre d'entre eux cessent de vivre en chrétiens; ils oublient leur baptême et les autres Sacrements qu'ils ont reçus, et se laissent entièrement captiver par le monde. Faudra-t-il, pour conclure, abolir les écoles, pourvoir chaque enfant d'un maître particulier, ou l'abandonner à lui-même? D'aucune façon.
Mais il faut que chaque enfant, tant qu'il est à l'école et pratique sa religion en compagnie de ses condisciples, regarde la religion comme son affaire personnelle, qu'il mette son cœur dans ses prières, et qu'il fasse tous les efforts possibles pour vaincre le péché.
II n'est que trop facile d'approcher des Sacrements mécaniquement, par routine, parce que les autres le font, et sans apprécier la nécessité de tels secours.
Il n'est que trop possible d'aller à la chapelle quand les autres y vont, matin et soir, sans prier réellement sept minutes par semaine. Je ne dis pas sept minutes sans distractions, mais sept minutes en s'efforçant de repousser les distractions et en cherchant Dieu avec sincérité. Or, cette manière de « suivre le troupeau » conduit bientôt hors de la voie. Quand le monde les entoure, quand les désirs de la chair deviennent plus