‹ Voyage a la Sainte-Larme de VendomeChapitre 18 sur 21 · SONNETS · texte numérisé non relu

SONNETS

Extraictz dv Discours de la saincte larme plorée par Nostre Seigneur sur le Lazare mort, et par luy resuscité, laquelle se garde et visite er\ l'église de la très sainte Trinité à Vendosme

Par- M. Ph. G. Ad.

A Paris, chez Jean Petit-Pas, rue Saint-Jean-de-Latran, au collège de Cambray.

PREMIER SONNET En forîne de prière à Dieu, à l'honneur de la Saincte Larme.

Je t'adore humblement, ô larme précieuse, Présent du fils divin que la Vierge a conceu : Je t'adore humblement en ce sacré sainct lieu, Où nous adorons tous la Trinité heureuse.

Je te baise cent fois , d'une bouche amoureuse

Des yeux de ton autheur, qui est vray homme et Dieu

Je luy vien présenter, pour sacrifice deu,

Mon cœur humilié, et mon âme pieuse.

Quand pour l'amour de toy, mon sauveur, je t'adore, Je l'admire, et la baise, et la rebaise encore, N'est-ce point adorer un seul Dieu glorieux-?

Si ce petit devoir mérite récompense,

Par ta miséricorde, et ta grande clémence,

Illumine tousiours et mon âme et mes yeux.

SECOi\D SONNET Sur ces vers d'Ovide, de morte Phaelhontis. LibroS, Metamorph.

« Nec minus Heliades lugent, et inania morti

« Munera, dant lachrymas, et cœsre pectora palmis,

« Non auditurum miseras Phaethontis querelas

« Nocte dieque vocant, asternunturque sepulchro. »

Les filles du Soleil nuict et jour lamentoient La mort de Phaëthon leur frère téméraire : Sa cheuteleur causoit une douleur amaire, Etauecque Glymène incessamment pleuroient.

Mais quoi? c'estoient en vain qu'elles se tourmentoient, (En se noyant les yeux) à crier et à braire Pour le remettre au ciel, qui leur estoit contraire, Car à le ranimer telles pleurs ne seruoient.

Tu n'as pas fait ainsi, ô sauueur admirable ! Tes pleurs ne vont en vain, le ciel t'est favorable, Ton cry est tout puissant et supernaturel.

Frémissant et plorant sur ton amy Lazare

A l'instant, ô merveille ! 0 chose étrange et rare,

Tu luy rendis la vie, et la veiie, et le ciel.

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