I-ONDKIùS
La quantité d’exemplaires jetés chaque jour dans la circulation par les établissemens quotidiens de la métropole britannique, avec les supplémens qu’ils donnent dans l’occasion, est de
40.000 environ, qui paient au trésor pu!)lic un droit journalier de timbre de 'j5o livres sterling ou 18,750 francs, ce qui revient à 6,750,000 fr. par année, somme à laquelle le Times contribue pour 1,700,000 francs, et le Morning Chronicle pour ] ,3oo,ooo francs. La moyenne de la circulation pour tous les journaux de Londres est chaque matin de 28,000 exemplaires; chaque soir de
12.000 exemplaires, et chaque semaine de 10,000 pour les publications hebdomadaires émises à des jours dilïérens, savoir : 2 journaux le mardi, le jeudi et le dimanche; 6 le lundi et le dimanche, I le mardi et le vendredi, 11 le dimanche, 2 le lundi, 1 le mercredi, 2 le jeudi, et 4 le samedi. L’impiimeur qui tirerait un seul exemplaire non timbré payerait une amende de 100 livres sterling ou 2,5oo francs.
On ne s’abonne pas en Angleterre, du moins à Londres, aux journaux quotidiens, comme cela se pratique en France; mais chaque journal a, comme nosjournaux du soir à Paris, des vendeurs ambulans ou aux coins des rues, lesquels portent ou distribuent les exemplaires immédiatement après leur émission. Le Times (le Teins) distribue
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chaquejour environ 10,000 numéios; le Morning Chronicle (la Chronique du matin), 8,0005 le le Héros du matin), 5,0005 Courrier, 5 à 6,000. Les autres journaux viennent en proportion plus ou moins faible.
Le Morning^dpertlserÇC A ver tisseur ou Moniteur du matin) n^est guère lu que dans les cafés et les tavernes, dont les maîtres ont un intérêt direct à la prospérité de cette feuille, parce que ses bénéfices sont employés à faire donner de l’éducation aux enfansdes vieux cabaretiers. lue Public Ledger ( le Grand Livre public ) s’adresse exclusivement à la classe des marchands, lue Morning Journal (Journal du matin), connu auparavant sous le nom de New -Times, est lu par les ultra-torys opposés aux ultrà-whigs ou radicaux, qui soutiennent le Morning Chronicle et le Times, tandis que le Morning Post (la Poste du matin) a ses lecteurs dans le monde fashionable, comme le Courrier et le Journal de la cour, ou Court-journal, ce dernier pensant comme tout le monde ou comme personne.
Le Times ]OU\t d’une haute réputation pour la sagacité avec laquelle ses rédacteurs s’emparent des questions politiques au moment même où elles occupent les esprits. Ses articles se distinguent par une diction brillante, une entraînante véhémence et des sophismes toujours plausibles5 émou-
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voir les passions, remuer les interets, faire avancer les préjugés en rang de bataille et les amener au
combat : telle est la science du Tunes, et en cela il passe pour le premier journal de l’Europe. Cependant il est dénué de philosophie; il triompheseulement par l’argumentation, la dialectique et une faconde inépuisable. La rédaction du Morning^ Chronicle est plus sévère et plus nourrie de pensée; mais par leur force même et leur consciencieuse profondeur, les articles de ce journal restreignent le nombre de ses lecteurs. D’un autre côté, il a un peu déchu depuis i833, parce qu’il est trop souvent livré à des talens secondaires.
Pour diminuer les frais de timbre, qui en Angleterre, sont énormes, les journaux quotidiens ont adopté un format grandiose. Celui du Times a 4 pieds de long sur 3 de large, et contient 43 colonnes, dont plus de 3o sont remplies d’annonces, et renferment plus de 90,000 mots. Il y a quinze colonnes de correspondance et de nouvelles des dilFérens pays, imprimées en petits caractères et comprenant plus de 4 3, 000 mots, en trois colonnes en gros caractères, qui en contiennent plus de 6000; de sorte que le Times, dans ce format, renferme environ 1 5o,ooo mots, c’est-a dire la valeur de plus d’un volume in-8“, ce qui donne par année, déduction des dimanches et fêles, environ 3üO volumes, dont chacun est composé dans le jour
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et imprimé à 4,000 exemplaires dans une heure. C’est celte énorme quantité de i5o,ooo mots que l’intrépide lecteur anglais dévore le matin à son déjeuner. Que dis-je? il ne se borne point à un seul journal, il en avale cinq à six avec son thé, ses deux œufs frais et ses tartines de beurre. Quand il tient un de ces journaux sur la table, il disparait derrière cet énorme format, et il faut se dresser sur ses pieds pour découvrir ainsi le lecteur en fonction.
Les frais annuels du Times excèdent, dit-on, 100,000 livres sterling, et les actionnaires de cette feuille reçoivent un dividende de 24,000 livres sterling ou 600,000 francs. On estime à 25o,ooo livres sterling ou 6,25o,ooo francs le capital que les journaux du matin publiés à Londres mettent en mouvement.
Le personnel d’un journal du matin se compose d’un éditeur, d’un sous-éditeur, de quatorze ou quinze rédacteurs réguliers, aux appointemens de six guinées ou i56 francs par semaine, de /\o à 45 compositeurs dans les ateliers de l’imprimerie, dont quelques-uns travaillent toute la journée et reçoivent environ 60 francs comme salaire, plus une gratification pour les heures d’excédant, tandis que d’autres, nommés surnuméraires, et chargés de composer ce qu’on appelle gallaj, reçoivent chacun environ 3o francs. H y a de plus
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lo un OU deux correcteurs qui revoient les épreuves et reçoivent environ ’~jO francs par semaine; 2® un reading boy ou bambin lecteur, qui lit tout haut la copie au correcteur; 3° un imprimeur qui touche i5o à 200 francs par semaine; 4^* un certain nombre d’hommes et d’en fans occupés à enlever les feuilles à mesure qu’elles tombent du cylindre; 5" un publisher ou publicateur et un souspublicateur; 6® plusieurs commis au bureau pour recevoir les annonces et tenir les comptes; 7® un portier et une foule d’enfans pour les courses.
Les appointemens de l’éditeur sont de 600 à 1000 livres sterling, i5,ooo à 25, 000 francs par an; ceux du sous-éditeur de 400 à 600. 11 y a en outre des rédacteurs accidentels à tant la ligne.
L’éditeur ou rédacteur en chef est chargé des grands articles ou résumés de ce qu’il y a de plus important dans la feuille du jour. Le sous-éditeur fournit les détails. Ceux des rédacteurs qui rendent compte des séancce du Parlement, et dont le nombre varie de 10 à i4j sont presque tous des étudians en droit qui se relèvent les uns les autres, de manière que chacun reste à la chambre des Lords ou des Communes une demi-heure ou trois quarts d’heure, ou davantage au besoin. Chacun, en revenant au bureau du journal, rédige la portion de séance qu’il a entendue, en prenant des notes ou merne sans notes, et il appelle l’attention
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(lu rédacteur en chef sur les points saillans des débats, qui se prolongent bien avant dans la nuit et quelquefois jusqu’à trois ou quatre heures du matin.
Les rédacteurs accidentels, autrement appelés rédacteurs marrons, par allusion aux agens de change et aux courtiers de bourse , recueillent ou inventent les faits et en portent ou envoient le récit à plusieurs journaux à la fois, en le reproduisant sous des formes diverses. Quand l’article est admis, c’est d’ordinaire unebonne fortune pour son auteur; mais la rivalité de ces écrivailleurs et la prudence des éditeurs, rend ce commerce chanceux. Un article de la Repue de Tf^estininster reproduit par la Repue britannique , rapporte à ce sujet une anecdote assez piquante:
(( Un de ces pauvres diables qui avait laissé, dit cette revue, passer quinze jours sans recueillir la plus petite aventure, désespéré de ce contre-tems, s’avisa de recourir à la fiction, au défaut de la réalité. Il imagina un assassinat qui aurait fait honneur au plus habile romancier. En quelques minutes, le crime fut consommé, déposé sur le papier et expédié en bonne forme à tous les journaux. Chemin faisant, le porteur de cette effrayante nouvelle, c’était le fils du pauvre diable, fut accosté par un homme du métier, qui trouva moyen de lire le précieux papier et d’arrêter ,
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SOUS ditTcrens prétextes, le trop crédule messager. L’homme en question fit à la hâte un autre récit du prétendu assassinat et l’envoya sans perdre de tems à deux bureaux. Il y gagna de vitesse le courrier de son confrère, et, son récit, arrivé le premiei , eut les honneurs de l’insertion. Le samedi suivant, le véritable inventeur de l’assassinat se présente pour toucher le prix de son article : on refuse, ce n’était point sa relation qu’on avait insérée. U insiste, et tout en reconnaissant que les termes ne sont pas exactement ceux dont il s’est servi, il revendique la propriété du fait, jurant ses grands dieux qu’il a été le seul témoin de l’aventure. On confronte alors nos deux historiens. Le plagiaire garantit l’exactitude de son récit, l’inventeur déclare qu’il avait été calqué sur le sien et qu on lui avait volé son assassinat. Le plagiaire de repousser vigoureusement cette injure, et de prétendre qu il avait puisé ses documens aux meilleures sources. La querelle allait s’échauffer de plus en plus, quand le véritable plagiaire, emporte par la passion, mit fin au débat , en s’écriant : Misérable faussaire ! comment oses-tu dire que tu as été témoin de 1 assassinat, quand c’est moi, moi seul qui en suis l’inventeur? »
INous avons dit plus haut que le Times se tire à raison de 4>ooo mille exemplaires par heure. Cette vitesse est vingt fois plus grande que celle ù
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laquelle on pouvait atteindre il y a i5 ans, où la meilleure presse ne tirait que 200 exemplaires par heure.
On a calculé que, pour transcrire à la main un numéro du Times, il faudrait six journées consécutives de travail du copiste le plus expéditif. Ce journal se publie à io,oooexemplaires; donc il faudrait 60,000 personnes pour copier dans un jour ce qu’il émet quotidiennement. Une seule presse à vapeur accomplit cette tâche en une heure avec 24 personnes. La puissance des arts est devenue telle qu’aujourd’hui un seul homme peut exécuter ce que cent mille n’auraient pu faire il y cent ans.
Une rapidité analogue, s’il est possible, existe dans la distribution ou Tenvoi des journaux du matin; mais ce que nous devons en dire s’appliquant de même aux journaux du soir, nous y reviendrons après avoir traité de ceux-ci.
Le plus répandu des journaux du soir est le Globe, dont la valeur paraît être de cinquante mille livres sterling. Celle du Courrier est encore plus considérable , quoique ses lecteurs soient moins nombreux. La raison est qu’il a bien plus d’annonces, et que les annonces se paient fort cher. On porte la valeur du Courrier à quatrevingt-dix mille livres sterling. Le Sun ou Soleil présente un capital de quatorze mille livres sterling. Ce journal a, comme le Globe, une couleur
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libérale. Le Stendart ou \ Etendard est le jour-
nal du haut-clergé, et le Star ou \ Etoile celui du bas-peuple.
Les dépenses d’un journal du soir sont beaucoup moins considérables que celles d’un journal du matin. Les six de ce genre, qui s’impriment à Londres, ne tirent pas, réunis, plus que le Times lui seul; et encore, parmi ces six journaux, le Globe et le Courrier enlèvent-ils la plus grande partie des souscripteurs. Néanmoins, chaque journal du soir a son éditeur, son sous-éditeur et trois ou quatre rédacteurs chargés de rendre compte des débats judiciaires. En général, ces feuilles sont les premières à donner les nouvelles du dehors. Pendant la durée des sessions du Parlement, le compte des séances est donné à six heures et demie, de sorte que, par le moyen de la poste, on peut, à une distance de cent milles ou trente-trois lieues de la capitale, avoir à son déjeuner un journal qui contient le récit de ce qui s’est passé au Parlement deux heures après l’ouverture de la séance. Dans quelques circonstances de haut intérêt, la presse d’un journal du soir a été en mouvement jusqu’à onze heures du soir, et un certain nombre d’exemplaires contenant sept ou huit colonnes de discussion, a été expédié par exprès vers les points les plus éloignés du royaume. Au moyen de ces exfiiès, quelques-uns des journaux du soir ob-
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tiennent en quelques heures une incroyable rapidité. Le Courriel' ^\. le 'Szz/z ont quelquefois donné le discours d’ouverture du roi de France trentesix ou trente-sept heures après que leurs agens en avaient eu connaissance à Paris.
Un fait encore plus frappant réclame ici sa place. A l’époque où les affaires de l’Amérique du sud intéressaient si vivement la nation anglaise, un vaisseau arrive à Liverpool avec des lettres qui contenaient la nouvelle d’une victoire de Bolivar. Aussitôt que le vaisseau fut signalé, l’agent expédia un bateau pour recevoir les dépêches : celles de Londres furent expédiées par un exprès, et arrivèrent à une heure et demie le lendemain. Elles furent communiquées au Globe j et, à trois heures et demie, le banquier à qui elles avaient été ad cessées, reçut dans la Cité un numéro du journal qui en donnait la traduction. Un quartd’iieure après, le courrier qui les avait apportées de Liverpool à Londres repartit pour Liverpool, avec un numéro du journal de Londres, et le jour suivant, à onze heures, l’agent de Liverpool l’avait déjà reçu. Comme dans cet intervalle, le vent n’avait pas été favorable au vaisseau porteur des nouvelles d’Amérique, et qu’il n’avait pu entrer dans le port, les habitans de Liverpool reçurent de Londres, qui en est à 90 lieues, la première nouvelle de la bataille, une heure avant
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l’entrée du vaisseau qui l’avait apportée. Enfin, lorsque l’empereur de Russie, en i8i4î visita Oxford, à 20 lieues de Londres, la nouvelle de son arrivée fut envoyée le soir, par un exprès, a un journal du matin 5 l’empereur trouva sur sa table le récit de sa visite de la veille.
Les propriétaires du Globe et du Courrier partagent un dividende de 145OOO livres sterling par an, ce qui est environ 20 pour 0/0 sur les capitaux engagés. Ces capitaux sont fournis par des particuliers qui, en général, s’inquiètent peu de l’administration dujournal, pourvuqueleurdividende ne subissse pas de diminution 5 il faut pour cela une circulation d’aumoins 2000 exemplaires. Cependant un des propriétaires, afin d’obéir à un acte du Parlement, est tenu de faire enregistrer au bureau du timbre son nom avec ceux de l’é diteur et de l’imprimeur. Lorsque cet enregistrement a eu lieu, le propriétaire jure qu’il est en effet investi de la propriété, et l’on ne fait aucune recherche pour s’assurer si quelquefois il ne serait pas un homme de paille. Au reste, le caractère général des journaux anglais est honorable. Chez eux la probité est la règle, la vénalité l’exception.
Il ne faut pas perdre de vue, cependant, que le journalisme n’est point une profession, mais un commerce. On s’associe pour faire un journal et en retirer de grands profils, comme des capitalistes
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s’associent pour entreprendre le péage d’un pont, d’une route ou d’un canal. 11 s’agit moins de talent et de principes que d’argent, de capitaux et de moyens de les multiplier. Pour cela on s’adresse aux passions, on soutient un parti, aux dépens de sa conscience. Combien de journaux passent brusquement d’un camp à l’autre, sans changer ni de propriétaires ni de rédacteurs! Il ne faut point aller en Angleterre pour avoir quelquefois des exemples de ce genre.
Après avoir indiqué à l’attention les journaux quotidiens, passons aux feuilles hebdomaires.
Les feuilles qui se publient à la fin delasemaine, et qu’on appelle hebdoniaires y mot tiré du grec té’cTû/xoç, septième, paraissent, comme on l’a vu plus haut, les unes les samedi, d’autres le dimanche, d’autres le lundi, ou le mercredi ou le jeudi.
Les journaux du dimanche le plus en vogue, sont V^tlaSy journal rédigé avec indépendance, qui eut d’abord un format énorme, et qui ensuite a pris l’in-Zj.'’^ V^geon le Siècle, journal favori des clubs et vivant de personnalités ou d’indécences; JdeLV s IS^Iessenger ow le Messager de Bell, grand spéculateur de journaux; V Englishman ou l’Anglais; V Obserçer on l’Observateur; XeSiniday-Times ouleTems du dimanche, qui suit les principes du whigisme; le TE^echly- 'Tims ou le Teins de la semaine, etc. Les journaux du samedi sont
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le Farmer^s journal ou Jouriud du Feruuer, et le Cüunty Chronicle ou la CdironicleduComtc. L’^- Z/z^/zcez/w paraît le mercredi; le Faw -Chronicle ou la Chronicle de la Loi, et le Law-^dvertiser ou le Moniteur de la Loi, se publient le jeudi; tandis que la Literary Gazette ou Gazette Littéraire, journal fort estimé; le Court journal ou Journal de la Cour; Cobbetf s Register ou le Pvegistre de Cobbett, paraissent le samedi. Le but unique de la Gazette littéraire semble être, suivant une revue anglaise, de prêter une vogue d’emprunt à telle publication et de détruire ou d’entraver le succès de telle autre.
Les risques auxquels peut être exposé un journal hebdomadaire, sont peu de chose en comparaison de ceux des feuilles quotidiennes. Un journal quotidien, quel que soit le talent qui préside à sa rédaction, doit avoir à supporter pendant long-tems une perte de plus de cent livres sterling par semaine, s’il ne recule pas devant les dépenses extraordinaires qui seules peuvent assurer sa durée et son succès. Un journal du dimanche peut, au contraire, être créé d’un jour à l’autre, sans exiger beaucop de dépense. Les frais annuels d’un Ijon journal hebdomadaire peuvent être restreints à vingt livres sterling ou cinq cents francs, et l’on a vu des exemples d’un bénéfice de cent mille francs dans la première année. Le «Jo/zzz-
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J^uLL fut dans ce cas, et le journal de J^elL se tire à plus de vingt mille exemplaires. Ce dernier journal ( the Bell’s life in London), s’adresse spécialement aux boxeurs, aux parieurs, aux joueurs, à ce qu’on appelle en Angleterre le ring et le turf (i).
Le samedi et le dimanche il s’imprime à Londres plus de cent mille exemplaires de feuilles hebdomadaires, sans compter celles du lundi, du mercredi et du Jeudi. Les sommes que le gouvernement reçoit de tous ces journaux, pour les droits de timbre et le droit sur les annonces, ainsi que pour le droit d’excise sur le papier, approche de cent mille livres sterling, ou 2,5oo,ooo fr.
Presque tous les journaux qui paraissent le dimanche professent des opinions libérales. Trois seulement, John - Bull, Vudge et le Journal de Bell, sont manifestement ultras. Ces feuilles du dimanche sont surtout répandues dans les classes moyennes et inférieures de la société. Nous avons à Paris deux feuilles de ce genre, le Bon- Se?is,
(i) On appelle the ring (Tanneau) ceux qui s’occupent spécialement de l’ai't de boxer, et qui parient pour tel ou tel boxeur fameux; et the turf (la pelouse) ceux qui s’occupent des courses de chevaux. Tous ont coutume de se réunir dans les Jlash houses, tavernes où se dépense le produit des paris ou des vols commis sur les badauds et les spectateurs.
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journal d’opposition, et le Dimanche, ou le Sens- Commun, journal ministeriel.
U Examiner et X jitlas renferment liabiluellement d’excellentes critiques sur le théâtre. Le John-Bull et XAge ne manquent ni de trait ni de brillant. Tous, au surplus, remplissent bien leur objet* ils exercent une grande influence sur la masse des lecteurs. Le nombre total des exemplaires des journaux hebdomadaires est de plus de cent mille, et il s’accroît encore à mesure que le besoin de l’instruction s’augmente. Il n’y a point d’homme sachant lire, qui, en allant dans une taverne ou un café de Londres, ne demande en même tems un journal. Le nombre d’exemplaires des six journaux du- matin est, comme nous l’avons dit, de 28,000, et chaque exemplaire est lu par trente personnes au moins. Le nombre d’exemplaires des journaux du soir est de 10 à 1 1,000. Ainsi, le total des exemplaires quotidiens étant de 38 à 89,000, et le terme moyen des lecteurs de trente par chacun, il en résulte que chaque jour plus de 11,000 lecteurs sont au courant des nouvelles du mutin et du soir, dans la ville de Londres. Les divers journaux politiques et scientifiques ou religieux, réunis, donnent une masse de plus de 800,000 personnes sur i,5oo,ooo qui lisent les papiers publics de la métropole.
En jetant les yeux sur la liste des journaux qui
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s’impriment en Angleterre, on ne peut s’empêcher d’être vivement frappe de leur nombre, comparé avec la quotité de la population. Le nombre total des exemplaires de journaux qui paraissent dans la Grande-Bretagne durant la semaine, est d’environ 5oo,ooo , et la population des trois royaumes dépasse 28,000,000 d’habitans. Or, une circulation de 5oo,ooo journaux par semaine, donne un terme moyen de plus de ”'yo,ooo, ce qui établirait la proportion d’un journal par personnes. En déduisant les exemplaires qui s’expédient aux Indes orientales et occidentales, en Amérique et dans les autres parties du monde, nous aurons un Journal pour 4oo personnes, y
compris les enfans et les illettrés. Ce chiffre est
encore bien plus élevé aux Etats-Unis, où il paraît plus de 800 journaux, dont 5o quotidiens, pour une population de 12,000,000 d’individus. Une revue a établi le calcul suivant pour les journaux des deux pays.
La totalité du tirage des journaux de la Grande- Bretagne est de 2y,82'y,ooo exemplaires, ce qui donne un terme moyen de i,ioo exemplaires par chaque journal, le nombre des journaux étant
calculé à 334, dont 20 quotidiens. Aux Etats- Unis, en supposant le tirage moyen à 1,000 exemplaires, on a, pour 55o journaux hebdomadaires, un tirage annuel de 28,000,000 d’exemplaires;
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pour 200 journaux semi - lielidomadaires, un tirage annuel de 20,800,000 exemplaires^ et pour 5o journaux quotidiens, un tirage annuel de 3 5,600,000 exemplaires : ce qui fait un total de 6/j,4oo,ooo exemplaires.
Il s’imprime donc aux Etats-Unis deux fois et demi autant de journaux que dans la Gi-ande-
Bretagne, qui a une population double; et un mil-
lion d’iiabitansaux Etats-Unis d’Amérique, achète cinq fois autant de journaux qu’un million d’habitansdans les lies britanniques. 11 est vrai qu’aux États-Unis la population est généralement bien moins agglomérée qu’en Angleterre; car 1,000 personnes occupent à elles seules autant de terrain que 10,000 en Angleterre. D’ailleurs, la presse périodique est beaucoup plus favorisée aux États- Unis, en ceque tous lesjournaux sont affranchis du timbre et peuvent s’élever et se multiplier à bien moins de frais, n’ayant pas besoin d’un aussi grand nombre d’abonnés ou d’acheteurs pour se soutenir. Peu de journaux en Amérique ont plus de i,3oo abonnés; il n’y en a que trois qui en aient au-delà de 4jOoo.
En Angleterre les journaux politiques ne se soutiennent que par les annonces; celles de i83o ont été, pour l’Angleterre proprement dite, de 781,908; pour l’Ecosse, de 10 1,1 o3; et pour l’Irlande, de 209,840 : total 1,092,850 annonces.
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Malgré le droit de fisc, et proportion gardée, elles coûtent moins cher qu’en France.
Parmi les journaux hebdomadaires de Londres, il en est qui sont purement littéraires, comme la Gazette littéraire, la TV eccldy review et \ Atlienœum, journaux que nous avons déjà nommés. Le premier est le plus répandu; il penche plutôt pour le torysme ou l’aristoci’atie, qu’aux idées libérales; bien qu’il n’allecte pas de couleur politique, il jouit depuis long-tems de la faveur publique. L’entreprise a un bénéfice annuel de près de 5,000 liv. sterling. La TVecclcly review s’interdit toute discussion politique; elle est d’une date plus récente, maiselleobtient unsuccèsprogressif. \J Athenœum donne, à la plupart de ses articles, une teinte libérale très-prononcée, et la physionomie du journal, pris dans son ensemble, est fort libérale.
Si nous voulions rapprocher les journaux de Londres et de Paris, nous trouverions que Paris a maintenant 1 2 journaux du matin, et Londres 6; que Londres a six journaux du soir, et Paris trois seulement; que Londres a une vingtaine de feuilles licbdomadaires, lorsque Paris n’en a que 5 ou 6; mais que Paris a 4 ou 5 petits journaux du matin pour les spectacles, quand Londres n’en a aucun. A Londres il ne se publie quotidiennement d’ordinaire aucun journal français, lorsque Paris a un journal anglais.
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Il nous reste à parler des publications mensuelles et trimestrielles qui paraissent à Londres sous les titres de revues ou magasins, mais que nous rangerons sous le titre unique de revues.