I.ONDRES
3oi)
(le littérature, ùe sciences et d’arts, où W alter- Scolt a souvent dépose des articles, car il s’imprime à Éclimbourg; lo® le Metropolitan~Maga~ zine, fonde en i832, par Thomas Campbell, et dirigé maintenant par le capitaine Marr^att, romancier maritime.
Voilà les principales revues mensuelles publiées ou accréditées à Londresj voyons les revues trimestrielles.
KEVUES TRIxHESTRIELLES.
Ces publications, à plus longs intervalles, et dont chaque article est pour ainsi dire un ouvrage, sont très- recherchées en Angleterre, parce ([uc souvent, pour la masse des lecteurs, elles y tiennent lieu des livres mêmes qu’elles analysent, et parce que les collaborateurs de ces grands recueils, étant presque tous des hommes d’une haute capacité, inspirent beaucoup de confiance, parce que leurs opinions ont été lentement mûries dans le silence du cabinet.
Les trois principales revues trimestrielles de Londres sont la Quarterly-Review, ou Revue trimestrielle, rédigée dans un esprit tory ou royaliste 5 V Edimburgh - Review, ou Revue d’Edimbourg, qui lui est opposée, et qui a une couleur whig ou libérale^ et la Jd^estminster-Review ^ ou.
3io
LONDRES
Revue de Westminster, qui affecte un système radical et quelquefois républicain.
La Quarterly - Review , dont l’éditeur est le riche libraire Murray, a pour rédacteurs des hommes habiles, très-bien payés et prenant tout leur tems pour bien faire. Les articles sortis de leurs mains sont de véritables productions d’artistes. Si l’on y trouve rarement une haute éloquence, une raison forte, la phrase est toujours élégante et sonore; si elle manque de profondeur, elle n’est jamais dépourvue de clarté; et si après avoir lu l’article, le lecteur n’en est guère plus instruit, il est du moins forcé de convenir que la route par laquelle on l’a conduit était régulière, méthodique et facile. Les profits nets et annuels de cette revue excèdent 200,000 francs.
U Edimbui'gh Review f ou Revue d’Edimbourg, dans laquelle le fameux Brougham et le savant Makintosh déposent fréquemment des articles, contient habituellement des morceaux remplis d’une logique serrée et parfois d’une haute éloquence. Ce recueil est écrit dans un sens diamétralement contraire au précédent; mais ses rédacteurs travaillent isolément et n’obtiennent que des succès en quelque sorte individuels, tandis que ceux de l’autre agissent en corps et sont forts par leur masse.
Les rédacteui's de la ?stminster -Review ont
LONDRES
3ii
tous des idées fortes et arrêtées, une diction énergique, mais un mélange d’opimâtreté et d’amertume. Ils professent des opinions particulières, et la dialectique vigoureuse dont ils font usage, les rend redoutables. Ce qui les distingue de leurs confrères de la Revue d’Edimbourg, c’est qu’ils ont un système bon ou mauvais, mais complet dans toutes ses parties, bien déduit, divisé et subdivisé selon les règles de la plus rigoureuse logique. La Revue d’Edimbourg n’a que des maximes sages ou frivoles, vides ou ingénieuses, souvent aussi très- vivement colorées par une imagination facile, et produites avec enthousiasme et éloquence. Les rédacteurs de la Revue de Westminster, au contraire , sont dépourvus de cette imagination qui distingue leurs émules; ils ont, en revanche, de la pénétration, de la logique, de l’énergie. Chez eux les forts soutiennent le système, et le système donne de la force aux faibles.
Après ces trois colosses littéraires ou scientifiques, nous ne sigiialerons plus que deux autres recueils, la F oreign- Quar ter Ij- Review, ou Revue trimestrielle étrangère, qui analyse les ouvrages marquans publiés hors de l’Angleterre, et qui est rédigée dans un esprit cosmopolite; et \Ediinburgh- Journal of Sciences, ou Journal des Sciences, publié à Edimbourg, recueil qui sc distingue par une rédaction savante et conscien-
LONDRES
cieuse, et par un choix judicieux de matériaux.
ÎNolis ii’avons point compris dans cette énumérallon de journaux et de revues^ les recueils spéciaux consacrés aux travaux religieux, médicaux, technologiques, philantropiques et autres; recueils dont le nombre, quoique infini, répond toujours à quelque besoin, tant les diflerentes classes de la société anglaise recherchent l’instruction.
Cette instruction est néanmoins plus accessible en France qu’en Angleterre aux classes moyennes, parce qu’en France la griffe du timbre ne stigmatise que les journaux; que le papier n’est grevé d’aucun impôt, et que les annonces ne sont point surtaxées. Les recueils périodiques sur les sciences, les lettres et les arts sont répandus en France avec une merveilleuse profusion ; la littérature mensuelle, la médecine, la jurisprudence, la chimie, la physique, la peinture, ont des journaux ou recueils particuliers, qui n’auraient pu se poursuivre en Angleterre avec de telles subdivisions, à cause des taxes énormes qui les attendent. En France, grâce à cette absence de taxes, il a paru des journaux à 12 fr., à 6 fr., et même à 4 f^’* par année. C’est à ce grand nombre de recueils à bon marclié, rais en circulation, qu’il faut attribuer la différence de caractère entre les classes industrieuses de la France et de la Grande-Bretagne. Nous retrouverons plus d’un exemple de
LONDRES. 3l3
celte clilférciice clans le chapitre suivant, où l’in- (lustrie anglaise passera sous nos yeux, et où lîous verrons l’artisan britannique bien plus irascible, bien plus adonne à l’ivresse que l’ouvrier français.
LONDRES
CIIAPITKE Y.
INDUSTBIE ET COMMERCE.
Richesse agricole ou territoriale; Richesse industrielle ou commerciale. Cotou; Soieries; Laines; Sucre; The'; Café; Fers; Houilles; Chemins de fer; Voitures à vapeur; Omnibus a vapeur a Londres; Diligences ordinaires; Caisses d’épargne; Bassins ou Docks ; Bazars; Boutiques et Marchés de Londres; Commerce des Livres.
Industry is the clistinguishing qualily of thc ciigiisîi ualiou , the geuious to wliom shc owcs ber weallh, grandeur and power.
L’indu.strie est la qualité distiuclive de la nation anglaise, le génie auquel elle doit sa richesse, sa crandeur, sa puissance.
Bulweu.
L’industrie commerciale est la source Ju pouvoir britannique. C’est par elle qu’une nation resserrée clans une île peu considérable, avec une vingtaine de millions d’babitans, s’est élevée à un si baul rang, et a fini par commander à plus de cent millions d’individus épars sur tous les points les plus reculés du globe. Son commerce extérieur a pris un développement qui semble tenir du pro-
LÜNDllKS.
di"e. Il n’est pas une rivière, pas un fleuve, pas une mer qui ne soient sillonnes par quelque navire anglais, et pas une seule contrée, pas une île, pas un continent avec lesquels les marchands de Londres n’entretiennent des relations. Les produits de son industrie sont aujourd’hui répandus en Asie, en Afrique, en Amérique et dans l’Océanie, avec une profusion toute merveilleuse, et les échanges elFectués avec les divers pa}^^ quatre parties du monde, ainsi que de l’Europe continentale, sont devenus tellement considérables, qu’il n’y a pas une cité, un village, un hameau, une chaumière du royaume-uni qui ne puisse en étaler quelque preuve, comme des jarres de porcelaine chinoise, des peaux de daims du Labrador, des queues de kangaious de la Nouvelle-Hollande, et des calebasses de Nigritie. La Tamise est sans cesse encombrée de vaisseaux qui reviennent de mille, deux mille, ou trois mille lieues, chargés de richesses étrangères qu’ils ont échangées contre les articles de fabrication nationale. Chaque marée montante ou descendante amène au port de Londres ou pousse vers l’Océan près de huit mille tonneaux de marchandises dont la valeur annuelle dépasse quatre millions de tonneaux. La valeur des exportations d’objets manufacturés excède annuellement soixante millions de livres sterling, ou un milliard cinq cent mil-
LONDRES
lions de francs, et la valeur des importations est de près de cinquante millions de livres sterling, ou un milliard deux cent cinquante millions de francs, pour les trois royaumes-unis.
Yoici la proportion dans laquelle chaque pays a part à cette distribution commerciale de l’industrie anglaise, d’après les chilfres de 1882, en nombres ronds. Nous devons ici déclarer à l’avance que nous olFrons les appréciations pour toute la Grande-Bretagne réunie j car il nous serait difficile de faire la part exclusive de Londresj et dans ce chapitre, sur l’industrie et le commerce, nous embrasserons plus souvent des résultats généraux que des données locales.
Pays.
Iniporlalions.
ExporLaüons.