CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
De Teboursouk aux ruines d*Aïn-Tunga. — Description de cet bencliîr, le municipium Tliignica de Tantiquité.
26 juin.
 une heure trente minutes du matin, nous quittons Teboursouk, accompagnés des six hambas dont m'avait parlé le khalife. Le firmament est comme diaphane, et les étoiles éclairent notre marche. Au lever de l'aurore, nous atteignons les bords de l'oued Khallad, dont nous côtoyons quelque temps les rives sauvages et pittoresques dans une vallée que resserrent deux chaînes parallèles de montagnes. Nous franchissons ensuite cet oued, et vers quatre heures du matin nous gravissons une sorte de gorge appelée Fedj-er-Rih (le passage du vent). C'est là que, trois jours auparavant, a été arrêtée et pillée la caravane en question .
A quatre heures trente minutes, les hambas se séparent de nous pour tâcher de surprendre dans un petit douar voisin les Arabes qui leur avaient été signalés comme comphces des brigands par lesquels ce coup de main avait été exécuté. Bientôt après, nous entendons retentir des cris tumultueux, et nous apercevons des femmes et des enfants qui fuient éperdus. C'est un sauve qui peut général. Au milieu d'un vacarme effroyable, les hambas finissent par saisir et garrotter l'un des malfaiteurs. Pour nous, nous poursuivons notre route. A cinq heures, nous fieiisons halte sous un magnifique peuplier qui ombrage l'Aïn-Tunga. Je commence aussitôt avec Malaspina l'exploration de cet henchir important.
Ces ruines couvrent un espace considérable : elles s'étendent au sommet, sur les pentes et au bas de plusieurs collines. On remarque d'abord une grande enceinte construite avec des matériaux antiques de toutes sortes et qui est très-probablement byzantine. C'est une citadelle formant un carré