‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 125 sur 284 · CHAPITRE VINGTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGTIÈME

lait le franchir nécessairement pour pénétrer dans la ville; c'est ce qui fait que les Arabes avaient donné à cetle-ci le nom de Medjez-el-Bab (le passage de la porte), nom qui n'a plus de sens depuis que le pont romain est détruit et que l'on ne passe plus par là pour entrer dans la ville.

De ce pont y qui était dans l'axe même de la porte, on ne distingue plus que de feibles vestiges au milieu de l'ancien lit du fleuve, qui depuis longtemps l'a abandonné pour s'en creuser un second que traverse le pont moderne.

Ce dernier a huit arches, et est justement regardé comme l'un des ouvrages les plus considérables qui aient été exécutés en Tunisie depuis un siècle et demi. Sa longueur est de deux cents pas. Malheureusement, pour le construire, on s'est servi des plus beaux matériaux qui subsistaient de la ville antique, et l'on a achevé d'en faire disparaître les débris les plus intéressants.

Sous l'une des arches on distingue un cippe qui y a été encastré. Ce cippe est orné de la figure d'un personnage revêtu de la toge; au bas est l'épitaphe suivante :

D (^ M P^ S P^ ANNAEVS • SA TVRNINVSAPPEL LIANVSVIXAN NISXXXIHSE {Estampage.)

Sous une autre arche, j'ai découvert une inscription plus importante, en faisant pratiquer quelques fouilles pour débarrasser l'une des dernières assises de la quatrième pile. Cette pile était à sec, les eaux du fleuve étant alors fort

* Peyssonnel, p. 142. — S. Grenv. Temple, t. II, p. 307, n*> 16. — Pellissier, Bev. archéoL, t. IV, p. 401 . — Berbrngger, Rev. afnc, t. I, p. 389.

basses. En l'examinant, j avais remarqué à l'un de ses angles

un magnifique bloc enfoui dans le limon , et dont la partie

visible ne laissait apercevoir que deux mots. L'ayant dégagé

tout entier, je lus les cinq lignes que voici , gravées en gros .

caractères :

SALVTE IMPCAESM ANTON HERMARVM CERTATIM SINGVLO ITNAE APODYTERIVM ET SERV STRVXIT MARMORIBVS COLVMNI RVM RERVM DEDICATIONEM

Ce fragment épigraphique , tout incomplet qu'il est, nous apprend néanmoins que dans la ville qui nous occupe en ce moment les Romains avaient construit des thermes décorés de marbres et de colonnes, et cette simple donnée nous révèle quelque chose de l'antique magnificence de cette cité, actuellement si délabrée et si misérable.

A quelques pas de ce même pont, sur la rive gauche du fleuve, un superbe bloc, étendu à terre comme une dalle, présente les caractères suivants :

INTER EXÔR . . MO PER S . . . ERECTV ORATO ET CAELIO SPERANTIO FLAMINE

Hauteur des caractères à la première ligne, seize centimètres , et à la seconde , onze centimètres.

Dans l'intérieur de la ville, je n'ai trouvé qu'une seule inscription ; elle couvre un gros bloc servant actuellement de banc dans une rue , et dont la surface a été usée par le frottement; aussi, sur les vingt et une lignes dont cette inscription se compose , il en est plusieurs qui sont presque totalement effacées; d'autres sont très-difficiles à déchiffrer; le commencement seul se lit aisément :

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