CHAPITRE TREIZIÈME
Tunisie. II renferme quinze cents habitants. Situé dans une contrée fertile, il est entouré de superbes plantations d'oliviers et de vergers délicieux. Le scheik, d'une taille athlétique, d'une BfpjLve noble et expressive, passe pour être l'un des plus beaux hommes de la Régence. J'apprends de sa bouche qu'à vingt minutes à peine de distance , près du petit village de Maamoura , se trouvent des cavernes fort intéressantes. Je m'y rends aussitôt avec un guide.
Ces cavernes ne sont autre chose que d'anciennes car* rières. Les premières que je visite portent dans le pays le nom de Rhiran-el-Kessab ; elles sont à ciel ouvert et creusées dans un tuf assez tendre.
Non loin de là, d'autres excavations plus curieuses me sont désignées sous la dénomination de Rhiran-bou-Salah. En descendant dans l'espèce de vaste bassin qu'elles forment, je remarque à droite et à gauche de nombreuses grottes sépulcrales, pratiquées ultérieurement, mais à une époque encore fort reculée, dans les flancs de cette antique carrière. Ce sont autant de tombeaux de famille. Ils se composent, pour la plupart, d'un vestibule, d'une chambre principale et de deux cabinets ou couloirs latéraux. Les parois intérieures de ces grottes gardent encore en beaucoup d'endroits les traces très-visibles de l'enduit rougeâtre dont on les avait revêtues.
Ces carrières et cette nécropole appartenaient à une petite ville qui s'étendait jusqu'à la mer, et dont les débris trèsconius jonchent plusieurs champs cultivés. Une crique peu étendue servait de port naturel à cet établissement maritime, fondé sans doute par les Carthaginois, et dont le nom primitif s'est perdu. Les ruines qui en subsistent s'appellent actuellement Henchir-Maamoura , du nom du village le plus rapproché.
De retour à Beni-Kriar, nous y faisons halte jusqu'à trois heures de l'après-midi.
Nous poursuivons alors notre marche vers Nabel. Nous cheminons entre de riches jardins qui dépendent de Beni- Kriar et sont cultivés avec soin. Le sol en est sablonneux; mais, au moyen d'irrigations fréquentes, il devient extrêmement productif.
 trois heures quinze minutes , nous franchissons un oued très-large et peu profond. Il est actuellement sans eau et s'appelle Oued-Nabel. Au delà de ce torrent commencent les jardins de la ville de ce nom. On y admire de magnifiques oliviers, un grand nombre de figuiers et divers autres arbres fruitiers d'une belle venue.
A quatre heures, nous atteignons la cité que ces vergers précèdent.