‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 179 sur 284 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

qui s'y est fixé avec sa famille pour y rétablir la santé d'un de ses fils, gpravement altérée et à laquelle le climat de Nabel a été extrêmement salutaire. M. J. Sheridan Lusco, c'est le nom de ce médecin européen, me rencontre dans une rue et m'offre obligeamment de faire avec moi le tour de la ville. Nous visitons ensemble plusieurs fabriques de poterie. Cette industrie y est efTectivement florissante, et cela probablement de temps immémorial ; car l'emplacement de la ville antique est semé d'une si grande quantité de fragments de poterie, qu'on peut supposer, non sans raison, qu'à Neapolis comme dans la moderne Nabel, ce métier était en honneur et formait l'une des principales ressources des habitants.

On façonne également dans cette localité de belles étoffes de laine et des couvertures estimées.

Les jardins environnants abondent en fruits de toutes sortes. On y cultive aussi des jasmins et des roses dont les parfums, se mêlant à ceux des orangers, embaument l'air de leurs suaves émanations.

28 juillet.

Je pars à cinq heures du matin avec Malaspina et l'un des chaouchs du khalife de Nabel pour aller visiter les ruines de Nabel -Kedim, situées à vingt minutes au sud de la ville actuelle.

A cinq heures quinze minutes, nous traversons un oued fort large appelé Oued-Sohir. Son lit est peu profond, et, à cause de la faible élévation des berges, ce torrent, à sec pendant l'été, exerce souvent en hiver de grands ravages dans les jardins qui bordent son cours, en déversant un sable stérile sur le sol fécond qu'il envahit.

Bientôt après, nous sonunes sur l'emplacement de Neapolis. Cet emplacement a retenu parmi les habitants le nom de Nabel- Kedim ou Nabel l'Ancienne. Il est inutile de faire observer l'identité des deux mots Nabel et Neapolis, le pre-

2i8 VOYAGE EN TUNISIE.

mier n'étant qu'une simple altération du second, altération due au génie même de la langue arabe.

Les ruines de la cité antique ont presque entièrement disparu, ou du moins les meilleurs matériaux des constructions carthaginoises et romaines ont été transportés à l'endroit où s'est élevée la cité musulmane. C'est ainsi que la trace de ses édifices s'est de plus en plus effacée; puis, l'enceinte qu'elle occupait a été livrée à la charrue, et, à la place de ses maisons démolies et de ses monuments arrachés jusque dans leurs fondements, croissent de magnifiques vergers ou s'étendent de beaux champs de blé, de maïs et de millet. Seulement d'innombrables débris de poterie concassée jonchent partout le sol. Son port est comblé, et les quais qui le bordaient sont ensevelis sous des dunes de sable.

En explorant néanmoins avec soin le terrain qu'elle couvrait, j'ai recueilli les inscriptions suivantes, les unes déjà connues, les autres inédites.

Sur un piédestal brisé, près de la route qui conduit de Nabel à Nabel-Kedim :

SALVIS DDNN PROCONSSMARI ...

VINDICI VCVSI . . .

ARIVS RVSTICV . . .

PET NAVSECVNDO

Le reste manque.

{Estampage.) * S. Grenr. Temple, t. II, p. 303, n« 4.

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