‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 181 sur 284 · CHAPITRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATORZIÈME

Sur un bloc identique au dernier et lui faisant vis-à-vis dans le pilier correspondant de la même arcade :

Q • COELIVS LAETI (? F •

LAETVS ET

M-CAELIVS SYLLAE F-

PACATVSf^AED •

SVPER • QVANTITATEM

EXMVLTISREDACTAMALTE

RATANTADESVOEROGATA

PECVN lA POSVERVNT

LDDD (Estampage.)

Sur un piédestal encastré dans la construction de la voûte

déjà citée :

IMPCAESARi

MAVRELIO KAR- PIO FELICI AVG • PONTMAXTRIBP COSPPPROCCOL- IVLNEAPDEVOT- N V M I N i E I V S {Estampage.)

« S. GrenT. Temple, t. II, p. 303, o» 5. — Pellissier, p. Ml. — Berbragger, Bev. a/ric, t. II, p. 391.

> S. GienT. Temple, t. II, p. 303, n<> 7.

Cette inscription importante , dont les deux premières lignes seules avaient été copiées par S. Grenville Temple , renferme, comme on le voit, à la fin le nom antique et complet de Nabel-Kedim. COLIVLNEAP- (colonia Julia Neapolis). Quand je dis le nom antique, je veux dire celui par lequel les Grecs, puis les Romains, ont désigné cette ville. Car, ayant été fondée primitivement par des Phéniciens, elle dut avoir, dans le principe , une dénomination phénicienne qui s'est ensuite perdue , et dont le nom grec Neapolis n'est peut-être qu'une simple traduction , à moins qu'on ne suppose que ce nom grec, qui signifie la ville neuve, indique une reconstruction , et qu'avant d'être rebâtie , cette cité portait une dénomination phénicienne toute différente, dont le terme grec Neapolis ne serait nullement la reproduction.

Quoi qu'il en soit, il est déjà question de Neapolis dans le Périple de Scylax '. Nous la voyons plus tard mentionnée par Diodore de Sicile', à propos de l'expédition d'Agathocle dans l'Afrique carthaginoise. Ce prince s'empara de cette ville l'an 309 avant Jésus-Christ. Strabon *, par une erreur qui a été déjà plusieurs fois relevée, la rapproche trop du promontoire Mercure, en la plaçant au nord d'Aspis, tandis qu'au contraire elle était bien au sud de ceUe-ci. Pline la cite, immédiatement après Curubis, parmi les villes libres. Dans Ptoléméé, elle a le titre de colonie, qualification que confirme l'inscription précédente. A l'époque chrétienne*, eUe devint le siège d'un évêché. Détruite par les Arabes, probablement, elle fut ensuite rebâtie par eux à deux kilomètres environ de la mer et de l'emplacement qu'elle occupait auparavant.

De retour à Nabel, j'obtiens du khalife la permission de

* Scylax, p. 49.

» Diod.,XX, 17

3 Strab., XVII,p. 1191.

^ MorcelU, Africa christiana, t. I, p. 241.

Page 1