CHAPITRE QUINZIÈME
nous savons par Léon rAfricain ' et par Marmol ' que la fondation de cette ville ne remonte qu'au commencement du seizième siècle et qu'elle est due aux princes de Tunis.
Vers le nord et vers l'ouest s'étendent, extérieurement, de grands cimetières ombragés, çà et là, par de vieux caroubiers. Au sud, les vagues de la mer viennent battre le pied des remparts; au sud-est et à l'est, ils sont assiégés par des flots de sable que les vents poussent et accumulent incessamment de ce côté.
En pénétrant dans l'intérieur de la ville, j'observe que la plupart des rues et des ruelles qui y ont été tracées sont bordées de maisons en partie démolies , comme si elle avait été prise d'assaut et renversée par l'ennemi : aussi, je doute que la population totale y dépasse actuellement deux cents âmes.
En dehors de l'enceinte s'élèvent les coupoles de plusieurs santons. De beaux caroubiers les environnent et les protègent contre l'envahissement progressif du sable. Une zaouïa y est consacrée à Sidni-Aïssa. Le soir même de notre arrivée, la plupart des habitants s'y réunissent pour y célébrer, au son des tambourins et avec des chants bruyants, une fête religieuse dans laquelle ils s'animent peu à peu jusqu'au délire de la fureur.
Nous passons la nuit dans un fondouk peu éloigné des remparts. A quelque distance de ce fondouk en est un autre, aujourd'hui abandonné, à l'entrée duquel on lit, sur deux blocs encastrés dans les pieds-droits de la porte , les inscriptions qui suivent :
' Léo, p. 221.
3 Marmol, 1. VI, c. xxii.
Sur un autel antique :
V I C T R I A E ARMENIACAEPAR THICAEMEDICAE AVGVSTORVM
SACRVM CIVITASSIAGITA