‹ Voyage archéologique dans la régence de Tunis (volume 2)Chapitre 190 sur 284 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

l'antique Aphrodisium , et son ëloignement de III milles de rhenchir Souk-el-Abyâd que j'identifie avec Pudput, me paraissent répondre à la place marquée pour SiaguI et pour Siagu ; par conséquent ces deux dernières villes doivent être identifiées Tune avec l'autre et elles-mêmes avec l'henchir Kasr-ez-Zit. D'ailleurs, c'est à Kasr-ez-Zit qu'ont été, dit-on, trouvées les inscriptions qui se voient à Hammamet et dont l'une se termine par ces mots : CIVITAS SIAGITANA, et les deux autres par ceux-ci : CIVITAS SIAGITANORVM. Or qui ne reconnaît dans ces noms la Siagul de Ptolémée et la Siagu de la Table de Peutinger? Seulement, la lettre L dans Ptolémée paraît une adjonction erronée au mot SiaguI, et la véritable orthographe du nom de cette ville, comme le prouvent les trois inscriptions susdites, semble être soit Siagis, soit Siagu , d'où les Romains ont fait l'ethnique Siagitanus. L'histoire de cette petite ville est, du reste, complètement inconnue. A l'époque chrétienne, elle n'avait point d'évéché; du moins aucun évéque de ce nom n'est compris dans la liste des évéques de la province Proconsulaire.

A dix heures, nous abandonnons les ruines de Kasr-ez-Zit, pour nous diriger, au sud-sud-est, vers celles de Souk-el-Abyâd .

A dix heures dix minutes , nous traversons l'henchir El- Bir-m'ta-Kasr-ez-Zit. On y voit les vestiges d'un village antique; peut-être était-ce un faubourg de l'ancienne Siagu. Un puits antique y attire et y alimente les douars des environs.

A dix heures trente minutes, nous franchissons l'Oued-el- Batal ; son lit , actuellement à sec , est bordé de beaux lauriers-roses.

Nous retrouvons près de là la continuation de l'aqueduc dont j'ai déjà parlé. Un peu plus loin, un henchir peu important m'est désigné sous le nom d'Henchir-F6k-oued-el-Batal.

A onze heures, nous atteignons Souk-el-Abyâd. Cet henchir, d'une étendue assez considérable, couvre jusqu'au rivage les pentes doucement inclinées d'un plateau aujourd'hui en partie

cultivé. Tous les gros blocs qui jonchaient le sol ont été depuis longtemps transportés ailleurs et notamment à Hammamet : mais on heurte, à chaque pas, d'innombrables fragments de poterie brisée , et là où le terrain a été moin» déblayé, on rencontre des amas de décombres épars, provenant de maisons et d'édifices publics renversés. Ces derniers, ainsi que les demeures plus frêles des particuliers, ont été détruits jusque dans leurs fondements. On reconnaît néanmoins les contours d'un amphithéâtre dont l'arène me* surait environ cinquante-cinq pas de long sur quarante-cinq de large. Qu'on ajoute à cela cinq ou six citernes et plusieurs puits antiqujes, et l'on aura le résumé des faibles vestiges qu'offre cet henchir, qui me parait être la Putput de l'Itinéraire d'Antonin, la Pudput de la Table de Peutinger.

Cette ville, dans l'Itinéraire d'Antonin , est marquée comme étant à X milles de Yina, à XII milles de Neapolis et à XXX milles d'Horrea-Caeha. Or, la position de l'henchir Souk-el-Abyàd satisfait parfaitement k ces trois données. Cet henchir, en effet, est à X milles au sud-est de l'henchir El- Meden, où j'ai découvert les restes de Vina; à XII milles au sud-ouest de Nabel-Kedim , l'ancienne NeapoUs, et à XXX milles au nord d'Herglah, jadis Horrea-CaeUa.

Dans la Table de Peutinger, la distance qui s'étend entre Pudput et Neapolis est également de XII milles, et un intervalle de III milles seulement est indiqué comme séparant la première ville de Siagu : c'est précisément celui qui existe entre l'henchir Kasr^&-Zit ou Siagu et l'henchir Souk-el- Abyâd , où tout me porte à croire par conséquent qu'il faut placer Putput ou Pudput. Quelques éditions de la Table de Peutinger portent Pupput, ce qui est peut-être la véritable orthographe; car, parmi les évêques de la province Proconsulaire, il est fait mention d'un episcopus Puppùanus '.

^ RniiMurt, Bistorta persec. VandaL, p. fXH.

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