CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Description de l*Henclûr-el-Kasbah , l'ancienne Thuburbo-Majus.
Partis à midi de l'henchir Bir-Magra , nous nous dirigeons, au nord-nord-est, vers l'Henchir-el-Kasbah. Nous traversons une plaine nue et desséchée , où aucun arbre , aucun arbuste même ne se présente à notre vue. Elle est, du reste, naturellement très-fertile, et quand on la cultive elle se couvre de riches moissons.
A une heure quarante-cinq minutes , nous franchissons à gué l'oued Melian.
A deux heures, nous passons au pied d'une colline sur le haut de laquelle s'élève la koubba de Sidi-bou-Hamida.
A deux heures dix minutes, nous franchissons de nouveau, mais sur un pont récemment construit, le même oued MeUan qui serpente dans la plaine.
Cet oued, l'un des plus considérables de la Régence, est le même qui s'appelle tantôt Oued-el-Kebir, tantôt Oued-el- Melah, tantôt enfin Oued-MeUan; c'est, ainsi que je l'ai déjà dit, le Catada de Ptolémée.
Le pont que je viens de mentionner a cent pas de long sur douze de large. Construit avec des matériaux antiques
enlevés à l'Henchir-el-Kasbah, il date à peine de sept ans. Il n'a qu'une seule arche. Un ancien pont, actuellement écroulé , dont les débris gisent dans le lit de la rivière , avait été bâti par les Romains à deux cents pas de là en amont. Les berges, dans cette partie du parcours de l'oued, sont hautes et escarpées; sur certains points même, elles sont presque verticales.
Immédiatement au delà du pont moderne est un fondouk où nous faisons halte, et bientôt après je commence l'exploration des ruines importantes qui composent l'Henchir-el- Kasbah. Le coucher du soleil me ramène au fondouk, où nous passons la nuit.
28 août.
J'avais jeté, la veille, un premier coup d'oeil sur les restes de la cité antique que j'étais venu visiter; aujourd'hui je les étudie avec plus de soin et j'y recueille plusieurs inscriptions. Cette ville s'étendait sur un plateau que contourne à l'est l'oued Melian. J'en estime le périmètre à une grande heure de marche.
Les principales ruines qui y méritent l'attention sont les suivantes :
V Une porte triomphale à l'est de la ville. Construite intérieurement en blocage, elle était revêtue d'un appareil de belles pierres de taille dont on l'a à moitié dépouillée : elle est, en outre, découronnée de toute sa partie supérieure. Sa largeur totale est de dix mètres vingt-sept centimètres ; l'ouverture de l'arcade est de quatre mètres soixante-quinze centimètres.
2® Une seconde porte du même style que la précédente. Elle donnait accès dans la ville du côté du nord. Sa largeur est de huit mètres quatre-vingt-trois centimètres et l'ouverture de l'arcade de trois mètres quatre-vingt-treize centimètres. Les pieds-droits seuls sont encore debout, du moins