‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 185 sur 268 · CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE-TROISIÈME

Entre les deux pilastres de l'angle droit :

TFL. . . RECEPTVS AEDI LICI VS • Q • AE RARI • DECVRIO COLTHELEPTPIVS VIX • AN • XXXVI

H • S • E T- FL- FAVSTINVS ET FL- VICTORIA PARENTES POSV ERVNT

Remarquez à la quatrième ligne de cette dernière inscription les mots COLTHELEPT', qui se retrouvent également à la vingt-cinquième ligne du n° 7G. Ces mots confirment le témoignage de la Table de Peutingor, qui nous apprend que Thelepte était une colonie, et ils fixent en même temps d'uue manière définitive la véritable orthographe du nom de cette ville, que l'Itinéraire d'Antonin écrit sans h après le T {Telepte).

Le soleil était sur le point de se coucher, que j'étais encore occupé ù déchiffrer et à copier sur ce tombeau monumental les iuscriptions qui précèdent. Je dus alors remettre Ja fin de ce travail au lendemain et reprendre avec ma petite escorte la route de la smala. Le kaid, qui ne. m'avait pas vu revenir au moghreb, craignant que je n'eusse été attaqué par une bande de Bédouins vagabonds, avait envoyé au-devant de moi plusieurs cavaliers que nous rencontrâmes à moitié

chemin. « Je commençais à être inquiet sur votre compte, » me dit-il avec bienveillance, quand j'allai le remercier, à mon arrivée, de cette attention délicate. «La nuit, ajouta-t-il, appartient aux animaux féroces et aux voleurs, et lorsqu'elle ramène les ténèbres, et, avec les ténèbres, l'heure des embûches, nous avons soin de nous retirer dans nos tentes, sous la garde de nos chieus fidèles, qui nous avertissent toujours par avance du danger. »

16 avril.

Je retourne de bonne heure aux ruines de Kasrin, et après avoir achevé de copier le poème qui m'avait, la veille, retenu si longtemps devant le même monument, je vais, avant de gravir le plateau où gisent les restes de la ville antique, examiner dans la plaine les débris d'un autre mausolée que j'aperçois à un kilomètre environ de distance. Ce mausolée, situé au delà d'un oued appelé Oued-ed-Derb , était bien conservé à l'époque du voyage de Shaw. Un siècle plus tard, sir Grenville Temple le vit encore debout. Aujourd'hui, il est en grande partie détruit, sauf deux pans de murs qui ont été épargnés. De forme carrée, il avait deux mètres dixsept centimètres sur chaque face et était à deux étages; douze pilastres corinthiens en décoraient les parois extérieures. Les blocs rectangulaires qui étaient revêtus des deux longues inscriptions signalées par ce dernier voyageur sont ou gisants à terre, ou brisés ou emportés. La première de ces inscriptions contenait rémunération des services militaires de Petronîus Fortunatus, qui reposait dans ce mausolée avec sa femme Claudia Marcia Capitolina et son fils M. Petronius Fortunatus. La seconde était un petit poème élégiaque en l'honneur de ce même personnage. Sir Grenville Temple 1 s'est contenté de copier seulement cinq vers de celle-ci;

1 Sir Grenville Temple, t. Il, Append., n» 106 et 107.

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