‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 201 sur 268 · CHAPITRE TRENTE -SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TRENTE -SIXIÈME

Bordj-el-Arbi. — Smala tics Madjcr. — Ruines tV Aïii-Kcdim,peul-èlre l'ancienne Matin. — Henchir-cl-Hammam , jadin Sallu» Maasipianus.

Un intervalle de six kilomètres sépare Thala de Bordj-el- Arbi. C'est là que réside le kaïd des Madjer, Sidi-el-Arbi , dans un bordj bâti depuis une vingtaine d'années par ce kaïd, dont il porte le nom. Quelques maisons y sont attenantes et forment en ce lieu comme le quartier général de la smala de ce chef puissant, smala dont les tentes, au nombre d'une centaine, sont dressées dans une plaine voisine.

Sidi-el-Arbi m'ofFre l'hospitalité dans l'une des chambres du bordj, et il m'apprend lui-même que des ruines, connues sous le nom d'Henchir-el-Hammam , sont éparses au milieu des plantations de cactus qui environnent sa résidence, et que d'autres ruines, appelées Henchir-Aïn-Kedim, sont peu éloi-

1 S. Grenv. Temple, t. II, p. 220.

* Annal., I. III, c. xn.

3i2 VOYAGE EN TUNISIE.

gnées des précédentes. Une forte pluie qui survient m 'empêche d'aller les visiter immédiatement.

Si arril.

C'est aujourd'hui la fin du rhamadan, c'est-à-dire du carême des musulmans. Dès le lever de l'aurore, de nombreux coups de fusil retentissent en signe de joie près du bordj. Tous les scheiks de la smala viennent présenter leurs hommages au kaïd ; puis ils s'accroupissent autour d'énormes plats renfermant des beignets et du miel que Sidi-el-Arbi leur fait distribuer par ses chaouchs. Tel est, en effet, le mets traditionnel qu'en Tunisie les Arabes affectionnent particulièrement. La gaieté la plus expressive éclate sur tous les visages, et comme un pareil jour doit appartenir tout entier à l'allégresse et au bonheur, le kaïd remet au lendemain le jugement et peut-être la condamnation de plusieurs détenus qui attendent de sa bouche leur arrêt.

Après avoir assisté et pris part à ce régal matinal qui inaugure la fête appelée par les musulmans Aïd-es-Srhir (la petite fête), pour la distinguer d'une autre qu'ils qualifient d'Aïd-el-Kebir (la grande fête), je vais avec Malaspina et deux Arabes de la smala étudier d'abord les ruines d'Aui- Kedim, réservant pour mon retour celtes d'El-Hammam.

A deux kilomètres et demi à l'est du bordj s'étendent, sur deux collines, des débris considérables; ils portent la dénomination d'Henchir-Aïn-Kedim (henchir de la source ancienne), parce qu'au pied occidental de ces collines coule une source très-abondante, recueillie dans un bassin maintenant à moitié détruit, qui annonce un travail antique.

Ces collines sont couvertes de blocs gigantesques appartenant à divers édifices dont les uns paraissent romains , et les autres datent probablement d'une époque plus récente. La ville qui renfermait ces deux monticules dans son enceinte avait au inoins trois kilomètres de circonférence. L'intérieur

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