‹ Voyage archéologique dans la régence de TunisChapitre 244 sur 268 · CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME. 4M · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUARANTE ET UNIÈME. 4M

A quatre heures, nous laissons à notre gauche l'henchir Knuka, et à notre droite l'henchir El-Ioudi, d'une faible importance tous deux. Notre direction est alors celle du nord.

A quatre heures cinquante minutes, nous faisons halte quelques instants près d'un ancien mausolée qui s'élève sur les bords d'un oued. Ce mausolée, d'origine romaine, est désigné par les Arabes sous le nom de Bit-el-Hadjar (la maison de pierre). Il a onze pas de long sur six de large. Extérieurement, il est orné de six pilastres corinthiens dans le sens de sa longueur et de quatre dans celui de sa largeur. L'inscription qui a dû être placée au-dessus de la porte d'entrée n'existe plus. Intérieurement, il renferme deux chambres. Dans l'une, on remarque, à droite et à gauche, huit petites niches cintrées ou columharia, pratiquées dans les murs latéraux. Par terre gît renversé et à moitié brisé un bloc sur lequel est représentée une figure aujourd'hui trèsmutilée.

Près de ce mausolée, on distingue les traces d'une seconde enceinte dont il n'existe plus que les fondements. Elle était divisée en plusieurs compartiments et mesurait trente pas de long sur dix-huit de large.

A cinq heures vingt-cinq minutes, nous demandons l'hospitalité pour la nuit à un douar de la tribu des Oulad- Ayar.

4 mai.

Une nuit froide et pluvieuse a succédé à une journée brûlante. Cette grande différence qui existe souvent, en Afrique, entre la température du jour et celle de la nuit, principalement dans les régions montagneuses, comme est celle où campent les Oulad-Ayar, est l'une des choses qui attaquent et en même temps qui fortifient le plus la santé de l'homme, quand il s'habitue dès l'enfunce à supporter de pareilles

alternatives de chaud et de froid. En visitant plusieurs tribus montagnardes du centre et du nord de la Tunisie, j'ai souvent admiré avec quelle facilité les Arabes de ces tribus savaient braver, sous une tente ouverte à tous les vents, des vicissitudes de température qui sembleraient devoir altérer profondément leur constitution, et qui, au contraire, ne font qu'endurcir leur corps, accoutumés qu'ils sont dès le bas âge à d'aussi brusques changements.

A six heures du matin, nous nous dirigeons vers Test pour aller examiner l'henchir connu sous le nom de Kasr-bou- Fntha.

A six heures trente minutes, nous sommes au pied de ce château. Il est assis sur une colline qui commande l'oued Mirait, le même qui, dans M. Pellissier, est appelé oued Zafet. Sa longueur est de trente-sept pas et sa largeur de trente-cinq. Les blocs qui forment cette enceinte, d'origine byzantine probablement, appartiennent à d'anciens édifices détruits. I/intérieur en est actuellement hérissé d'un fourré presque inextricable de cactus gigantesques au milieu desquels je trouve et je copie les inscriptions suivantes :

Sur un magnifique bloc brisé; les caractères sont trèseffacés :

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