PATRONO
(Estampage.)
L'avant-dernier mot de la dernière ligne est maintenant mutilé; il a été lu auparavant, soit TVRZET, soit TVRCET, abrégé pour TVRZETANORVM ou TVRCETANORVM ; mais la première version semble préférable, ce qui nous donne, sous forme d'ethnique, le nom antique de l'henchir Boucha, qui s'appelait probablement Turza ou Turuza.
Cette ville est peut-être la même que celle qui est mentionnée par Ptolémée sous la dénomination de ToûpÇw. S'il en est ainsi , ce géographe se trompe en la plaçant au sud d'Hadrumète.
A l'époque chrétienne, elle était la résidence d'un éveque, comme nous le savons par la Notice des églises épiscopales de l'Afrique.
A huit heures trente minutes, nous remontons à cheval pour n'en plus descendre qu'à Tunis.
Le pays (pie nous traversons est accidenté. De distance en distance nous rencontrons quelques pauvres douars.
A midi trente minutes, nous laissons respirer un instant nos montures près d'un puits où elles se désaltèrent. Ce puits, appelé Bii -Chouban , appartient à un petit village connu sous le nom de Bordj-Chouban.
A une heure vingt minutes, nous franchissons une montagne, du haut de laquelle nous apercevons enfin la capitale de la Régence, trois mois et onze jours après l'avoir quittée. « Tunis, Tunis! » s'écrient mes hambas; et aussitôt, déchargeant leurs fusils en signe de joie, ils essayent, avec leurs chevaux, de faire de la fantazia; mais les pauvres bétes, épuisées par tant de longues et pénibles marches, demandent grâce à leurs cavaliers, et l'éperon qui les aiguillonne en vain n'arrache d'elles qu'un soupir, sans hâter leur allure.
Descendus dans la plaine , nous laissons à notre gauche la zaouïa Sidi-Ali-el-Hatab, où les femmes de l'aristocratie tunisienne vont souvent en pèlerinage, et, plus près de nous, la Mornakia , maison de plaisance bâtie par l'un des derniers beys. Nous longeons ensuite les bords occidentaux de la Sebkha-es-Sedjoumi , qui est, à cette époque de l'année, en grande partie desséchée.
A quatre heures trente minutes, nous passons non loin du Bardo : une demi-heure encore et nous étions de retour à Tunis, après avoir heureusement achevé cette première et longue exploration.