‹ Voyage au CongoChapitre 35 sur 48 · RD ENT TL CT TON · texte numérisé non relu

RD ENT TL CT TON

on den.

chevé je die complète des Fables de La Fontaine. une littérature a-t-elle offert jamais rien de plus exquis, lus sage, de plus parfait ?

16 décennies

ou en panne à Bosoum. Ce n’est plus du repos; st de l’énervement. Ne prenant plus d'exercice, le mmeil est beaucoup moins bon. Morel nous a persuadés était imprudent, à cause des panthères, de laisser 5 fenêtres ouvertes la nuit. Alors on ferme tout et

Je: vient de lui apporter le courrier) un réjouissant article lément Vautel, où je suis pris à parti en compagnie de imbaud, Proust, Apollinaire, Suarès, Valéry et Cocteau » me exemple de ces écrivains « abscons » dont la France “veut « à aucun prix ». — Je lis dans Gœthe : « Durch chts bezeichnen die Menschen mehr ihren Charakter als rch das, was sie licherlich finden ».

Communication d’un radio du 19 novembre : Valéry est à moe

HA N’Ganamo. 17 décembre.

plonge dans les Affinités. Soir splendide, comme to ces derniers soirs. Le soleil encore assez haut au-dessus « l'horizon « fait la mandarine » comme disait Morel. Il pe à la fois chaleur et rayonnement ; c'est une masse rous orangée que l'œil contemple sans éblouissement. Hew exquise où le casque devient inutile. Exactement au-dessi du point de l’horizon que le soleil mourant coloreencor le très fin croissant d’une lune naissante apparaît, comn un (noun » arabe. Je suis descendu jusqu’à une assez proct rivière dont un petit sentier dans la galerie forestière m permis de suivre le cours quelque temps. Quelle tra quillité ! Des appels d'oiseaux ; puis, sitôt que le soleile couché, le concert des criquets commence. Au crépusculk j'ai vu voler presque au-dessus de notre case un stupéfa oiseau. Un peu plus gros qu’un merle; deux plume, extraordinairement prolongées, forment de chaque cô comme une sorte de balancier, sur lequel il semble prend appui dans l'air, pour des acrobaties d’aviateur. ; Un peu plus tard, à la nuit close, j'accompagne Ma jusqu'au petit village d’où il revient; très misérable huttes; un groupement, derrière un amoncellemer d'énormes blocs de grès, à la lueur des feux, prend L aspect préhistorique.

Bossa, 18 décembre. à à

Etape de 25 kilomètres (comme celle d'hier) mai parus à $ heures 1/2, nous n’y arfivons que vers ui beure, par suite d’un arrêt prolongé sur la route. Depü Bcsoam les tipoyeurs ne chantent plus. Les arbres deu savane s’espacent ; et même cèdent complètement à 4 grands espaces découverts. Et ce ne sont plus alors dé aibüstes de la taille de nos arbres fruitiers, mais + beaux arbres aussi hauts que les plus hauts d'Europi

Eu “VERS BOSANGOA 2? 0 Eine. inde la taille des géants de la grande forêt. Je voudrais voir ces vastes prés au printemps, quand les . “herbes sont peu hautes et d’un vert tendre ; mais je doute peut-être, au-dessus de l’herbe ee ne subsiste s l'encombrement affreux des chaumes que n’a pu que bircir sans les consumer l'incendie. D’immenses espaces brûlés : désolation plus atroce peut-être que celle d'aucun ver. Les arbres ne sont pas dépouillés ; mais toutes ès feuilles ont pris une monotone couleur bronzée qui rme avec le noir du sol, sous le soleil ardent, une iplacable et morne harmonie. Il semble que sur ce sol lciné aucune vie ne pourra jamais reparaître, et Le vert éstendre du gazon qui surgit entre les chaumes noirs, éjà trois jours après l'incendie, semble presque une fausse te. On dirait un confident indiseret qui compromet ffet du drame en livrant trop vite un secret susceptible rassurer le spectateur alarmé.

Ce qui nous a retardés, c’est la rencontre, une heure rès le lever du soleil, d’une troupe de prisonniers imenés par le capita d’un village voisin. Ils étaient onze, a corde au cou — une corde, qui n’était en vérité qu'une celle, qui les tenait tous reliés. Leur aspect était si misérable que le cœur se serrait de pitié à les voir. Chacun Peux portait une charge de manioc sur la tête, lourde. urément, mais non excessive pour un homme en bonne té; mais ils semblaient à peine en état de se porter -mêmes. Un seul d’entre eux ne portait rien ; un tit de dix à douze ans, affreusement maigre, excédé de isère, de jeûne et de fatigue ; par instants il tremblait tous ses membres, et la peau de son ventre était agitée “frémissements spasmodiques. Le dessus de sa tête t comme rapé, le cuir chevelu remplacé, par zones,

| par cette sorte de peau qui se ar sur. +. blessures c où sur les surfaces du corps échaudées. Il semblait incapable

à tout jamais de sourire. Et tous ses compagnons de misère, du reste, étaient si lamentables qu’à peine retrou-

vait-on une lueur d'intelligence en leurs yeux. Tout en

interrogeant le capita, nous vidons dans les mains de len-

fant le contenu de notre musette, où ne se trouvent, par

mauvaise chance, que trois morceaux de pain très sec. Dans la certitude d'arriver tôt à l'étape, nous avons laissé partir de lavant nos porteurs, sans nous être munis de provisions de route. L'enfant dévore ces croûtons comme une. bête, sans un mot, sans même un regard de reconnaissance. Ses compagnons, pour être moins faibles, ne semblent f pas moins affamés que lui. D’après les interrogatoires que. nous leur faisons subir, il semblerait qu'ils n'ont pas mangé depuis cinq jours. Ce sont, au dire du capita, des fuyards qui vivaient depuis trois mois dans la brousse, où je les imagine comme des animaux traqués. Mais les récits sont contra= dictoires et quand, ensuite, nous interrogeons Koté, le chef du village voisin qui donna l’ordre de s'emparer. d’eu x puis, le soir, ceux du village d’où ils viennent et où no campons pour la nuit, on doute s'ils étaient partis dans

brousse pour garder des chèvres qui, dans le villas x tombaient malades, ou pour fuir le mauvais sort qui ax fait périr plusieurs de leurs enfants, ou pour « faire. sacs » à arachides, commandés par le chef, pour l'adm nistration, ou tout simplement par insubordination |

refus de travailler aux cultures. (A noter que celles” dans le village voisin, sont importantes et comme no n’en avions point vu depuis longtemps). Nous en dons dire qu’ils s'étaient fixés depuis un an. dar brousse où ils avaient formé un village. D’aprè

Koté, et par gens des son pe qui, après |

sis il est difficile de rien savoir, de rien comprendre. €, il faut bien l'avouer, la maigreur de ces gens, leur rite détresse, ne nous paraissent pas très différentes Îles des habitants des villages que nous travérsons.

71400 qui, vivant aux confins de quatre D rophes, passaient de l’une dans l'autre

de 19 décembre.

partons comme toujours à l'aube. Hier soir, à villages, un assez grand nombre de malades, ment maigres — maladie du sommeil? Et e alors des tsé-tsés, ces taors qui depuis deux | 13

ttachés à des pieux, les auraient couverts d’or-

Le pays change d'aspect. Vas prairies ; ue se clairsemés et plus ire Un de nos porteurs nous s si nale

temple la chasse. Au SA coup de feu, 1 tro prend la fuite ; toutes les antilopes a lon We

J'admire leurs bonds prodigieux. Puis brise R

s'arrêtent, comme obéissant à un mot d'ordre. A el

peut-être. Il en est de ces din comme de la teur des arbres. L'échelle est changée. Je gagne L du fleuve avec la prétention de péSbees ; mais les | e du Li ns trop hautes et ma canne à pèche ss

VERS BOSANGOA 179

nde nappe paisible. Décidément, il est aussi large que a Seine... au moins. Ses eaux sont limoneuses ; comme elles de toutes les rivières, depuis Bouar.

Re)

20 décembre.

4 RTever beaucoup trop tôt. Lecture à la lueur insuffisante do photophore en attendant l’aube. Il fait froid. On 2 'onglée. Les porteurs avaient allumé de grands feux, qu'ils tuittent à regret; chacun emporte avec lui un tison qu'il ient devant lui, presque contre lui. Traversée de l'Ouham ; u-dessus du courant des eaux, un fleuve de vapeurs, au Ours plus lent, se déroule et s'écoule en se déchirant ; le our naissant faiblement les colore.

| Quantité d’insignifiants petits villages — si l’on peut ppeler ainsi des groupements de quelques cases très nisérables dont les habitants, devant un maigre feu, ou ur le pas des portes, ne nous saluent pas, se détournent à Je eine pour nous regarder passer. Les huttes rappellent les bris précaires de nos charbonniers dans les bois. Un peu noins, ce serait la tanière. Et cette absence d'accueil, notre arrivée, de sourires et de saluts à notre passage le. semble point marquer de l'hostilité, mais la plus rofonde apathie, l’engourdissement de la bêtise. Quand on approche d'eux, ils ne bougent guère plus que les animaux es Galapagos ; quand on tend à quelque enfant un sou euf, il s'efflare et ne comprend pas ce qu’on lui veut. idée qu'on puisse lui donner quelque chose ne saurait atteindre, et si quelque aîné, ou l’un de nos porteurs herche à lui expliquer notre bon vouloir, il prend un ir Surpris, puis tend les deux mains jointes en écuelle,

Le village où nous campons ne le cède en rien à ceux

ue n nous avons traversés, en misère, en saleté, en dénue- 46 $

ment de toute sorte, en sordidité. A l’intérieur des cases, une indicible puanteur. Je doute si les enfants ont jamaïs été lavés. L'eau sert sans doute aux besoins de la cuisine: après quoi il n’en reste plus pour la propreté. Elle vient d’un maigre marigot, qui sort d’un marécage à plus de deux cents mètres du village, puis se perd dans une fondrière. Et pourtant, depuis ce matin, sur la route, d'assez impor tantes cultures : mil (qui tend à remplacer le manioc) sésame, et surtout des céaras, de véritables vergers de céaras: Encore trop jeunes pour être exploités. Quelques Het coton. :

Les récoltes de mil et de sésame sont cn ee as d grand: paniers oblongs suspendus aux branches des arbres, à l’entour du village. ri 21 décembre. 4

Partis à 6 h. 1/2, nous arrivons à Bosangoa vers on: hexres ; Nombreuses équipes de travailleurs sur la rout qu'ils A q et sur laquelle nos autos devaient être premières à passer. Importantes cultures (surtout du mi mais villages et peuple encore plus désolants que la vei Parfois, un peu en retrait de la route, quelques bu sommaires bâties sans soin aucun ; des branches feuill tiennent lieu de porte. Pas un clou pas un sourire, à peit un regard quand on passe. de À Bosangoa, M. Martin, adjoint des services civils, | remplace momentanément M. Marcilbacy, l'administr en tournée, nous RRne Poste important :; avis

ie HR DIES Après la sieste, chaleur accablante,

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