Voyage au lac Long dans le canton de Preston [microforme]
Vous avez entrepris (tous vos lecteurs le savent) de faire-de votre journal, le pionnier de la vallée de l'Ottawa, l'écho des intérêts du Nord et la. vocat de la grande cause de la colonisation.
G'est pourquoi, appresant que je devais partir le.8 mai, en compagnie de M. l'abbé A. Thérien pour aller visiter la colonie du lac Long, de suite
vous avez exprimé le désir que je vous envoyasse quelques correspondances sur cette partie du pays. sur les qualités de son sol, su: les avan
qu'il offre à de nouveaux établissemenis. En vérité, malgrè mou pen de compétence en cette matière, je n’ai pas cru devoir refuser à l'œuvre Nr mp à laqueile vous vous dévouez, dans a faible mesure de mes forces, ma part de service et de reñséignentent" ñe serait-ce qu’une goutte d’eau à la rivière. Attendez.vous donc à recevoir d'étape en étape, comme le Ærald. des
veyagemrsau Pôle-Nord, le cempt#rendi de nes pets }7 +8 et He es pr a cru | f pa
Mais où se trouve le lac Long ? Qui a commencé l'établissement du lac gro Dans quel but ont été colonisés les bords du lac Long ? Je répondrai par quelques remarques préliminaires à ces diverses questions ; et mes correspondances, datées des hautes latitudes, n’en seront ane plus intelhgibles et se trouveront déthargées d'autant.
Le lac Long est situé sur la rivière Nation,
dans le: canton-de Preston, à 36 mitles au Nord de Papineauville, et à 20 milles ‘environ at sud y lac Nominingue. Voulez-vous avoir (vi indications plus précises ? Tout-près . du lac Long se- croise à angle: droit, le : quarante: sixième dégré de latitude et le soixantetquintiè: me dégré de longitude, méridien Greenwich.
Après cette dernière information, Je vous entends vous écrier : « Voici qui est clair, JS suis, c'e juste 13 lieues à l'Ouest de Ste-Agathe: »° M. l'abbé Thérien est chapelain des Frères Ge la Charité, à Montréal, etii a sous ses soins spirit tuels cette nombreuse famille d'enfants pétést que la cour de police ou le Recorder envoie; pour leur éducation et leur amendement;'au sollége de la Réforme. En bon père, il aime ses!
enfants, quels soient, et il s'intéresse à leur sont futur: Il a pensé à fonder dans leur in térêt, sur des terres nouvelles, une colonie où il dirigerait ceux d'entreleux qui montreraient dés goûts et des dispesitions pour l'agriculture. Au sortir des ma ns de leurs dévoués professeurs, ces jeunes gensseraient éloignés du danger des villes étpourrañent continuer à cultiver,en même temps que les léguriies ‘et les céréales, leurs bonnes résolutions ét les pratiques de la vie chrétiense. ‘L'idée ‘était magnifique. Pour ‘la réaliser, dans l'été de 1880, M. Thérien, comme autrefois Christophe ‘Colomb, partit à la recherche d’un nouveau monde. Le jour du départ ne pas être mieux choisi, c'était-lé 26 juillet, ête de la bonne sainte Anne, patronne de la province de Québec. Le découvreur prit le chemin de fer Q. M O. et O. à Hochelaga, mit pied à terre à Papineauville, se rendit en stage à Hartwell, et tournant vers l’est, après avoir traversé la Now’ velle-Belgique, il poussa jusqu’au lac Rond, autrement dit Lac des Sables, dans le canton d’Addington : il n’y trouva pas la toison d’or. Revenu à Hartwell, il sé fit conduire au grand lac Barrière, le traversa en canot, fit à pied un portage de'cinq milles, et enfin arriva sur les rives éenchanteresses du lac Long. Là;tout: lui ri le sol, les arbres, l’eau, les iles, le paysage. l'résolut d'y fixer sa tente ét d'en faire: le lieu de son séjour.
Le 28‘septembre: M. Thérien a!la installer sur ses terres Îles quatre premiers colons. Les noms de ces’ courageux jeunes gens EU shine à l’aistoire de la colonisation, ce sont MM. C. et D Gagnon, C. Bélisle, J. Audet ; ce dernier était unélève de la Réforme, brave jeune homme
toutà-fuit, {ls apportaient avec eux un bagagé
considérabio : deshaches, des ustensiles de cuisine, deux quarts de lard, quatre quarts de farine, etc., La première nuit ils duren* coucher, sur les bords du lac Barrière,à la belle étoile,n’ayant sous eux qu'un lit de branches de sapin; le soir suivant, arrivés au lac Long, ils trouvèrent un abri dans un vieux chantier abanionné depuis longtemps:; ils furent heureux de l’habiter jusqu’à ce qu’ilsen eussent construit un neuf avec de grosses pièces en queue d'aronde. Après huit jours le missionnaire les quitta pleins d'espérance et de courage.
L'hiver passa gaiment. Tout le jour le brut de la hache retentissait, ils abattirent dix arpents de forêt; lu soir, le violon résonnait Plus d'une fois ils firent gambader et sauter des hommes d’un chantier voisin ; la salle de danse n’était pas très élevée, les têtes menaçaient de.passer à travers la couverture. Au pe ils firent du sucre en quantité L'un d’entre eux D. Gagnon, étant rappelé, dans sa famille par des circonstances incentrôlables, les trois autres comgnons se trouvèrent à avoir assez de sirop pour acheter sa part d'ouvrage.
Le 9mai 1881, M. Thérien visita son établissement ; ily transporta de jeunes arbres fruitiers et des plants de vigne, mêlant ainsi lagréable à l’utile. Jusque là la colonie,comme dans les premiers temps du christianisme, avait travaillé en commun ; le seigneur du canton fit:.le partage de ses domaines etassigna à chacun son lot sans rentes ni redevances, . } . Il y retourna le 4 juillet, amenant avec lui des ouyriersde St-André Avellin, pour construire la. première, maison de ;ces parages ; elle :a 20 | me sur 17; elle sert en même temps de rési-
ence.et de chapelle, C'est le 10 juillet que Jésus
Eucharistie prenait solennellement possession
des rivages du Lac Long ; la première messe y fut dite en présence de cinq ou six assistants M. Thérien passa une partie des vacances à explorer les lieux circonvoisins, à pousser avec son canot d’écorce des pointes dans toutes les direc tions de l’intérieur, à faire la chasse et la pêche en compagnie de quelques jeunes étudiants de Montréal.
Cependant les colons agrandissaient le désert, brûlaient les abattis, semaient et moissonnaient. Ils eurent une jolie récolte dé patates et da navets. L'avoine vint À pleine terre, et les soucnes aux têtes noirâtres disparyrent complètement au milieu de cette mer de verdure. Le cheval qui est arrivé ce printemps a trouvé dans le greuer plus de soixante minots de grain à son adresse.
Enfin le 10 octobre, dernière visite de M. Thérien au lac Long. Il y porta de nouvelles planta. tions st y conduisit un nouveau colon, W. Durocher, un autre de ses enfants.
Pendant l’hiver qui vient de s’écouler, nos quatre Jean Rivards, travaillant chacun sur sa terre ont abattu pas moins de 20 arpents de bois,ce qui fait au milieu de la forêt, en réunissant tous les déserts, une belle clairière de trente arpents. Ils se préparent à faire, d’abondantes semailles qui leur rapporteront des centaines de minots de grain et des centaines de piastres de profit. ;
Voilà ce qu'en moins de deux ans ont produit le dévouement, le courage et l'énergie ; le fondateur de cette colonie n’a épargné ni ses voyages, ni ses peines, ni sa bourse : il a dépensé dans cet établissement près de onze cents dollars de son argent personnel. Dieu bénit les sueurs du travail et la pureté desintentions. 11 faut espérer
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qu'une telle somme de fati nes et de sacrifices ne sera pins r la rehigion.et la patrie. }:
re ’ab hérien a du courage dans l'es t, de la force dans la volonté,.il a, aussi du Li 3 le jarxet. Il n’est 4 facile de le: suivre à! travers ics rochers et les bo. «ouffus. Je lei tenté une fois, jamais je ne l'onblierai..
C'était dans les derniers. jours du mois. l'août 1869. Nous poussâmes ensemble une, exp6 ition de vacance. jusqu’au lac. Arch ce temps-là, on ne parlait, pas de ; 8t-Dorat, dernière maisou de ce côté se trouvait au lac Sarrasin; aujourd’hui Ste-Lucie,; nous dûmes, sur l’espace de plusie-rs, lieues nous, fraver une route à travers les branches: de la. forêt épaisse. Nous L'air À trois jours sur;les
b rand lac à faire la guerre aux:hab a g ois, des irs et des sondes. [ na thx un rt de a gravir ls .çime dela plus haut sui ; tagne, et là de grimper au ‘sommel L'de l'ép nee la plus élevée ; au dire de mon co Lab est fort en pores elle ts -” à tête leilleuse Soixante bled aû qu d nr je, ün homme n'aurait :
sommet elle ‘était fuëte. ee M fe et d'un enfant; Hgëhos ef Fegardait en v Ne nous au pi ied'de l'arb ni des pe dé Corneille, | è ‘cet sal AA LA 28 apercoviéns tout’äutour dé nüus tie ‘mont couthiées lésiunes à côté des ‘autel "corne mülons dé foin, éttans le lointain) coma lunette; nous dislinguione! lés chantps' chhivés de 1ôméet dé Montréat:; tenir ‘Trois jours après notre départsces| Lieux: st: taîrer fürent visités par L'Hoif) Louis Archañi: beault, alors ministre de l’agriculture dans le
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cabinet Ouimet, san es né de M. le curé Prévost, et de l’Hon::J oh “Royal, aujourd’hui membre pour Provenchet'aux lunes d'Otta.
wa. Ces messieurs revenaient d'uriétcourse d’exploration du côté.de la rivière Mantäwa. Voici en quels termes M:Rovyal; l'historiographe de l'expédition. ra :dansrson-divre intitulé La Vallé de la Mantawa, cet incident de leur voyes: “ L'enfoucemeñt où nous abordâmes avait
té fréquenté depuis peu # il ÿ 4Vait des traces d'un campement.récent::" En eftét, en tiran: le canot à terre, une inseriptiôn toûte fraiche, gravée sur un cèdre, attira tout d’abord tlos regards. La vcici: Grande péche par A: Thérien. ? Sent. 1869. J. B. P. C'était: un souvenir :ldissé par les R. R. MM. Thé.i:: et:Proulx, du collége de Ste- Thérèse.” Los 1 18081%
Ce bea:: voyage,était: resté gravé! dans mes souvenirs avec des,teintes.conleur de rose. Cinq ans plus tard, ma,,mnuse.. dans, de prétendu langage des dieux, igvitut;: mon.anwen Mentor et ami à vouloir bin le répéter. Je n’ai pas be soin de vous en avertir, c'ést'tiié muse agreste, sans aucune connaissance déspolitesses du style, qui, comme une biche sauvagé.*#'a jamais fréquenté que les lieux déserts etlaWrupts. Elle est la sœur, parait-il, de cellesari! diétait à l’un de vos collaborateurs cette inspuätioh sur la découverte du Canada : Jacque-Cartierss N'ayant point de métier — Partit un jour, de sKrance — Pour courir une chance— Quand,;d,;mait le pied à bord — Il ventait fort fort.—Quend il fut sur les vagues. — Il dit: c'est un ga de blague.— Quand il fut ballotiè sur 7. Il dit : vite,
vile, jetez la sonde — Pour découvrir un Nouveau- Monde.--Arrivé à la Baïe-des-Chaleurs — Il dit : ga me tombe sur le cœur.—En passant au Bic — Il
dit: grand Dieu, que c'est à pic ! — En passant & Québec — Il dit: Ah ! quel bec! — Arrivé à Hechelaga —I dit: c'est assez; revirons-là.
Par delà les montagnes, Par delà les savannes
. De ces vastes campagnes, Au grand lac Archambeauit Allons, au renouveau, / Neus promener sur l'eau
Là sans ciainte,
Ni contrainte,
Nous pêcherons,
Nous chasserons,:
Réveillant de ces lieux Les échos sourcilieux :
Tonnerre abominable, Roulement formidable, Fracas épouvantable Dont lés vaux etles monts, Et par sauts et par bonüs, De vallons en vallons Répèteront les sons.
Grenouille Qui groulle De ça
De là
Sur la plage Du rivage Aussitôt
En un met Effrayée, Efarée
De sauter,
ant & | He-
HER SR dE STE