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LA CHASSE AUX 1-AXTOMES

début, avaient prouvé qu'en ces matières les animaux, doués avant tout d'instinct, se montraient plus clairvoyants que les hommes intelligents, et que ces manifestations de dédoublement très simples, leur étaient plus facilement sensibles qu'à leurs maîtres.

On citait même l'anecdote de cette dame clairvoyante qui, se promenant dans la campagne avec une amie qui n'était point douée de seconde vue, avait déclaré qu'elle voyait un fantôme de chien marcher devant elles. On avait mis sa parole en doute, jusqu'au moment oii, passant devant une ferme, on avait vu un chat sortir d'une grange, se disposer à traverser la route libre et s'arrêter brusquement au moment où il avait rencontré le fantôme du chien qui venait en travers de son chemin. Brusquement, il s'était hérissé, avait sorti ses griffes, soufflé bruyamment, et, affolé, était retourné à toute vitesse vers la grange d'où il sortait.

Ainsi donc, les animaux, mieux que les hommes, discernaient parfaitement les émanations fantomnales éparses dans l'univers.

Du jour où l'on comprit toute l'utilité qu'il y avait pour les usines nouvelles à s'approprier ce fluide vital perdu, un peu partout, sous la forme de fantômes inutiles, on s'avisa de recourir aux

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animaux pour traquer et pour capter ces forces errantes.

Au lieu de laisser les fantômes effrayer inutilement des esprits timorés, au lieu de leur permettre de renverser des meubles, de hanter des maisons ou des châteaux abandonnés en se livrant à toutes sortes de travaux absurdes, on s'efforça de les capter pour mettre leurs forces vitales au service de la science. On dressa, un peu partout, des pièges spéciaux à trois dimensions, contenant, pour amorce, un germe vital à quatre dimensions et l'on se servit de nouveaux chiens clairvoyants, analogues aux chiens de chasse d'autrefois, pour rabattre les fantômes vers ces pièges.

Ce fut alors une battue émouvante, parfois même terrifiante, et qui dura pendant plusieurs mois. Petit à petit, tous les fantômes, hurlants, désespérés, furent captés dans les ateliers publics, enfermés dans des machines imitant, grossièrement mais suffisamment, les différents organes du corps humain. Tout d'abord, on s'imagina que la vie était définitivement soumise aux ordres de la science et que les fantômes emprisonnés seraient contraints d'animer les machines à trois dimensions où on les enfermait comme dans de,^ cages de chair, mais petit à petit il fallut bien constater l'échec définitif de cette nouvelle tentative. Les

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