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plus impassible que ces figures qui suivent d'un œil paresseux et presque indifférent les cavaliers emportés à travers champs par le galop vertigineux de leurs chevaux.
Les courses ont duré une heure, pas une minute de plus. On avait eu soin d'apporter une pendule Louis XV, surmontée d'une Victoire, pour ne point dépasser l'heure. Cette pendule était placée au milieu delà tribune, en face du fauteuil destiné à l'empereur. L'idée de placer une Victoire française sous les yeux de Sa Majesté m'a paru originale.
VOYAGK AU PAYS DES MlLUAItDS
Dans le parc, à Wiesbade.
Il n'y a pas eu de distribution de prix. Les messieurs se sont bornés à offrir quelques verres de lait aux dames. C'est plus économique; mais, malgré cette boisson calmante, on ramasse ces jours-là par douzaines les bonnets derrière les moulins. Encore un petit trait de mœurs, que les lectrices peuvent passer : aussitôt descendus de cheval, les « coureurs » ont été changer de chemise derrière la haie voisine.
Le peuple était plus gai : on rencontrait partout, àia lisière des bois, des groupes cachés sur la mousse, à côté d'un tonneau de bière, mangeant du pain noir et d'atroces petites saucisses jaunes.
Liv. 11.
Si c'est par de pareilles fêtes que l'administration des bains de Wiesbade espère attirer les étrangers, il n'y a rien que de très-naturel que ceux-ci préfèrent rester c'iez eux.
La veille, la même intelligente administration avait essayé d'organiser un corso. Deux orchestres, sous les colonnades, jouaient alternativement, pendant que tous les fiacres de la gare, réquisitionnés par ordre de l'empereur, se promenaient autour des bassins en se jetant dos. bouquets. Sa Majesté ouvrait le défilé avec la grande-duchesse de Bade, « presque étouffée sous les fleurs. » dit le journal de la localité.
Les fêtes de la Pentecôte. — Festins champêtres. — L'idée de la revanche. — Eisenach.
La Warlbourg. — Sainte Elisabeth. — Luther.
En Allemagne, il n'y a pas de fêtes plus religieusement observées que celles de la Pentecôte. Elles durent trois jours. Samedi soir déjà, à Francfort, les cloches les annonçaient à grandes volées. Cette harmonie inattendue, descendant du ciel et planant sur la ville, semblait étouffer le bruit des affaires et inviter la laborieuse cité au repos. Le lendemain, il y avait comme des parfums d'encens répandus dans l'air. Par les portes entr'ouvertes des vieilles églises catholiques sortaient des voix jeunes qui chantaient la magnificence du Seigneur; la foule débordait sous le porche; et les autels, parés des premières fleurs du mois de Marie, étincelaient de radieuses clartés. L'orgue chantait aussi dans les temples protestants, et, dès la veille, Israël avait interrompu sa danse autour du veau d'or pour se recueillir au fond de ses tentes. Aujourd'hui, lundi, les chantiers sont encore silencieux, les magasins fermés, mais je remarque que les rues sont désertes, et que ce lieu de vie est subitement devenu un lieu de mort. Où est donc celte population qui, hier soir encore, animait si gaiement la ville? Demandez-le à l'oiseau qui vole, au papillon qui folâtre, à la brise qui passe. Chacun, au lever du soleil, a pris la clef des champs. C'est de tradition immémoriale d'aller, le lundi et le mardi de la Pentecôte, saluer dans les bois et les campagnes la nature rajeunie et souriante, qui
a laissé sou manteau
De vent, de froidure et de pluye, Et s*est vestue de broderye, De Suleil luisant, cler et beaul