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En allemand : in verschiess

La jeunesse allemande. — L'équipage champêtre.

étrange ! J'ai beau la chercher à droite, à gauche, je ne la trouve pas. 0 rue, serais-tu ivre? — Et toi, lune, pourquoi me regardes-tu ainsi? Pourquoi un de tes yeux est-il ouvert et l'autre fermé? Tu as trop bu, ma vieille amie ; — lune, va te coucher. »

A Leipzig, les cours commencent à six heures du matin. Je ne crois pas qu'ils commencent avant neuf heures à Heidelberg et à Iéna.

Il était huit heures quand je sortis de mon hôtel pour me rendre à l'université. C'est un superbe édifice, au cœur de la ville, sur la plus belle place,

Liv. 18.

YAugitsticsplatz, en face de l'hôtel des Postes, à deux pas du Musée de peinture et du théâtre ; c'est plus qu'un édifice, c'est presque un quartier : car à mesure que l'essaim académique augmente, on construit de nouveaux bâtiments. Le Paulinum, par exemple, dans lequel se trouvent la bibliothèque et une collection anatomique, est un ancien cloître de dominicains annexé à l'Université. On a découvert sous ses voûtes noircies par le temps d'admirables fresques du quinzième siècle représentant l'histoire de sainte Catherine.

La cloche venait de sonner la fin des cours de huit heures. De toutes les portes sortaient de longues théories de philosophes au front méditatif et aux regards austères, avec des piles de vieux livres sous le bras. La plupart se dirigèrent vers la marchande de saucisses qui a dressé ses fourneaux au fond de la cour. A voir l'appétit avec lequel ils mangeaient cette charcuterie peu authentique, il était permis de supposer que la science allemande creuse beaucoup l'estomac.

Quinze minutes se passèrent, puis le bedeau ', qui remplit également les fonctions de portier, de gendarme et de geôlier, sonna un nouveau cours. Je montai au troisième étage, j'entrai dans une vaste salle et m'installai à une des rares places restées libres. Le cours d'économie politique de M. Koscher, que je venais entendre, est fréquenté par environ 200 élèves.

Les professeurs allemands n'y mettent pas tant de façons que les nôtres. Leur leçon se divise en deux parties : la causerie et la dictée. Il ne leur faut demander ni l'éloquence, ni le feu, ni l'entraînement de l'improvisation ; il semble qu'ils se ménagent; la vérité est qu'ils n'ont pas d'art. Tout est ordonné, tout est harmonieux dans le cours d'un de nos professeurs; chez eux, c'est un entassement de faits et d'idées, un déluge de citations, une avalanche de notes et de renseignements bibliographiques. La leçon n'est pas attrayante ; c'est souvent un véritable casse-tête chinois que de suivre un professeur germain dans ses sauts et ses bonds scientifiques. Les vues d'ensemble sont rai'es; c'est celui qui vous donne le plus de petits faits, de détails, celui qui aura découvert une nouvelle virgule dans un texte contesté, c'est celui-là qui sera considéré comme le plus savant.

Qu'a fait M. Iloscher pendant les trois quarts d'heure que nous l'avons écouté? Il nous a raconté des historiettes de son enfance pour nous prouver que le pain était meilleur marché en 1820 qu'en 1874; il nous a cité d'anciens manuscrits de la bibliothèque de Mexico, des vers d'un poëte polonais dont les Polonais ne connaissent pas même le nom ; il nous a expliqué la

théorie du bon marché en nous donnant comme exemple les chemins de fer

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