‹ Voyage au pays des peintresChapitre 4 sur 44 · J. BASTIEN-LEPAGE · texte numérisé non relu

J. BASTIEN-LEPAGE

Les Foins

Midil... Les prés fauchés sont baignés de lumière. Sur un tas d’herbe fraîche ayant fait sa litière,

Le faucüeur, étendu, di>rt en serrant les poings. Assise auprès de lui, la faneuse hàlée Rêve, les yeux ouverts, alanguie et grisée Par l’amoureuse odeur qui s’exhale des foins.

André Theukiet.

aisément. Quand on a, comme M. Destrem, les facultés innées, vitement l’on arrive, et sûrement, à cet inévitable résultat du travail, la science.

Ces deux grands travaux décoratifs, la Gloire de Marie de Médicis et V Aurore, ont, au Salon, quelque chose comme un petit frère qu’il convient de citer fout à leur suite : le Panneau décoratif pour un vestibule, de M. Escalier. Pour le vestibule de quelque féerique demeure, assurément, un temple du plaisir, un hôtel de la richesse ou un palais de l’art ! C’est la préface d’une fête des Mille et une Nuits, le frontispice d’un éternel Décaméron. Sur un balcon aux légers balustres,sous une luxuriante tonnelle, des dames en gaieté, des pages en liesse, des seigneurs en folie, des fous en exercice, mènent un carnaval intime^ Ceux-ci agacent un magnifique ara qui braille à se décrocher le bec; ceux-là lutinent un sapajou qui grince, et siffle, et se tord à rompre sa chaîne. Cet autre, à cheval sur la balustrade, accompagne des tendres accents de sa mandoline la cacophonie épouvantable. Tous coquetent et tous caquettent. La scène est d’une joyeuseté sans pareille, brossée avec un brio extraordinaire, éclatante et harmonieuse.

Et ceci se passait au seizième siècle, en quelque pala^io florentin, ou bien à la libre cour de François, père des lettres, ou peut-être bien en quelque asile du lugubre Escurial, entre courtisans échappés pour une heure à la surveillance du maniaque Philippe II.

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