‹ Voyage au pays des peintres: Salon de 1876Chapitre 18 sur 20 · VOTA&B · texte numérisé non relu

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ments. Mais il est à Paris un public bourgeois poar les perrons de M. Duc, et c'est ce public-là, en attendant mieux, qui fait loi.

Revenons au Salon, c'est-à-dire à son antichambre. Les architectes de la commission des monuments historiques ont envoyé là, non des décors ou des devi- * nettes, mais d'excellents travaux d'une étude pro- ' fonde, d'une exactitude incontestable.

Ainsi les titudes comparatives dt absides normandes^ en trois cadres de M. Baudot. Ainsi, la Restauration du château de Châteaudun; son auteur, M. Boudîer, très-savant et très-artiste, a été médaillé. Voilezvous la face, ô vénérables gardiens de l'arche sainte ! M. Boudier n'estpas un grand prix de Rome! I ! M. Bruyerre, architecte très-consciencieux, a rendu avec une ânesse de touche bien remarquable une monographie complète de l'église de 5'am^5'a^wmm (Puy-de-Dôme) en dix châssis, avec plan général du village, de l'église et de ses cryptes. Cette restauration si consciencieuse sera médaillée dans un monde meilleur. La restauration du Beffroi de Calais^ par M. Danjoy, est un peu froide, mais révèle de sérieuses qualités. M. Corroyer, le brillant élève de M. Viollet-Leduc, a envoyé un projet de restauration du transept sud de la cathédrale de Soissons. M. Corroyer dessine mieux d'ordinaire, et sa restauration du Mont Saint-Michel était bien plus largement traitée. Deux remarquables travaux sont encore celui de M. Bérard : Eglise Notre-Dame àe Melun et Abbaye de DammarieleS'Lys ; celui de M. Vildieu, Un Palais de Justice à Çharleroi^ 2® prix de concours ; et un travail d'une convenable insignifiance est celui de M. Darcy : Eglise collégiale de Champeaux [Seine^ét-Mame).

Des restaurations allons aux projets, et débu-

CUUU dfl Ch&tMvdaai'' grand Hotliar, pur H. Abd Bornas.

tons par ôeltd qui les prime tous : La notwelle maison de répression à Naiiterre {Seine)^ huit châs^ sis. La surface à couvrir était bien vaste^ et pour la couvrir utilement, il n'a fallu rien moins qu'un trèsôonsidérable effort de science et d'imagination où quelqu'un de ces architectes administratifs, lesquels florissaient entre Décembre et Sedan, eût vainement épuisé sa folle jeunesse. Mais le concours nous a valu une œuvre des plus remarquables de ce temps et la mise en lumière d'un talent très-supérieur, celui de M. Hermant.

Cette œuvre si fortement conçue a été, on le voit de reste, tournée et retournée en tous sens. Du concours ik la mise en œuvre, elle a traversé de notables améliorations. Les tourelles demi-circulaires de la porte d'entrée ont été templacées par des pylônes carrés, bien préférables. Les couloirs ont été élargis; le sous-sol a été aménagé selon toutes les règles de la plus prévoyante hygiène. Il sera beaucoup pardonné au jury qui a inscrit en tête de ses premières médailles le nom, désormais indiscutable, de M« Hermant.

N'oublions pas son Groupe scolaire, en construction rue Puebla. Il pourrait, par l'excellence de ses dispositions pratiques, servir de modèle à toutes les constructions du même ordre.

M. Thierry-Ladrange n'en est plus à son premier succès . Son Monument à la patrie lui valut, il y a quelques années, on s'en souvient, une première médaille, et mieux encore, l'abomination violente et grotesque des réactionnaires unis de l'art et de la politique. Son projet d'église moderne, sobre et simple, et son projet de Source nous le ramènent aussi bon dessinateur que jamais. Ce n'est, nous dit-on^

qu'ua modeste inspecteur des travaux de la Ville. N*y aurait-il donc plus un monument, un seul à don* ner? Cherchez un peu, et vous trouverez beaucoup.

Voici revenir le Collège Chaptal de M. Train, On ne connaît que cela. Très-gentil, ce collège 1 Mais que de festons, grands dieux ! et que d'astragales ! 11 y en a, je pense, pour un joli denier.

M. HédJn d'Alençon a obtenu par le concours je ne sais quelle église de Montsort dans sa natale cité. Qui faut-il féliciter? M. Hédin, Alençon, ou M. BallRe,le grand juge, le Cabanel de Tarchitecture? Félicitons tout le monde, et n'en parlons plus.

L'architecture, si rabaissée par notre civilisation courante, est un plus grand art qu'on ne croit. Elle contient plus que toutes les réalités, on j rencontre les rêves les plus magnifiques, humainement réalisables ! Combien de promeneurs ont dû s'arrêter^ ainsi que nous, devant cet Intérieur (Tunpalais au seizième siècle/ C'est merveilleux, et c'est possible. Le rêvQur de ce rêve, traduit en une éblouissante aquarelle, est le réaliste qui a réalisé les casernes de la Cité, M. Calliât.

Quelle finesse et quel charme en ce vase destiné par M. Devienne au fojer de TOpéra ! Et ne vous plaît-il point, tant multiples et encyclopédiques sont nos moclernes préoccupations, de voir tout auprès ce Projet d'une usine pour la préparation des bœufs con^ serves à l'usage des armées de terre et de mer^ par M. Gremaillj ? Toutes les sciences ont rendez-vous en cette affaire. L'auteur a pourvu, ce semble, aux exigences de toutes, et plus qu'aucun autre son projet nous confirme cette vérité, si neuve encore quoique éternelle, ainsi formulée par l'éminent artiste et

écrivain d^art, Ernest Bosc. « Il est de plus en plus c< évident qu'on ne peut séparer éntièr^ent la science « et Tart, et faire une architecture scientifique et une « architecture artistique (1). »

Bien plus que ce projet d'usine nous séduit une très-belle Etude de la façade d'une gare de voyageurs à la tête d'une grande ligne. Auteur : M. Formigé, un médaillé de la veille. C'est un peu assjro-grécoromain, et pourtant c^est très-moderne. Ça vous a de Télan, ça sent Tavenir. On dirait une porte ouverte sur cet Eldorado : les Etats-Unis d'Europe.

Bien plus encore nous eût séduit un autre projet dont ridée paraît bien lente à monter au cerveau de nos jeunes maîtres. Je songe, car je ne suis pas architecte, je sopge qu'après tant et tant d^églises restaurées ou bâties, après tant de castels replâtrés, après tant de prisons édifiées, il àerait temps peut-être de trouver à la foi moderne son culte, à la Révolution sa forme artistique. Et sans plus de phrases, voilà, si j'étais tout-puissant ou tout riche, un projet que je mettrais au concours.

Un édifice qui serait en quelque sorte le Forum couvert de nos climats et de notre civilisation. On j trouverait réunies une ^alie de vote, une salle de réunions publiques, une ou plusieurs salles de conférences, une bibliothèque populaire, une salle de concerts, et pourquoi pas ? des écoles. Au centre un vaste promenoir planté d'arbres où les orphéons et les fanfares se feraient entendre durant la saison clémente. Je voudrais que la salle de vote eût des airs de temple, et je ne me fâcherais pas si la salle de réunion publique jouait un peu à l'Académie.

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(A) Dictionnaire d* Architecture ^ chez Firmin Didot.

ifô TOYAOS

Et puis, à décorer cet édifice je convierais peintres et scnlptears. Les sujets ne leur manqueraient pas< Songez^y donc I tonte Fépopée humaine, toute This-

toire des grands peuples et des grands hommes, toutes les meryeilles de la géographie, toutes les leçons du passé, toutes les visions de Tavenir ! Que dites-vous de mon bâtiment? Coûterait-il donc si cher que pas une ville de France ou pas un arrondissement de Paris ne pût en aborder la dépense ? On avait au moyen ftge le Parloir aux bourgeois. Nous aurions, nous, le Par* loir aux citoyens.

Au fait, quoique ni puissant ni riche, j*ai donné déjà un Prix du Salon. Pourquoi ne mettrais-je pas mon projet au concours? Je Ty mets.

Et je passe aux Aquarelles.

Une œuvre merveilleuse n^a cessé d'attirer la foule dans leur galerie, d'ordinaire si déserte. V Apparition de Gustave Moreau a remporté un des plus beaux triomphes qui se soient vus depuis longtemps. Triomphe juste et on ne peut plus consolant, car il dénote chez notre public parisien une compréhension remarquabie de Tart, sous sa forme la plus savante et la plus idéale.

Deux fois Salomé a visité les songes et inspiré Tétrange talent de M. Gustave Mpreau. Au Salon de peinture, il nous la montre dansant devant le vieil Hérode, plus somptueusement et richement ornée qu'une idole indienne, dans le plus féerique des palais qu'ait jamais rêvés la plus orientale des imaginations. Cinquante pages suffiraient peut-être à qui voudrait suivre et retracer, détail par détail, l'immense et presque surhumain travail de ce peintre vraiment unique. Travail qui n'a rien de commua avec Vhistoire, .c'est évident. Gustave Moreau n'est pas un peintre d'his-

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toire, o*est un poète des Mille et une nuitty nn enivré, un voyant^ un boaddhiste, un évocateur, un magicien. Et e'est aussi un érudit, d'une science profonde et sûre. Ame supérieure, il a yu d*en haut la synthèse des grandes traditions grecques et asiatiques, le sens intime et unique des mythes primitifs. Il nous Ta bien prouvé^ dans son tableau à* Hercule. Ce héros magnifique et radieux comme Tastre du jour, avec lequel il se confondit dans Tadoration des premiers âges histo^ riques de la Grèce, s'avançant pour combattre Thydre énorme qui surgit, menaçante, du marécage où pouiv rissent en un horrible fouillis les mille et mille cadavres de ses victimes; ce dieu d'inteliigience et de lumière, à en juger par sa figure et ses attributs, n'est autre que le génie même de la civilisation, fille du soleil, en lutte ouverte contre le chaos du monde préhistorique.

Entre la Salomé et Y Apparition^ un drame s*est accompli. La Salomé du tableau danse pour obtenir la tête du prédicateur saint Jean-Baptiste qui Ta vertement qualifiée.. La Salomé de Taquarelle danse pour payer au tétrarque le prix convenu de la vengeance réalisée. Ainsi qu'il se passe dans la danse des aimées, les riches vêtements ont peu à peu disparu, Salomé n'est plus vêtue que de pierreries étincelantes. Mais, voilà qu'au milieu de son tournoie* ment extatique, la houri s'arrête. Au«dessus du bourreau impassible et fatal, une apparition se dresse, une vision suspendue, la tête du martyr, pâle, sévère, sublime. Il en pleut du sang. Mais à quoi bon décrire plus longuement cette aquarelle que tous ont si longuement admirée ? C'est un prodige. Le seizième siècle a eu Albert Durer , le dixneuvième a Oustaye Moreau.

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Après lui, nous avons quelques noms à citer : HarpignieSf d'abord : L Heure de la bécasse et La Plage d'Hérisson (Allier), deux très-belles aquarelles d*un efféi; large et puissant, où Ton retrouve le peintre si original de la Prairie du Bourbonnais. Puis Yalerio, le maître aquarelliste, dont la Paysanne italienne est d'un goût si pur. M'^^ Madeleine Lemaire, dont les fleurs font prime^ a envoyé une bien délicieuse corbeille de Giroflées et, dans un joli vase, un bouquet de Grenades et Crysanihèmes^ d'un éclat inouï. Voilà des fleurs que Ton ne trouve point au Marché de M. Firmin Girard ! M. Pio Jorris a exposé une de ses scènes de la vie romaine, très-brillante comme toujours, un peu criarde toutefois , mais fort justement récompensée d'une mention honorable. M. Lé-^ wîs Brown ne s'est jamais niontré coloriste plus spirituel que dans le Meeting et V Épisode d'une chasse à courre. Un italien, M. Filosa, élève de M. Heilbuth, prassien, a montré dans un sous-bois : Les premiers jours de printemps^ de très^appréciables qualités ; nous lui souhaitons un peu plus de nuance et de discrétion. N'oublions pas un Crépuscule et un Sous- bois très-flns de M. Le Bas ; un éventail très-amusant de M. Charles Détaille, un jeune garçon de quinze à seize ans, élève prodige de son frère, M. Détaille ; un Intérieur d'un bois de hêtres y très-fln et ressemblant à un César de Cock, de M. Dartein;des vaches que l'on embarque sur le qiuii de Saint^Malo, de Beaurepaire ; et enfln une chose jolie et délicate, d'une piquante couleur locale, un Souvenir de Hyde-Park à Londres^ de M. Jean-Maxime Claude ; et le Portrait de Mme*^ de M. LioQcl Rojer, ce jeune coloriste que nous avons tant remarqué aux Aquarelles de 1875.

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En tête des Dessins, il nous faut signaler cette admirable illustration de V Imitation de JémS'Ckrist, de M. J.-P. Laurens, à laquelle nous avons fait allusion déjà. Ceci est du grand art. filais que M. Laurens nous permette une observation. Il y a plus de drame que de mysticisme dans son talent, et nous voudrions voir les artistes tels que lui se donner enân, tout cœur et toute âme, à Tidée moderne au lieu d^essajer l'impos* sible galvanisation d'un art catholique justement mort; mort, mort. Leur gloire s'en trouvera bien, et aussi leur conscience de citoyens, car ils en ont une, c'est sûr. Ils créeront de plua belles œuvres et ils cesseront de prêter quelque apparence de respectabilité aux Alacoquineries de MM. firoglie, Buffet, et consorts.

A Autev.il et les Bords de la Seine prè$ du Point-du- Jour sont deux très-beaux fusains de M"^^ la vicomtesse de Chezelles, élève de Lalanne. Dessin fort et puissant, gran(|e imagination, vastes aspects. Et c'est avec joie que nous en disons tout autant, si ce n'est plus, àM Flottage si remarquable, de M. Lhermitte.

Les Allongé de cette année sont superbes, et M. Lançon a déployé dans ses Paysages du Jura et ses Lions, tigres^ ours, singes^ toute la vigueur et tout l'entrain de sa manière, un peu brusque parfois.

La Gravure au burin compte bien des talents plus remarquables que celui de M. Biot, médaillé de première classe. Son Triomphe de Galatée n'est qu'une gravure de très-bon métier, mais d'un dessin rond et fadasse, qui ne rend nullement Tampleur de la éi célèbre peinture de la Farnésine.

M. Jacquet a fait de la Jeunesse de M. Chapu une blonde et jolie gravure^ dans le caractère du modèle.

Le Crépuscule^' d'après Michel-Ange, est une gra-

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▼are au bnrin^ très - précieusement exécutée par M. Gaillard. Le travail est an, délicat^ d*un heureux xuodelé, rendant les brillants du marbre, mais per* dant le caractère dans le détail.

Un nom domine aux Aquarelles, Gustave Moreau Un autre aux Dessins, J.-PaulLaurens. Al'Eau-forte, ai-je besoin de récrire? c'est Flameng. lia pris et gardé la préséance en cet art merveilleux qui lui doit tant, car il a, nous nous en souvenons bien, ressuscité pour ainsi dire etrestauré Teau-forte enFrance. ConuaDie on va droit à V Apparition^ tout droit Ton va aux Syndics et à la Leçon ctanaiomie^ d'après Rembrandt, deux œuvres bien connues déjà, partout répandues, et qui ne sont venues chercher au Salon que la consécration en quelque sorte officielle d'un retentissant et universel succès. Ce n'est pas à Flameng que Ton pourrait reprocher d'avoir affadi son puissant origi* nal. Rembrandt, on le sait, appartient à Flameng en exclusive et légitime propriété. Flameng est son interprête unique^ et plus encore, son confident. Ce que nous avons dit du bas-relief d'Ophelia se peut appliquer à la Leçon d'anatomie et aux Syndics. C'est plus qu'une traduction, c'est une équivalence. Souvent annoncées» longtemps attendues, ces deux magiques eaux-fortes définissent pour ainsi dire et solennisent l'incontestable maîtrise de Léopold Flameng.

L'eau-forte, du reste» demeure en bonne voie.

Le Portrait deM^*la comtesse de barck^ de Régnault a inspiré à M. Waltner une eau-forte très-spirituelle, très-enlevée, trop spirituelle même. Jusqu'à manquer des oppositions indispensables.

On ne rendra jamais mieux Corot que ne l'a fait M. Chauvel. C'est une identité. L'exécution est libre et savante, le ton exquis, la souplesse extraordinaire .

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On peut qualifier chef-d'œuvre le Corot de M. Ghauvel.

M. Boilvin, dans ses Illustrations pour M^ Bovary^ nous montre une pointe très-spirituelle au service d'une imagination très-vive. M. Boilvin est un graveur d'avenir que Ton a mentionné . On aurait tout aussi bien fait de le médailler.

Si Corot a M- Chauvel, Turner, le magicien Turner, a pour fidèle traducteur M. Brunet-Debaines. Voyez plutôt ces deux superbes éaux-fortes, si lumineuses : les Approches de Venise et le Port de RuysdaëL Le succès de la délicieuse illustration du Voyage sentimentalde Sterne^ par M.E. Hedouin, a été aussi vif au ' Salon qu'il le fut en librairie, auxétrennes dernières. Ce Voyage sentimental est une des perles du riche écrin Jouaust.

Pour la Libraire des bibliophiles aussi,probablement, cette illustration de la Chronique de Charles IX^ en douze eaux-fortes d'Edmond Morin. Exécution brillante et spirituelle domme toujours. Incisive, froide, mordante, sceptique, habile est rillustration, comme le texte .

La Vue de Har fleur restera une des plus jolies eauxfortes de M. Delaunaj. Ruth et Booz et la Mort de Jacoh^ d'après Bida, ont ajouté une brillante page à Toeuvre déjà si fournie de M. Laguillermie, ce travailleur toujours en progrès, dont le Portrait de M^^^B... est une des toiles les plus charmantes et les plus ensoleillées du salon de Peinture.

Gilbert, avec son talent »i preste et si varié» nous a donné Texpression la plus exacte de ces deux œuvres, si différentes : les Lutteurs^ de Falguière, et le Portrait de M^* -ff..., d'Henner. Cela tient de la prestidigitation.

Citons encore M. Monziès, dont la pointe libre et

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souple nous promet un maître aqua-fortisté^ Le Rat, dont les eaux-fortes sont d'un si joli premier état» Oourtrj, Lalauze, Lurat, Mongin, Lepic.

Et venons à la gravure sur bois. Là le maître est Pannemaker. La Baigneuse^ d'après Perrault, est un tour de force, en vérité. Les chairs sont tendres, le modelé admirable. M. Pannemaker est arrivé à produire l'illusion de la gravure au burin, avec plus de couleur et de souplesse. Il a tiré du bois torit ce qu'on en peut tirer. On n'ira pas plus loin.

Le Passage de la Ligne ^ aussi, d'après Grégory, et la Décoration du SérapiSj d'après Small, par M. Froment, sont d'une verve étourdissante. Voilà ce qu'on peut appeler de la gravure sur bois intelligente, car elle a jusqu'au gras de l'eau -forte.

Citons encore MM. NéauUe, Léveillé, |LaDgeval, Laplante.

Et faisons de mélancoliques adieux à la Lithographie» cet art charmant qui s'en va,*on ne sait pourquoi. Il a un maître cependant» Emile Vernier, l'original et vigoureux artiste, dont les marines ont eu quelque][succès à la Peinture, et après Yernier^ il a Bellangé et Jules Laurens. S'il s'en va, espérons qu'il reviendra.

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