‹ Voyage au pays des peintres: Salon de 1876Chapitre 3 sur 20 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Ceci est notre second Voyage au pays des peintres.

Le premier a paru en 1875. Le public Ta bien accueilli. La presse Ta soutenu. 11 a éveillé dans le monde de l'art, et dans celui de la politique, de flatteuses sympathies qui se sont manifestées par des encouragements peu équivoq[ues.

Voilà pourquoi nous continuons. Au public de juger si nous avons tort. A nos bienveillants « entraîneurs » de décider s'ils se sont, oui ou non, mépris.

Nous croyons, cette fois encore, n'avoir failli ni à l'indépendance, ni à la modération. Nous critiquons les œuvres, souvent aussi les règlements et institutions. Toujours nous respectons les personnes. L'art français, libre ou

officiel, a ceci de glorieux : Ton n'y rencontre partout et chez tous que dévouement patriotique et honorabilité parfaite.

Notre second Voyage paraît un peu tard, plus tard même que le précédent. Sur celui-ci, le Salon avait trente jours d'avance. Sur celui-là, il en aura cinquante.

On nous en voit tout contrit, mais n'y pouvant rien. Un livre, si minime qu'il soit, ne s'improvise pas. Nous avons lâché de faire mieux et plus complet. Nous avons plus longuement et plus mûrement étudié chaque forme de l'art.

Le Voyage de 1875 n'avait eu que neuf dessins autographes. Vingt et un artistes, en 1876, ont répondu à notre appel avec un empressement gracieux dont nous les remercions vivement et publiquement.

Et puis le faut-il répéter ? Nous tenons en médiocre estime le fameux principe d'actualité. Un Salon français a bien le droit de se survivre un an, alors que se survivent des années tant de livres creux ou malsains, de pièces ridicules, de politiques si résolument conservateurs et de beautés si énergiquement conservées.

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