‹ Voyage autour de la Mer morte (volume 2)Chapitre 107 sur 211 · I. Vojn pL xxwv et xxxv · texte numérisé non relu

I. Vojn pL xxwv et xxxv

*. H..ly rity. t. H. p. 151 H Siliv., pl. IV.

lion, un plan complet et diverses coupes de ce monument éminemment curieux. J'ai, de plus, rapporté de bons estampages des ornements du vestibule, recueillis, avec une patience audessus de tout éloge, par mon savant ami l'abbé Michon. Bien nous a pris d'avoir l'idée de recueillir ces moulages, qui suffisent pour démontrer, au premier coup d'œil, que l'art qui a présidé à l'ornementation' du tombeau des juges, n'est ni romain ni grec. Les dessins, déplorablement mauvais, de Cassas avaient permis jusqu'ici de soutenir cette opinion erronée, qui croule d'elle-même en face des plâtres qui représentent naïvement ce qui existe , sans arrangement de convention qui en dénature le caractère.

Je me dispenserai de donner les mesures de détail , qui se retrouveront à volonté, avec un coup de compas.

Un vestibule, taillé dans le rocher, présente à l'extérieur un magnifique fronton, dont le tympan est orné des plus élégants rinceaux de feuillages, de fleurs et de fruits, sans aucune symétrie réelle. De belles moulures encadrent la porte et le tympan , qui est en outre orné d'une ligne de petits modillons. Deux acrotères élevés et en palmette, garnissent les deux angles extrêmes du fronton, qui portait à son sommet un ornement analogue aux acrotères, mais aujourd'hui tellement dégradé, qu'il est devenu méconnaissable. Dans le fond du vestibule, et au centre de la paroi, s'ouvre une charmante petite porte, très-étroite, et encadrée d'une moulure à crossettes, que couronne im petit fronton avec acrotères en palmette, et un ornement de feuillages au sommet. Les modillons reparaissent autour du tympan, qui est couvert d'une riche décoration symétrique de feuillages élégamment dessinés.

En franchissant cette porte, on descend, par un ressaut peu élevé, sur le sol d'une salle sépulcrale carrée. Celle-ci offre la disposition suivante : sur la paroi de gauche sont placées deux ran-

gécs superposées de niches sépulcrales. La rangée supérieure se compose de trois couples de niches en voûte , percées deux à deux sous des arceaux surbaissés. Une feuillure rectangulaire, dans laquelle a dû être encastrée une plaque de clôture, garnit chacune des niches. Celles-ci sont d'une dimension telle, qu'il est évident que les corps , entourés de simples bandelettes, ont du y être déposés sans cercueil. La rangée inférieure se compose de sept niches sépulcrales rectangulaires.

Dans la paroi du fond , s'ouvre , dans Taxe même de la porte d'entrée, une porte simple qui débouche dans une petite salle carrée, qui offre aussi deux rangs superposés de niches sépulcrales rectangulaires, sur les trois côtés du fond. Les rangées supérieures sont chacune de quatre tombes, et les inférieures de trois tombes seulement.

Au centre de la paroi de droite, s'ouvre également une porte débouchant dans une petite chambre carrée, présentant trois niches sépulcrales, sur chacune de ses parois du fond. Enfin, dans l'angle de gauche de la première salle, et au niveau du sol, est creusée, entre la paroi du vestibule et la paroi de la salle garnie de treize tombes, une niche à cercueil assez grossièrement ébauchée, et offrant dans sa longueur deux petites excavations latérales, sur sa face de droite. Telle est la disposition de l'étage supérieur, de la catacombe.

Passons à l'étage inférieur. Une grande ouverture rectangulaire, placée à l'angle gauche du fond de la salle d'entrée, sert de cage à un escalier de cinq marches, débouchant sur un premier palier, au bout duquel s'ouvre une petite porte fort basse qui, par un ressaut élevé, conduit à un second palier voûté contenant trois tombes : la première , ouverte à côté même de la porte d'entrée et parallèlement a son axe; la seconde, au milieu de la face de gauche, et la troisième au milieu de la face de droite. Cette troisième tombe offre, sur la dernière moitié

de sa longueur, un élargissement très-notable. Dans la paroi du fond de ce palier voûté, s'ouvre encore une petite porte très-basse, débouchant, par un ressaut égal au premier, dans une belle chambre carrée, offrant, sur ses trois laces du fond, des arceaux surbaissés en retraite, de façon à former de larges banquettes, sur lesquelles débouchent quatre niches sépulcrales à droite et à gauche, et seulement trois dans la paroi du fond. Mais, sur cette face, sont ouvertes, dans les joues de l'arcade, à gauche, une niche dont le fond forme une petite chambre carrée, et à droite une niche ordinaire.

Revenons maintenant à la grande salle d'entrée. Dans l'angle antérieur de droite, c'est-à-dire diagonalement avec le premier escalier, s'ouvre une nouvelle cage d'escalier comportant cinq marches, et débouchant sur un palier carré qui conduit par un fort ressaut, à une chambre également carrée, et entièrement taillée au-dessous du sol de la salle d'entrée. Là on ne voit aucune tombe, et il est évident que toutes les places ayant été remplies dans les autres salles funéraires , on avait songé à en disposer de nouvelles dans cette deuxième salle basse , qu'une révolution , renversant l'état de choses dans lequel le monument avait été établi, aura fait laisser inachevée et inoccupée. Pour ma part, je ne doute pas que l'événement de force majeure qui a fait abandonner le tombeau des juges, n'ait été la chute du royaume de Juda.

Les Qbour-cl-Qodhâ contiennent soixante places destinées à recevoir des corps. Le nombre des rois de Juda, depuis David jusqu'à Sedekias et en comptant Athalic , est de vingtdeux. On voit donc que le nombre des juges enterrés au sépulcre commun, est plus du double du nombre des rois. Il n'y a rien là que de très-naturel : en effet, on ne devait mettre à la tète d'un tribunal que des hommes d'un âge mûr, sinon respectable, et par conséquent, puisque les rois commencèrent

souvent leur règne à un âge assez tendre encore, il devuit s'éteindre bien plus de juges suprêmes que de rois.

Maintenant, quels étaient ces juges dont nous trouvons ici la sépulture? Étaient-ce les Nasi, ou chefs élus de tribu? Étaient-ce les Élohim (les divins), qui étaient également élus par le peuple1? C'est ce que je ne me permettrai pas de discuter. Il me suffira de dire qu'il est pour moi bien démontré que la cave sépulcrale, qui a conservé le nom de tombeaux des juges, est contemporaine des rois de Juda, et qu'elle a reçu les corps d'une série de magistrats suprêmes, dont les fonctions n'étaient pas héréditaires.

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