‹ Voyage autour de ma chambreChapitre 1 sur 30 · ACTEURS · texte numérisé non relu

ACTEURS

mm.couderc.

Berthelikr.

Lemaire.

Trot.

Mlles HeNRION.

Prost.

DUNOIS(I), (fie 25 à 30 ans)...

CLAIRVOYANT (32 ans)

COOUILLARD, |)orlier (50 ans,)

L ARAMÉE, sergent du guet (30 ans) ,

CÉCILE (19 ans); cousine d'Emilie

EMILIE, femme de Clairvoyant (22 ans)

La scène se passe à Paris, chez Duuois, en 1790.

Les personnages sont indiqués eu tête des scènes dans l'ordre qu'ils occupent au théâtre : le premier à gauche, etc. Les indications sont données au point de vue du spectateur.

(1) Le personnage de Dunois est essentiellement un premier comique; afin d'obtenir la meilleure interprétation et pour éviter toute contestation sur l'emploi auquel ce rôle appartient, k's auteurs délèguent à MM. les directeurs de théâtre le droit absolu de le distribuer.

Le théâtre représente une chambre modeste. Au fond, à droite, une armoire en placard, prise entre deux apparteinents; au fond, à gauche, la porte d'entrée; entre l'armoire et la porte d'entrée est une alcùve avec un lit praticable ; le couvre-pied et les rideaux sont bleus ; les rideaux avancent un peu en dehors de l'alcôve. Lorsque la porte du placard est ouverte, on voit, à la hauteur de cinq pieds à peu près, une tablette sur laquelle il y a un peu de vaisselle, ut un plateau garni d'un pâté, d'une assiette, d'uije serviette, d'un verre et d'une l)outeille de vin; sur la tablette, il y a un couteau et une fourchette. De chaque côté de l'alcôve, un fauteuil en bois peint couvert de velours d'Utrecht bleu. A gaucluî, au premier plan, un bureau-secrétaire; dans ce bureau : des papiers, un coffret. Le coffret renferme des colliers, des bijoux de femme, un portrait de femme en miniature, deux petites liasses de lettres, attachées chacune par un ruban. Au-dessus du secrétaire est un tableau qui représente un paysage de montagnes. Au second plan, un cabinet dont la porte s'ouvre sur le théâtre. Entre le secrétaire et la porte du cabinet, une chaise; une autre chaise devant le secrétaire. En scène, à droite du secrétaire, une petite table couverte d'étoffe bleue; à droite de la table, une chaise de paille sur laquelle est un habit d'homme. A droite, au premier plan, en face du secrétaire, une cheminée garnie d'une pendule, de vases et de deux flambeaux avec des bougies, une petite glace sur la cheminée, au-dessus de la glace un paysage faisant pendant au tableau de gauche ; au second plan à droite, une fenêtre avec de petits rideaux blancs et cle grands rideaux bleus. En scène, à gauche de la cheminée, une petite table en marqueterie avec un tiroir. Sur la table sont des livres, et un carton à chapeau d'homme a gauche de la table, est uu grand fauteuil à haut dossier; sur le fauteuil, une paire de bottes. Dans le tiroir de la table de droite, il y a un gant de femme demi-long et de couleur jonquille.

SCÈiNE PREMIÈRE.

EMILIE, seule, habillée en homme; elle est assise de- Tanl le secrétaire ouvert. Elle examine desbijoux qu'elle vient

de tirer d'un coffret. Une femme qiii vend ses bijoux, c'est comme un soldat qui livre ses armes.

Mais il le faut! (eUc remet les bijoux dans le coffret, se lève pendant ce qui suit, et ferme le secrétaire dont elle met la clef dans sa poche) MoH boltiCP m'a envoyé Sa

facture, et mon tailleur doit venir ce matin... (En riant.) J'ai un bottier, j'ai un tailleur!... c'est fort

drôle! (Elle descend en scène.) CommC tOUt s'cn-

chaîne! Mon mari, M. Clairvoyant, s'imagine de vouloir établir une maison de commerce en t^ortugal, et il prend pour associé un certain Diego

Ramirez, qui depuis trois mois m'assassine de sa correspondance .. les maris n'en font jamais d'autres! Diego conseille à .M. Clairvoyant de m'emiiiener avec eux... je leur servirai de commis... Mon mari goûte rid{''e; je refuse. Clairvoyant tiit:' Je le veux! Je réponds: (En frappant du pied.) Je ne le veux pas! Enfin, le jour du départ approchant, je n'ai plus qu'un moyen de salut, c'est de me sauver du domicile conjugal et de changer de sexe et de nom pour dépister ses poursuites... Aujourd'hui, j'ai cessé d'être madame Emilie Clairvoyant. (Avec aplomb comique.) je SUis M. Éuiilc Du-

nois.— Dunois... c'eslle iiomd'un original t\n\ habitait ce logis et qui, depuis peu, est passé en Amérique. J'ai pris le nom (pie mon portier,

AVIS. — Nulle traduction de cet ouvrage ne [lourra être faite sans l'autorisation expresse et iiar écrit des auteurs, (|ui se réservent en outre tous les droits stipulés dans les conventions intervenues ou à intervenir entre la France et les pays étrangers, en matière de propriété littéraire.

VOYAGIi AUTOUR DE MA CHAMBRE.

maître Coqiiillavd,avoulu rac donner ; car je tenais à la possession de ce local. Cécile, ma seule amie, demeure là, (Elle indique rarmoirc.) ot gràcc a cette armoire par la;iuelie nous avons établi une communication... (Elle ouvre la porte du placard qui donne sur le théâlrc, et redescend la scène.) Mais peut-être quelqu'un chez elle me Yeirait ! Sachons d'abord, par un appel discret, Si je n'ai rien à craindre.

Hélas ! elle est deux fois à plaindre La femme qui se cache et qui garde un secret. (Elle remonte la scène jusqu'à l'armoire et redescend peu à peu la scène après les deux premiers vers du couplet suivant.)

PREMIER COUPLET

Dans son nid, la fauvette Est tremblante de peur; De l'épcrvier qui guette Elle craint la fureur.

Et la pauvre petite. Blottie au fond du gUe, Attend qui la rassurera, Et lui dira :

A la voix qui m'appelle.

Toujours, toujours fidèle, Je suis là Me voilà!

Ne crains rien... me voilà!

(Elle remonte jusqu'à l'armoire.)

J'écoute en vain, Cécile est absente peut-être.

(Elle écoute.)

On parle... cette voix... mais, je crois la connaître... Mon nom!..

(Elle redescnd vivement.)

Je frissonne de peur; J'ai le pressentiment de quelqu' affreux malheur!

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